Accéder au contenu
Menu
Agir
Faire un don
ou montant libre :
/mois
Grâce à la réduction d'impôts de 66%, votre don ne vous coûtera que : € 5.1/mois
Une femme lors d'une manifestation contre les violences faites aux femmes à Pretoria, Afrique du Sud 2020 © Oupa Mokoena / ANA

Une femme lors d'une manifestation contre les violences faites aux femmes à Pretoria, Afrique du Sud 2020 © Oupa Mokoena / ANA

Une femme lors d'une manifestation contre les violences faites aux femmes à Pretoria, Afrique du Sud 2020 © Oupa Mokoena / ANA

Liberté d'expression
Actualité

Afrique australe : victimes de violences conjugales, des milliers de femmes et de filles sont méprisées par les autorités

Pour des milliers de femmes et de filles en Afrique australe, l’endroit le plus dangereux devient leur propre foyer, en période de confinement. Il se transforme en un lieu de cruauté, de viol et de violence.

Notre nouvelle enquête, « Traitées comme des meubles », Violences liées au genre et réponses au Covid-19 en Afrique australe, montre que les femmes et les filles victimes de violences et d’agressions qui osent les signaler risquent d'être rejetées socialement. De surcroît lorsqu'elles se risquent à dénoncer ces violences, leurs plaintes ne sont pas prises au sérieux par les autorités.

Des normes sociales et culturelles néfastes pour les femmes

Des stéréotypes néfastes sur le genre ont favorisé la montée de la violence à l’encontre des femmes et des filles dans les cinq pays d’Afrique australe examinés, à savoir l’Afrique du Sud, Madagascar, le Mozambique, la Zambie et le Zimbabwe. Ces préjugés  font partie des normes sociales et culturelles qui véhiculent l’idée selon laquelle les femmes sont soumises aux hommes.

On apprend aux filles que les maris ne battent leur femme que lorsqu'ils les aiment.

Une de nos militantes au Mozambique

La pandémie de Covid-19 a donné lieu à une multiplication des violences liées au genre à l’encontre des femmes et des filles dans la région. Elle a également amplifié des problèmes structurels s préexistants tels que la pauvreté, les inégalités, la criminalité, le taux élevé de chômage et les dysfonctionnements systématiques du système judiciaire. À Madagascar, l’augmentation de la pauvreté due au confinement a été un facteur majeur de la hausse du nombre de cas de violence liée au genre pendant cette période, les femmes et les filles devenant plus pauvres, plus dépendantes économiquement de leur partenaire violent, et donc plus exposées à ces violences.

Des femmes en danger sans aide ni refuge

Dans les semaines qui ont suivi l’instauration de mesures de confinement dans la région, la violence contre les femmes a connu une flambée. Les organisations œuvrant pour protéger et soutenir ces victimes n’ont pas été considérées comme un « service essentiel », confrontant les femmes victimes de violences  aux restrictions strictes de déplacement, si bien qu’elles ont renoncé à porter plainte. Au cours de la première semaine de confinement, le service de police sud-africain (SAPS) a enregistré 2 300 appels à l'aide pour des violences liées au genre. À la mi-juin 2020, le pays comptabilisait 21 femmes et enfants qui avaient été tués par leur partenaire.

Le meurtre de Tshegofatso Pule a été une affaire emblématique. Cette jeune femme de 28 ans,  disparue le 4 juin 2020, a été retrouvée quatre jours plus tard poignardée et pendue à un arbre à Johannesburg alors qu'elle était enceinte de huit mois. Il y a aussi le cas de Maria (le nom a été modifié), originaire du Zimbabwe,  chassée violemment de chez elle par son mari après qu’il ait installé sa maîtresse à leur domicile pendant le confinement. Au Zimbabwe, une organisation qui propose des services de protection aux femmes victimes de violence domestique a recensé 764 cas de violence liée au genre au cours des 11 premiers jours de confinement dans le pays. Au 13 juin 2020, ce nombre était passé à 2 768 cas.

Des obstacles à la justice

Notre enquête met en évidence le manque de confiance dans la justice et le traumatisme secondaire que les victimes et les survivantes subissent souvent de la part des autorités, y compris de la part de la police et des services de santé lorsqu'elles tentent de signaler les faits de violence.

La police ne prend pas assez au sérieux les victimes de violence liée au genre lorsqu'elles portent plainte

Natacha (prénom modifié), victime de viol

Ces obstacles à la justice ont été accentués lors de la pandémie de Covid-19. En Afrique du Sud par exemple, l'opinion publique s'est indignée des manquements de la justice pour les victimes de violences basées sur le genre. La Loi relative à la violence domestique de 1998 déclare pourtant de façon explicite que les victimes peuvent porter plainte contre leurs agresseurs.

Selon des organisations de la société civile, des policiers ont parfois été accusés d’avoir rejeté des plaintes pour violence liée au genre parce qu'ils les considéraient comme des affaires familiales et non comme des infractions. La stigmatisation entourant les personnes ayant subies des violences sexuelles est aujourd’hui établie et reconnue comme facteur de sous-déclaration et de minimisation des faits. Les dirigeants de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) doivent veiller à ce que la prévention contre les violences liées au genre et domestiques ainsi que la protection fassent partie intégrante des réponses nationales aux pandémies et autres situations d'urgence. Les États doivent veiller à ce que les femmes et les filles continuent de bénéficier de la protection policière et de la justice ainsi que des centres d’accueil et d’autres services d’aide pour échapper au fléau de la violence liée au genre.

Agir

Justice pour Popi et Bongeka !

Elles avaient 24 et 28 ans lorsqu'elles ont été tuées en Afrique du Sud. Dans le pays, un féminicide a lieu toutes les trois heures.

Aidez leur famille à faire leur deuil en obtenant justice !

Les cookies assurent le bon fonctionnement du site, en continuant la navigation vous acceptez leur utilisation. Gérer les paramètres