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Ahmed H. et sa fille © Private

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Réfugiés et migrants
Actualité

Injustement emprisonné pour terrorisme, il est enfin libéré !

Victime de lois antiterroristes abusives hongroises, Ahmed H. a passé quatre longues années derrière les barreaux. Il a enfin été autorisé à rentrer chez lui. Victoire !

Après avoir passé plus de quatre ans en détention en Hongrie, d’abord en prison, puis dans un centre de détention pour migrants, le ressortissant syrien Ahmed H. a enfin été autorisé à rentrer chez lui et a retrouvé sa famille à Chypre le 28 septembre 2019 au matin.

Ahmed est un ressortissant syrien qui a bénéficié du statut de résident à long terme à Chypre. Son épouse est chypriote, tout comme ses deux filles, qui sont nées dans le pays et y ont vécu toute leur vie.

Nous avons fait campagne sur son cas pour exiger sa libération. Voici l’histoire d’Ahmed, qui a entrepris un périple pour aider ses proches qui en avaient besoin, pour finalement avoir lui-même besoin d’aide à cause des dispositions draconiennes de la législation antiterroriste hongroise.

Lire aussi : En Hongrie, Ahmed H. injustement condamné

Son arrivée en Hongrie

En août 2015, Ahmed est parti de chez lui, à Chypre, pour remplir une mission très spéciale. Laissant derrière lui sa jeune famille, il s’est rendu en Turquie pour aider ses parents âgés et six autres membres de sa famille à fuir la Syrie, ravagée par la guerre, dans l’espoir de trouver refuge en Europe.

Environ un mois plus tard, après avoir réussi à quitter la Turquie, Ahmed et les membres de sa famille se sont trouvés parmi les centaines de réfugiés bloqués à la frontière serbo-hongroise après la décision de Viktor Orban de fermer la frontière par une clôture.

Vidéo : Comprendre les dérives des lois antiterroristes

À la frontière serbo-hongroise

Des heurts ont éclaté lorsque des réfugiés ont tenté de passer. La police hongroise a réagi en utilisant des gaz lacrymogènes et des canons à eau, blessant des dizaines de personnes. Certaines personnes, dont Ahmed, ont lancé des pierres. Toutefois, des séquences filmées par les médias montrent également Ahmed utilisant un mégaphone pour demander aux réfugiés et aux policiers de garder leur calme.

Ahmed est l’une des 11 personnes à avoir été arrêtées, mais il est le seul à avoir été inculpé au titre des dispositions draconiennes de la législation antiterroriste hongroise.

Pendant son procès

Pendant les procédures pénales, le gouvernement hongrois a, à maintes reprises, qualifié Ahmed de « terroriste ». Le but ? Convaincre le public que les personnes réfugiées et migrantes sont une menace pour le pays, et non pas des personnes comme les autres qui ont besoin de protection.

En novembre 2016, il est condamné à 10 ans de prison pour « acte de terreur » au titre de la législation hongroise relative à la lutte contre le terrorisme, dont les termes sont extrêmement vagues.

À la suite d’un recours, un nouveau procès a été ordonné, à l’issue duquel il a de nouveau été déclaré coupable, mais a été condamné à une peine de cinq ans d’emprisonnement. Tout cela, en dépit de l’absence d’éléments de preuve étayant les accusations extrêmement graves. Lors du rendu du délibéré, le juge a reconnu qu’Ahmed avait en effet essayé de calmer la situation et de se positionner en médiateur entre la police et la foule.

Les Nations unies, le Parlement européen et le Département d’État américain ont tous fait part de leurs inquiétudes quant à l’application abusive délibérée de la législation draconienne de la Hongrie en matière de lutte contre le terrorisme dans le cadre de l’affaire d’Ahmed.

Lire aussi : Un nouveau procès pour un homme victimes de lois antiterroristes

Son emprisonnement

Ahmed a passé plus de trois ans en prison et a traversé une longue épreuve judiciaire dans l’espoir de pouvoir retourner à Chypre. Le 19 janvier 2019, il a été libéré de prison en Hongrie et envoyé dans un centre de détention pour migrants, après que les autorités ont demandé à Chypre de le rapatrier.

Pendant plus de huit mois, il a langui dans ce centre de détention en attendant que les autorités chypriotes décident de son sort. Pendant cette période, des agents de l’immigration hongrois lui ont dit qu’il pouvait être renvoyé de force en Syrie, où il aurait risqué de subir de graves atteintes aux droits humains.

Lorsque la décision de Chypre autorisant son retour a enfin été rendue, il avait été séparé de son épouse et de ses filles depuis plus de quatre ans. Il est arrivé à l’aéroport de Larnaca tôt le 28 septembre 2019 et a retrouvé sa famille dans une grande émotion, juste à temps pour le dixième anniversaire de sa fille aînée.

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