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Plus de trois ans après le 7 octobre 2023, un génocide se poursuit à Gaza. Et toutes les victimes, israéliennes comme palestiniennes, attendent toujours que justice soit rendue. Ni les groupes armés palestiniens ni les dirigeants israéliens n’ont jugé les crimes commis. Amnesty International appelle les États à dénoncer ces violations, à enquêter et à soutenir la justice internationale. Sans justice, aucune paix durable n’est possible.
Le 9 octobre 2025, un cessez-le-feu était signé. Quelques semaines plus tard, le « plan Trump pour Gaza » présenté aux Nations unies était applaudi par des dirigeant·es du monde entier. Pourtant, il occulte totalement la question cruciale de la justice et de la lutte contre l’impunité.
Cette apparente éclaircie masque ainsi une réalité brutale : le génocide se poursuit à Gaza, et les responsables de crimes graves, israéliens comme palestiniens, échappent toujours à la justice.
C’est pourquoi Amnesty International alerte les dirigeant·es : un « plan de paix » qui ignore les crimes commis n’est qu’une illusion.
Génocide à Gaza : la France doit mettre fin à l’impunité d’Israël !
Jusqu'au 01.12.2026
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Des enquêtes rigoureuses
Depuis des années, Amnesty International enquête sans relâche sur les violations des droits humains commises en Israël et dans le territoire palestinien occupé. Chaque rapport est rendu public et adressé aux dirigeant·es afin qu’ils puissent (ré)agir.
Depuis le 7 octobre 2023, nous avons documenté :
En 2022 nous dénoncions également le système d’apartheid imposé par Israël et l’occupation illégale du territoire palestinien toujours en cours, et qui constitue un crime contre l’humanité.
Nos enquêtes s’appuient sur une méthodologie rigoureuse : des centaines de témoignages croisés, des milliers de sources vérifiées, de preuves analysées puis archivées.
Notre objectif : établir les faits, alerter pour que les crimes cessent, et fournir des éléments de preuve exploitables par la justice.
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Depuis le cessez-le-feu, les crimes continuent
Aujourd’hui, après le cessez-le-feu et la libération des otages, peu de choses ont réellement changé pour les Palestiniens et Palestiniennes. Même si les bombardements ont diminué, la situation à Gaza reste catastrophique. Le génocide perpétré par Israël se poursuit. Les témoignages d’habitant·es, de soignant·es et d’humanitaires décrivent des conditions qui menacent la survie de la population palestinienne.
+70 000
Palestiniens et Palestiniennes tué-es depuis le 7 octobre 2023
+200 000
blessé-es, pour beaucoup grièvement
≈1000 morts
lors d’attaques israéliennes 8 mois après le cessez le feu
Dans le même temps, en Cisjordanie, les violences militaires et les attaques des colons soutenues par l’État se multiplient dans une impunité quasi totale.
Quant au « périmètre de sécurité » (zone tampon) imposé par l’actuel cessez-le-feu à Gaza, il risque de fragmenter encore davantage le territoire – qui sous-tend le système d’apartheid israélien en empêchant les Palestinien·nes de circuler librement dans le reste du territoire occupé -, de priver durablement les Palestinien·nes de leurs terres les plus fertiles et d’instaurer une occupation permanente et illégale.
La responsabilité des autres États
Alors que trois ans après, le génocide à Gaza se poursuit toujours sous le regard du monde entier, comment la communauté internationale peut-elle laisser ces massacres se dérouler sans parvenir à y mettre un terme ? Si Israël peut continuer à commettre ces crimes en toute impunité, c’est aussi parce que le pays peut encore compter sur ses soutiens et ses partenaires économiques. Avec au premier chef les États-Unis.
Mais l’Union européenne et la France ne sont pas en reste. L’UE, en tant que premier partenaire économique d’Israël, pourrait davantage peser sur la situation si elle utilisait le levier d’influence commerciale.
