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Une manifestante se tient devant une lignée de policiers, place San Martin à Lima au Pérou, le 14 décembre 2022 / © MARTIN BERNETTI - AFP

Une manifestante se tient devant une lignée de policiers, place San Martin à Lima au Pérou, le 14 décembre 2022 / © MARTIN BERNETTI - AFP

Liberté d'expression

Au Pérou, la répression violente contre les manifestations 

Le Pérou traverse une crise politique de longue date qui s’est intensifiée au début du mois de décembre par des actions de protestation contre le nouveau gouvernement. Une flambée de violences a gagné le pays. Au moins quarante personnes ont été tuées depuis le début des manifestations, dont des mineurs. Point sur la situation.

Les manifestations en cours au Pérou font suite à la destitution de l’ancien président Pedro Castillo qui avait tenté de dissoudre le Congrès national, le 7 décembre. Le Tribunal constitutionnel et le Congrès ont rejeté cette décision et Pedro Castillo a été arrêté le jour même. En signe de protestation contre le Congrès et les nouvelles forces politiques en place, des mobilisations se répandent dans le pays. Les forces armées et la police nationale usent de méthodes répressives violentes pour contenir les manifestations.  

La nouvelle présidente, Dina Boluarte, doit mettre fin au recours excessif à la force contre des manifestants et utiliser toutes les ressources disponibles afin de protéger la vie et l’intégrité des personnes blessées.

Rejoindre notre campagne mondiale pour défendre le droit de manifester

Des morts et des blessés

Depuis le début des manifestations le 7 décembre, au moins quarante personnes ont été tuées. Pendant les vacances de Noël, les protestations se sont brièvement calmées, mais dès le début de l'année 2023, des milliers de gens sont de nouveau descendus dans la rue au Pérou et la répression étatique s'est aggravée. Lors de la seule journée du 9 janvier, 19 personnes, dont un policier, sont mortes à Juliaca, dans le sud du Pérou. On compte aussi des dizaines de blessés.

Parmi les victimes, des mineurs : Romario Quispe Garfias, 18 ans, et un autre garçon âgé de 15 ans ont été tués le 11 décembre dans la ville de Andahuaylas.

Les morts dans le cadre des manifestations au Pérou sont la conséquence de la réponse répressive de l’État et de son recours à la force.

Erika Guevara-Rosas, directrice de la région Amériques à Amnesty International

Nous avons pu vérifier des images montrant des policiers tirant des bombes lacrymogènes directement et à faible distance sur des manifestants sur la place centrale de Lima. Nous rappelons que la force ne doit être utilisée que lorsque cela est strictement nécessaire et de façon proportionnée. Face à des actes de violence, les forces de l’ordre doivent réagir de façon individualisée contre les responsables des troubles et des agissements qui mettent en danger la vie ou l’intégrité d’autrui.

Par ailleurs, l’Association nationale des journalistes du Pérou a recensé des attaques contre 21 journalistes dans les villes de Lima, Apurímac, Huaura, Arequipa et Puno, alors qu’ils couvraient les manifestations entre les 7 et 11 décembre. 

Voir : Reportage - Colombie, au coeur des manifestations

Lire aussi : Chili, des violences policières en toute impunité

Manifester, un droit menacé

Aujourd'hui, partout dans le monde, le droit de manifester est menacé. La répression violente au Pérou et la répression sanglante en Iran n'en sont que les derniers exemples. De trop nombreux États mettent en œuvre un large éventail de mesures pour réprimer les manifestations.

Besoin d'enquêtes indépendantes

Le 19 décembre, le gouvernement de la nouvelle présidente Dina Boluarte a indiqué que les enquêtes sur les atteintes aux droits humains dans le cadre des manifestations seront menées par la justice militaire. Préoccupés par cette annonce, nous rappelons aux autorités péruviennes que les juridictions militaires ou policières ne sont pas compétentes, au titre des normes internationales, pour connaître et juger des atteintes aux droits humains et en sanctionner les responsables. Les violations présumées des droits humains ne doivent pas relever de la compétence de la justice militaire.

Cette répression contre les manifestants et des manifestantes appelle à une intervention rapide, impartiale et efficace des instances compétentes et spécialisées en vue d’enquêter sur les faits, d’identifier les responsables et de les amener à rendre des comptes dans le cadre d’une procédure régulière.

Les autorités péruviennes doivent mener dans les meilleurs délais une enquête approfondie, indépendante et impartiale, sur toutes les allégations de violations des droits humains dans le contexte de la crise actuelle. Nous suivrons de près la situation des manifestations au Pérou. 

Interpeller la présidente Dina Boluarte pour lui demander de mettre fin à cette répression. 👇

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Au Pérou, la répression violente contre les manifestations - Amnesty International France