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Maldives. Un an après, justice n'a toujours pas été rendue à Yameen Rasheed

Un an après l'homicide du blogueur populaire Yameen Rasheed, figure des réseaux sociaux maldiviens, Amnesty International et CIVICUS demandent aux autorités des Maldives de traduire ses assassins en justice.

L'assassinat choquant de Yameen Rasheed, 29 ans, était une atteinte à la liberté d'expression et a propagé la peur dans toute la société civile maldivienne. Il a été retrouvé poignardé à mort le 23 avril 2017 devant son immeuble. Yameen Rasheed avait reçu à maintes reprises des menaces de mort qu'il avait signalées à la police.

« Un an après, nous n'avons pas constaté de mesure prise par les autorités des Maldives. Elles ont failli à leur devoir de protection envers Yameen Rasheed pendant qu'il était encore en vie et manqué à leur obligation d'enquêter efficacement sur sa mort et d'amener ses assassins à rendre des comptes. Sa famille et ses amis ne devraient plus avoir à attendre pour obtenir enfin justice », a déclaré Dinushika Dissanayake, directrice adjointe pour l'Asie du Sud à Amnesty International.

L'assassinat du blogueur Yameen Rasheed s'est déroulé dans le contexte des restrictions croissantes contre la liberté d'expression dans l’État insulaire de l'Océan indien. Les autorités des Maldives harcèlent les journalistes, les militants et les défenseurs pacifiques des droits humains – des pratiques qui ne cessent de s'intensifier depuis l'instauration de l'état d'urgence le 5 février 2018.

« Or, elles ont le devoir de protéger les défenseurs des droits humains et de créer un environnement propice dans lequel les droits sont garantis. Au lieu de cela, nous assistons au rétrécissement de l'espace civique, au point que des citoyens sont sanctionnés pour avoir exercé leurs droits à la liberté d'expression, de réunion pacifique et d'association », a déclaré Josef Benedict, chargé des recherches sur l'espace civique à CIVICUS.

Complément d’information

Le 5 février 2018, les Maldives ont instauré l'état d'urgence pour 45 jours, et placé en détention arbitraire des juges de la Cour suprême et des membres de l'opposition politique, interdit des rassemblements pacifiques et incarcéré des personnes au seul motif qu'elles ont exercé leurs droits à la liberté d'expression et de réunion pacifique.

Si certains manifestants ont depuis été libérés, la plupart des personnes arrêtées durant l'état d'urgence sont toujours derrière les barreaux.

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