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© Lilian Cazabet / Hans Lucas via AFP

© Lilian Cazabet / Hans Lucas via AFP

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Liberté d'expression

Attaques mondiales contre la liberté d’expression en pleine pandémie

Dans un nouveau rapport, nous révélons que les attaques menées contre la liberté d’expression pendant la période de pandémie de COVID-19 ont un impact dévastateur sur la capacité des personnes à avoir accès à des informations exactes pour les aider à faire face à la crise sanitaire mondiale.

Notre rapport Parole muselée et mésinformation. La liberté d’expression menacée pendant la pandémie de Covid-19, montre que les attaques contre la liberté d'expression ont été sans précédent pendant la pandémie de Covid-19. Ces attaques ont des répercussions dangereuses sur la crise de santé publique.

En effet, les attaques contre la liberté d’expression, imputables aux gouvernements, associées au flux de mésinformation* n’ont cessé de déferler sur le monde pendant la crise sanitaire.

Dossier : Tout savoir sur le Covid-19 et les droits humains

Les gouvernements et les autorités qui se sont appuyés sur la censure et la sanction tout au long de la crise ont réduit la qualité de l’information parvenant aux citoyens. La pandémie a engendré une situation dangereuse dans laquelle les gouvernements invoquent de nouvelles lois pour bâillonner le journalisme indépendant. Ils attaquent les personnes qui critiquent les réponses des gouvernements sur la pandémie de Covid-19 ou les personnes qui tentent simplement d’en savoir plus.

Les gouvernements ont lancé une offensive sans précédent contre la liberté d’expression au fil de la pandémie (...). Les moyens de communication sont pris pour cibles, les réseaux sociaux censurés, certains médias fermés. Cela a de graves répercussions sur la capacité des citoyens à accéder à des informations vitales sur la manière de réagir face au Covid-19

Rajat Khosla, directeur recherches, plaidoyer et politique à Amnesty International

Lire aussi : Des inégalités dans l'accès au vaccin contre le Covid-19

Les voix critiques réduites au silence dans de nombreux pays

En pleine pandémie, des journalistes et des professionnels de santé ont été réduits au silence et emprisonnés. De ce fait, des personnes n’ont pas pu accéder aux informations sur le Covid-19, notamment sur comment se protéger et comment protéger leurs communautés.

On estime à environ cinq millions le nombre de personnes qui ont perdu la vie du fait de la pandémie de Covid-19. Le manque d’informations a sans doute été un facteur contributif. 

Focus sur la Chine.👇

En Chine, le gouvernement s’efforce de contrôler la liberté d’expression : des professionnels de santé, des journalistes professionnels et citoyens qui ont tenté de lancer l’alerte sur la situation sanitaire dès décembre 2019 ont été pris pour cibles. La raison ? Avoir voulu rendre compte de la propagation d’une maladie alors inconnue.

Comprendre : Quelle est la situation des droits humains en Chine ?

En février 2020, 5 511 enquêtes pénales avaient été ouvertes contre des personnes qui avaient publié des informations sur l’épidémie de Covid-19 pour « invention et diffusion délibérée d’informations erronées et nuisibles ».

Notre rapport expose également le cas inquiétant de la journaliste citoyenne Zhang Zhan. Déterminée à exercer pacifiquement son droit à la liberté d’expression et à rendre compte de l’épidémie Covid-19, elle se rend à Wuhan en février 2020. Portée disparue dans cette région en mai 2020, elle est arrêtée par la police et inculpée d’avoir « cherché à provoquer des conflits et troublé l’ordre public ».

Aujourd'hui, Zhang Zhan est condamnée à quatre ans de prison.

Depuis votre téléphone, agissez pour la libération de Zhang Zhan

Focus sur la Russie.👇

En avril 2020, la Russie a étendu la législation existante contre les « fausses informations ». Cette législation prévoit des sanctions pénales pour « diffusion publique de fausses informations en connaissance de cause » dans une situation d’urgence. Si ces modifications ont été présentées comme s’inscrivant dans la réponse des autorités russes à la pandémie de Covid-19, ces mesures resteront en vigueur au-delà de la pandémie.

