Chypre

/© Press Association/Friso Gentsch//DPA

Chaque année, Amnesty International analyse dans son rapport annuel la situation des droits humains dans le monde. Un an d’enquête, 144 pays analysés. Voici ce qu’il faut savoir sur les droits humains à Chypre en 2025.

L’enquête sur la mort d’un homme racisé tué par balle par la police a soulevé de sérieuses inquiétudes. Un projet de loi controversé encadrant les manifestations a été adopté. Un programme de retour volontaire des Syrien·ne·s suscitait des préoccupations quant aux droits des enfants. De nouvelles informations ont fait état de renvois sommaires illégaux en mer. Chypre n’a pas mené d’enquête efficace sur deux cas présumés de viol.

Droit à la vie

En janvier, la police chypriote a tué par balle Shoaib Khan, un migrant pakistanais âgé de 24 ans, dans la zone tampon contrôlée par l’ONU sur l’île. Des organisations de la société civile ont fait part en mai de leurs graves préoccupations quant au traitement de l’affaire par les autorités, notamment en ce qui concerne les premières conclusions faisant état d’une mort naturelle et l’absence d’une enquête indépendante sur l’éventuelle responsabilité de la police. Une enquête officielle a finalement été ouverte sur ces faits en octobre.

Liberté d’expression, d’association et de réunion

Six manifestant·e·s ont été inculpés, notamment de faits d’« injures », après avoir scandé des slogans hostiles à la police lors d’un rassemblement pacifique organisé en janvier après la mort par balle de Shoaib Khan.

Dans un document publié en septembre, l’OSCE a mis en évidence l’incompatibilité avec le droit international relatif aux droits humains de plusieurs dispositions de la loi encadrant les manifestations qui avait été adoptée en juillet.

Plusieurs ONG ont demandé en janvier l’abandon des poursuites pénales contre Doros Polykarpou, ancien directeur de l’ONG de lutte contre le racisme KISA, au motif que ces poursuites étaient apparemment infondées et liées à son action en faveur des droits humains.

En octobre, la Cour suprême constitutionnelle a annulé la décision datant de 2020 de radier KISA du registre des associations. À la fin de l’année, la décision de la Cour n’avait toujours pas été mise en œuvre.

Droits des personnes réfugiées ou migrantes

Un programme de retour volontaire des personnes syriennes a été lancé en juin. Le dispositif comportait des avantages financiers pour les familles rentrant volontairement en Syrie et la délivrance d’un permis de travail et de séjour temporaire à un membre de la famille autorisé à rester à Chypre. L’ONG Conseil chypriote pour les réfugié·e·s a fait part de ses préoccupations concernant ce dispositif, lui reprochant de ne pas tenir compte de l’intérêt supérieur des enfants du fait de l’absence de consultation adéquate des mineur·e·s, et d’encourager des familles en proie à des difficultés à retourner en Syrie, où les conditions n’étaient pas satisfaisantes.

De nouveaux cas de renvois sommaires illégaux en mer ont été signalés. Ils concernaient notamment des Syrien·ne·s renvoyés de force en Syrie, où ils risquaient de subir de graves violations des droits humains.

En juillet, un groupe de personnes qui avaient été bloquées pendant plusieurs mois en 2024 dans la zone tampon de l’ONU a saisi la Cour européenne des droits de l’homme en alléguant un renvoi forcé illégal et d’autres violations de leurs droits.

Impunité

La Cour suprême a confirmé en février les conclusions de l’enquête démontrant que le conscrit Athanasios Nicolao avait été victime d’un meurtre en 2005.

Droits des femmes

En février et en juillet, la Cour européenne des droits de l’homme a rendu des arrêts jugeant que Chypre n’avait pas mené d’enquête efficace sur deux cas présumés de viol. Dans son arrêt du mois de juillet, la Cour a également estimé que la requérante avait été exposée à une victimisation secondaire constituant une discrimination liée au genre.

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