Aller au contenu
Agir
Faire un don
ou montant libre :
/mois
Grâce à la réduction d'impôts de 66%, votre don ne vous coûtera que : 5,1 €/mois
La militante et avocate Chow Hang-tung / ©Alex Chan Tsz Yuk

La militante et avocate Chow Hang-tung / ©Alex Chan Tsz Yuk

La militante et avocate Chow Hang-tung / ©Alex Chan Tsz Yuk

Liberté d'expression

Hong Kong : une avocate en prison pour avoir commémoré Tiananmen

Pour avoir encouragé la population hongkongaise à commémorer la répression chinoise de la place Tiananmen, Chow Hang-tung, militante, avocate et figure du mouvement pour la démocratie, a été condamnée à 22 mois de prison ferme. Elle risque une peine supplémentaire allant jusqu’à dix ans de prison. Récit.

15 décembre 2022

Chow Hang-Tung a remporté l'appel contre sa condamnation pour "incitation d'autres personnes à participer à un rassemblement non autorisé". Cette décision positive met en lumière les manquements de la police de Hong Kong lors de la veillée de Tiananmen. Elle avait émis à tort une interdiction générale de la veillée de 2021, utilisant le Covid-19 comme excuse pour étouffer la liberté d'expression. Mais Chow reste en prison car elle est également accusée de "mettre en danger la sécurité nationale" par ses actions entièrement pacifiques.

Toutes les accusations portées contre elle sont politiquement motivées et doivent être abandonnées !

Liberté pour Chow Hang-tung

Demandez aux autorités hongkongaises l’abandon des charges contre Chow Hang-tung

Le choix de sa vie : se battre pour la liberté et la démocratie. Après des études au Royaume-Uni pour devenir géophysicienne, Chow Hang-tung change de voie. Elle rentre à Hong Kong, s’inscrit à l’université de droit. Elle sera avocate. Depuis 2016, Chow Hang-tung fait valoir la loi en protégeant ardemment les droits humains, sa spécialité. Mais à Hong Kong, son combat est risqué. Toute personne qui s’aventure à critiquer le régime chinois s’expose à la censure, au harcèlement, à une arrestation et à une lourde peine de prison. 4 juin 1989 : date historique de la répression sanglante de la place Tiananmen. Une date qui, pour Chow Hang-tung, est lourde de sens. Elle refuse d’oublier. Son combat est lancé, au prix de sa liberté…

Veillée pour Tiananmen interdite  

Chow Hang-tung était vice-présidente de l’Alliance hongkongaise de soutien aux mouvements patriotiques et démocratiques en Chine (Alliance de Hong-Kong). Depuis 30 ans, cette organisation organisait la plus importante commémoration au monde de la répression de Tiananmen, qui a déjà réuni plus de 180 000 personnes. Demander la vérité et la justice pour les crimes commis, soutenir les victimes, faire vivre la mémoire de Tiananmen... l’avocate de 37 ans participe chaque année à cette veillée à la bougie, Parc Victoria, l’un des plus populaires de Hong Kong.

En 2020, les autorités interdisent la veillée sous prétexte de Covid-19. Mais Chow s’est donnée pour mission de garder vives les mémoires des victimes de la répression de Tiananmen. Malgré l’interdiction, l’avocate et vice-présidente de l’Alliance de Hong Kong participe à la veillée commémorative, bougie à la main. Elle sait qu’elle prend un risque mais pas question pour elle de céder à la censure. Chow est arrêtée. Elle écope en décembre 2021 d’une condamnation de 12 mois de prison. Le motif invoqué : « participation à un rassemblement non autorisé ».

Je m'étais préparée mentalement à une arrestation. C'est devenu la norme à Hong Kong. Quand on lutte pour la démocratie sous un régime dictatorial, l'arrestation est inévitable. Si je dois être arrêtée pour cela, qu'il en soit ainsi. Si c'est pour la démocratie, le jeu en vaut la chandelle.

Chow Hang-tung

Son arrestation, arme d’intimidation  

Mobilisez-vous pour que Chow Hang-Tung soit libérée

L’année suivante, ça recommence. L’interdiction est reconduite. Chow Hang-tung n’en reste pas là. Le 4 juin 2021, sur ses réseaux sociaux, elle appelle la population hongkongaise à commémorer en privé la répression de Tiananmen en allumant des bougies. Elle est arrêtée le jour même. Chow Hang-tTung est libérée sous caution. Entre temps, le 25 septembre 2021, la Hong Kong Alliance se dissout.

L’organisation prodémocratie n’a pas d’autres choix. Ses principaux membres sont la cible de harcèlement et poursuites judiciaires et les pressions exercées par Pékin contre la dissidence sont de plus en plus fortes. Le 4 janvier 2022, dans ce climat de répression, la condamnation de Chow Hang-tung tombe : ce sera 15 mois de prison pour « avoir fait la promotion et incité à participer à un rassemblement non autorisé. »

22 mois de prison

De la prison ferme pour deux chefs d’inculpation en lien avec la commémoration de la répression sanglante de la place Tiananmen. Chow Hang-tung purge actuellement une peine de 22 mois de prison. Elle risque également une peine supplémentaire, jusqu’à 10 ans de prison, pour avoir prétendument « mis en péril » la sécurité nationale en « incitant à la subversion. »

Le courage dont fait preuve Chow Hang-tung est à l’image du courage de la société civile à Hong -Kong, qui doit faire face à des lois de plus en plus restrictives : ONG sous pression, médias fermés, militants harcelés et arrêtés… En octobre 2021, nous avons décidé de fermer nos bureaux. En effet, depuis l'entrée en vigueur de la loi sur la sécurité nationale, il est devenu impossible pour les organisations de défense des droits humains de travailler librement à Hong Kong sans crainte de graves représailles de la part du gouvernement. Malgré la fermeture de nos bureaux, nous continuons notre travail pour que les droits de la population hongkongaise soient respectés.

Chow Hang-tung est l’une des victimes emblématiques de la répression de Pékin sur la société civile. En appelant à sa libération et à l’abandon des charges à son encontre, nous portons aussi un message pour le respect des droits et la liberté en Chine.

Agir

Liberté pour Chow Hang-tung !

Les autorités hongkongaises doivent abandonner toutes les charges retenues contre Chow et la libérer immédiatement et sans condition.

Hong Kong : une avocate en prison pour avoir commémoré Tiananmen - Amnesty International France