Comprendre : Quelle est la situation des droits humains en Russie ?

De nombreux autres pays, comme la Tanzanie ou le Nicaragua, ont utilisé le prétexte de la pandémie pour mettre en place des lois répressives qui restreignent le droit à la liberté d’expression et font taire les détracteurs.

Il est clair que les restrictions liées à la liberté d’expression ne sont pas seulement des mesures extraordinaires circonscrites dans le temps pour faire face à une crise ponctuelle. Elles s’inscrivent dans le cadre de l’offensive contre les droits humains que l’on voit à l’œuvre dans le monde depuis quelques années – les gouvernements ayant trouvé une nouvelle excuse pour intensifier leur attaque contre la société civile.

Rajat Khosla, directeur recherches, plaidoyer et politique à Amnesty International

La responsabilité des géants du numérique

Notre rapport met en lumière le rôle des entreprises, géant du numérique qui ont facilité la diffusion rapide de la mésinformation* autour de la pandémie de Covid-19. En effet, ces plateformes conçues pour amplifier les contenus qui attirent l’attention des utilisateurs ne font pas preuve de la diligence requise afin d’empêcher la diffusion d’informations fausses ou trompeuses.

Il devient très difficile pour les citoyens de se forger une opinion éclairée et de faire des choix étayés concernant leur santé qui soient fondés sur les meilleurs faits scientifiques disponibles.

Or, l’avalanche de mésinformation constitue une grave menace pour les droits à la liberté d’expression et à la santé.

Il est essentiel de disposer d’une diversité de sources, d’avoir la possibilité de contester les informations disponibles et de pouvoir en débattre.

Lire aussi : Gaffe aux Gafa

Les restrictions à la liberté d’expression ne doivent pas devenir la norme

Il est urgent que les gouvernements lèvent ces restrictions et garantissent la libre circulation des informations, afin de protéger le droit à la santé des populations. 

Les États et les entreprises qui gèrent les réseaux sociaux doivent veiller à ce que la population ait librement accès à des informations exactes et fondées sur des éléments factuels, en temps utile – une mesure cruciale pour limiter la réticence à la vaccination induite par la mésinformation.

Rajat Khosla, directeur recherches, plaidoyer et politique à Amnesty International

Nous demandons aux États de cesser d’invoquer la pandémie comme prétexte pour empêcher la diffusion d’informations indépendantes.

Nous les appelons également à lever toutes les restrictions injustifiées du droit à la liberté d’expression et de fournir des informations crédibles, fiables et accessibles destinées à informer pleinement la population au sujet de la pandémie.

La censure ne permet pas de lutter contre la mésinformation, contrairement à des médias libres et indépendants et à une société civile forte.

En parallèle, les États doivent œuvrer au changement du modèle économique destructeur des géants de la technologie qui est aujourd’hui l’une des causes profondes de la diffusion de la mésinformation et de la désinformation sur Internet.

Les géants du numérique doivent cesser de pratiquer la politique de l’autruche et prendre des mesures afin d’endiguer la propagation virale de la mésinformation. Il est nécessaire qu’ils veillent à ce que leurs modèles économiques ne mettent pas en danger les droits humains.

*Mésinformation et désinformation

Le terme « mésinformation » est généralement utilisé pour qualifier la diffusion d’informations fausses ou inexactes sans intention malveillante. Le terme « désinformation » désigne en général la diffusion délibérée d’informations fausses ou inexactes dans le but d’induire en erreur ou de tromper. Par souci de concision et de simplification, nous avons utilisé dans ce rapport le terme « mésinformation » pour désigner à la fois la mésinformation et la désinformation, sauf dans les cas où est utile de préciser qu’il est question plus spécifiquement de désinformation.

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SURVEILLANCE NUMÉRIQUE CIBLÉE : NON AU BIG BROTHER 2.0

Les attaques numériques contre les défenseurs des droits humains, journalistes et citoyens augmentent. Les révélations du Projet Pegasus en sont un exemple flagrant. Il est temps de mettre fin à cette surveillance illégale ciblée ! Avec nous, portez ces revendications.