De son côté, la France détient également une responsabilité. Elle autorise Benyamin Netanyahou, pourtant visé par un mandat d’arrêt de la CPI, à survoler son territoire, elle ne pousse pas l’Union européenne à suspendre son accord économique avec Israël, elle refuse de catégoriser le génocide à Gaza et continue de livrer du matériel de guerre à Israël. En 2025, elle a même augmenté ses livraisons par rapport à 2024, atteignant près de 20 millions d’euros.
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La justice internationale, condition indispensable à la paix
Les faits et les récits que nous récoltons depuis des années sont sans appel : l’impunité nourrit les violences. Aucune paix durable ne peut se construire sur le déni des crimes.
Ces dernières années, les mécanismes de justice internationale ont été contestés, fragilisés. Aujourd’hui, ils sont à nouveau mis à rude épreuve. A Gaza, Donald Trump a créé de toute pièce une organisation internationale, le “Conseil de la paix” pour rétablir les conditions de paix à Gaza. Mais cette nouvelle organisation, concurrente au système multilatéral des Nations unies, repose sur le bon vouloir du président américain.
Il s’agit là d’un test décisif pour nos dirigeant·es : sont-ils prêts à défendre le droit international et à soutenir des institutions comme la Cour pénale internationale (CPI) ? Sont-ils prêts à exiger l’obligation de rendre des comptes ?
Amnesty International leur rappelle leurs obligations et leur demande d’assumer cette responsabilité envers toutes les victimes de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide.
En Israël et dans le territoire palestinien occupé, l’absence de justice internationale
Les autorités israéliennes n’ont pas changé leurs intentions : elles ignorent les décisions de la Cour internationale de justice, n’engagent aucune poursuite contre les personnes soupçonnées d’être responsables d’actes de génocide, et n’amènent pas non plus les responsables qui ont tenu des propos génocidaires à rendre des comptes.
De facto, les hauts responsables israéliens demeurent en poste et continuent d’agir en toute impunité. De leur côté, le Hamas et d’autres groupes armés palestiniens n’ont pas été jugés pour les crimes atroces du 7 octobre 2023 et après.
Des solutions existent
Amnesty International ne propose pas de solution politique, mais rappelle qu’aucune paix ne sera possible sans :
- la fin du génocide, de l’apartheid, du nettoyage ethnique et de l’occupation illégale ;
- la reconstruction des infrastructures civiles essentielles ;
- la coopération totale avec la justice internationale ;
- la reconnaissance des crimes et des réparations pour toutes les victimes.
Nos demandes
- Une feuille de route pour la justice et les réparations, engageant les États à soutenir et coopérer pleinement avec la Cour pénale internationale (CPI) et la Commission d’enquête de l’ONU
- Des enquêtes sans entrave sur les crimes commis par toutes les parties
- L’application des mandats d’arrêt de la CPI
- La levée des restrictions visant les ONG palestiniennes de défense des droits humains
- Le recours par les Etats à la justice nationale, la compétence universelle ou d’autres formes de compétence pénale pour poursuivre les auteurs de crimes internationaux
- La suspension de l’accord économique entre l’Union européenne et Israël
- Un embargo total sur les armes vers Israël
© Amnesty International France (AIF)
Les mots « Stop génocide à Gaza » sont projetés au lazer sur la vasque olympique. Paris, le 28 juillet 2025
La France doit mettre fin à l’impunité d’Israël !
La France doit être à la hauteur de l’engagement citoyen. Elle doit mettre tout en œuvre pour faire respecter le droit international et faire cesser le génocide à Gaza.
Nous rappelons qu’il n’est pas du mandat d’Amnesty International de proposer une solution politique au conflit. Notre mission : surveiller, enquêter et dénoncer les violations du droit international humanitaire et des droits humains commises par toutes les parties, grâce à un travail d’enquête minutieux et 100 % indépendant. Notre priorité : la protection des civil·es.
