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Bélarus. Les professionnel·le·s de santé sont les témoins du coût humain des représailles et paient eux-mêmes un lourd tribut

Des professionnel·le·s de santé du Bélarus ayant participé à des manifestations contre le gouvernement ou ayant contesté la version officielle des circonstances dans lesquelles des manifestant·e·s ont été blessés ou sont morts, sont victimes de représailles brutales de la part des autorités, écrit Amnesty International dans une nouvelle synthèse diffusée jeudi 17 juin. Malgré la pénurie chronique de personnel, des dizaines de professionnel·le·s de la santé ont été licenciés, sur fond de répression de l’opposition. De nombreuses personnes se voient désormais interdire d’exercer une profession médicale, et d’innombrables autres font l’objet de menaces et de poursuites en justice.

« Les professionnel·le·s de la santé sont en première ligne de la crise des droits humains dans le pays, soignant les manifestant·e·s blessés et dénonçant les tentatives du gouvernement de minimiser l’ampleur du carnage. Beaucoup ont payé le prix fort pour avoir fait preuve d’intégrité, et ont été privés de leurs moyens d’existence et dans certains cas de leurs droits fondamentaux », a déclaré Bruce Millar, directeur adjoint des campagnes au bureau régional pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale.

« Un médecin a été jugé pour avoir contredit la version du gouvernement concernant la mort d’un manifestant, tandis que de nombreux soignant·e·s ayant pris part à des manifestations pacifiques ont été forcés à démissionner. L’intolérance des autorités bélarussiennes vis-à-vis de l’opposition pacifique affaiblit le système de soins et la communauté médicale, et ce, en pleine pandémie mondiale. »

Licenciements de masse

Amnesty International raconte ce qu’ont traversé quatre professionnel·le·s de santé, qui ont notamment expliqué comment les licenciements et radiations de masse ont contribué à la situation catastrophique observée dans de nombreux établissements médicaux, en particulier dans les différentes provinces. De nombreuses informations qui permettraient d’identifier ces personnes, telles que leur patronyme, leur ville de résidence et même le nom des hôpitaux où elles ont exercé, n’ont pas été mentionnées dans la synthèse, pour des raisons de sécurité.

Bruce Millar a déclaré :

« Le gouvernement ne se soucie pas du droit des personnes à la santé, ni de leurs autres droits fondamentaux. Les autorités ont réagi à toutes les formes d’opposition pacifique par la violence et des représailles brutales. Les médecins et les infirmières et infirmiers font partie des personnes ayant payé le prix fort pour leur professionnalisme et pour avoir fait preuve de compassion humaine. »

Un grand nombre de personnes ayant fait l’objet de représailles essaient encore de comprendre le recours excessif à la force par la police dont elles ont été témoins au cours de l’année écoulée.

Halina, infirmière et militante de longue date, a décrit ce qu’elle a vu en août 2020 :

« J’ai vu tous ces gens mutilés - avec des fractures, le visage déchiqueté, la tête enflée comme un ballon de baudruche. Nous n’étions pas autorisés à décrire les blessures par écrit, et on nous menaçait constamment de représailles », a-t-elle expliqué à Amnesty International.

Après avoir rejoint les manifestations « aux côtés d’autres médecins et infirmières », Halina a été brièvement arrêtée en septembre 2020. La direction de son hôpital lui a alors demandé de démissionner. Elle a refusé, et deux jours plus tard, en rentrant du travail, elle s’est retrouvée face à deux hommes en civil qui ont menacé de faire disparaître ses enfants. Craignant pour la sécurité de sa famille, Halina a quitté son emploi et n’a pour l’instant pas été en mesure de retrouver de travail.

« Où que j’aille, on me disait non. Même lorsque je faisais des demandes pour les emplois les moins qualifiés dont personne ne voulait. Il devait y avoir une marque rouge à côté de mon nom », a déclaré Halina.

Poursuivis pour avoir pris la parole

En novembre 2020, Raman Bandarenka, un manifestant pacifique, est mort à l’hôpital après avoir été roué de coups en garde à vue. Des fonctionnaires ont affirmé que cet homme avait été blessé dans une bagarre de rue et qu’il était en état d’ébriété au moment de son décès. L’anesthésiste qui l’a soigné, Artsem Sarokine, s’est cependant élevé contre cette version, et a partagé le dossier médical de Raman Bandarenka avec la journaliste Katsiaryna Baryssevitch. Ils ont tous deux été déclarés coupables de « divulgation de secrets médicaux ». Artsem Sarokine a été condamné à une amende et à six mois de prison dans une colonie pénitentiaire.

« Le gouvernement d’Alexandre Loukachenko détruit systématiquement les institutions les plus précieuses de la société bélarussienne - des organisations culturelles aux syndicats étudiants, en passant par les journalistes et la communauté médicale. Nous demandons aux dirigeant·e·s mondiaux, à la communauté internationale et aux professionnel·le·s de santé du monde entier de condamner la répression croissante contre les droits humains au Bélarus, et de faire le nécessaire pour qu’elle ne passe pas inaperçue », a déclaré Bruce Millar.

Informations générales

Cette synthèse relève de la campagne mondiale de solidarité d’Amnesty International intitulée #StandWithBelarus, lancée le 27 janvier avec la publication d’un rapport révélant que les autorités bélarussiennes instrumentalisent le système judiciaire pour punir les victimes de torture au lieu de sanctionner leurs tortionnaires.

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