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De gauche à droite, Albert Woodfox et Robert King lors de leur visite à Paris ©PY BRUNAUD

De gauche à droite, Albert Woodfox et Robert King lors de leur visite à Paris ©PY BRUNAUD

De gauche à droite, Albert Woodfox et Robert King lors de leur visite à Paris ©PY BRUNAUD

Liberté d'expression
billet

Secouer le système d'« injustice » est un droit humain

Il y a un an, le 19 février 2016, j'ai été libéré d'une prison de Louisiane après avoir passé 44 ans en détention à l'isolement.

- Par Albert Woodfox, un des « Trois d'Angola »

Albert Woodfox avait 25 ans lorsqu’il a été placé à l’isolement aux Etats-Unis. Il a toujours clamé son innocence affirmant qu’il était dans le viseur des autorités à cause de son engagement en prison dans le parti des Black Panthers.

Je suis alors devenu « célèbre » pour être la personne à avoir passé le plus de temps en détention à l'isolement au monde, et pour être le dernier libéré des « Trois d'Angola ».

Avec mes camarades des Black Panthers Herman Wallace et Robert King, et pendant plus de 44 ans, nous avons fait de ces chambres de la mort des salles de classe et des tribunaux où nous donnions cours à nos codétenus et nous nous défendions contre un système carcéral violent, raciste et impitoyable qui nous ciblait en raison de notre militantisme.

Nous étions convaincus, et c'est toujours le cas, que remettre en question et secouer le système d'« injustice » est un droit humain. L'isolement que nous avons dû subir n'était pas seulement un châtiment cruel et inhabituel, mais bien une forme de torture : et c'est basé sur notre cas que la détention à l'isolement a été reconnue comme telle par le Rapporteur des Nations unies sur la torture en 2013, puis par Amnesty.

Depuis notre libération, nous constatons également des changements encourageants dans la législation de certains États, dont la Louisiane tout récemment, visant à limiter le recours à la détention à l'isolement.

Mais nous, les Trois d'Angola, avons dû attendre longtemps avant d'attirer cette attention, et je ne sais que trop bien ce que c'est que d'être un homme ordinaire confronté à des circonstances extraordinaires.

C'est pourquoi j'ai beaucoup voyagé aux États-Unis et en Europe avec Robert King depuis ma libération pour continuer à prendre position contre les failles du système carcéral américain et contre le recours à la détention à l'isolement, ou pour défendre les prisonniers politiques qui sont encore incarcérés aux États-Unis, comme c'est le cas de 17 membres des Black Panthers, dont Russel Maroon Shoatz et Kenny Zulu Whitmore. C'est aussi pour honorer la mémoire d'Herman Wallace que je continue à lutter, pour lui qui nous accompagne toujours, King et moi, et nous manque beaucoup.

Depuis ma libération, une question m’est fréquemment posée : pourquoi continuer, après plus de quarante ans de combat et avec tout ce qui m'est arrivé, à prendre position ?

À un jeune homme qui m'a posé cette question alors que j'étais en Angleterre l'année dernière, j'ai répondu :

« Pour faire en sorte que les générations à venir n'aient pas à souffrir comme nous. Pour que l'on juge les personnes à la nature de leur tempérament et non à leur couleur de peau.  Les vieux comme nous se battent pour s'assurer que vous voyiez le moment de victoire ; parce qu'on va le remporter, ce combat. »

Alors même dans les moments où vous avez l'impression que vous ne gagnerez pas, où vous cessez de croire en la politique qui fait passer l'appétit des uns avant les droits humains de tous, quand vous vous mettez à penser que vous ne pouvez pas faire changer les choses, n'oubliez pas que si vous n'aviez pas pris position pour soutenir les Trois d'Angola en venant grossir les rangs des centaines de milliers de militants à travers le monde qui nous défendaient, je n'aurais peut-être pas pu vous écrire aujourd'hui.

Ne baissez pas les bras.

Le combat continue.

- Par Albert Woodfox, un des « Trois d'Angola »

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