Les personnes trans ou transgenres ont une identité de genre qui diffère du sexe qui leur a été assigné à la naissance. Il existe autant de manières de vivre sa transidentité que de personnes transgenres. Leur diversité de parcours, d’expressions et d’expériences échappe au cadre binaire “traditionnel”. Parce que les personnes trans subissent une répression accrue ces dernières années partout dans le monde, il est crucial d’informer, de protéger et de reconnaître pleinement leur identité.
Pour la plupart des personnes, le sexe mentionné dans leur état civil correspond à leur identité de genre. La mention du sexe apparaît sur de multiples documents officiels (notamment les actes de naissance, cartes d’identité et passeports) et détermine la façon dont les personnes sont perçues pendant toute leur vie.
Cependant, en réalité, les personnes ne vivent ni ne perçoivent leur identité de genre selon un schéma uniforme et standardisé. Les personnes transgenres ont ainsi une identité de genre qui diffère du sexe qui leur a été assigné à la naissance. Elles vivent de façon individuelle leur identité de genre et ne répondent aux critères binaires « traditionnels ».
La méconnaissance qui entoure les identités trans, couplée à un manque de reconnaissance légale, les expose à de nombreuses formes de discriminations et de violences. Partout dans le monde, les personnes trans sont stigmatisées, discriminées, menacées. C’est pourquoi, il est urgent d’agir pour défendre leurs droits.
Affirmer et faire reconnaître son genre
Certaines personnes trans peuvent décider d’entreprendre des processus d’affirmation de leur identité de genre pour être davantage en accord avec le genre auquel elles s’identifient. Cela peut prendre différentes formes : adopter de nouveaux pronoms, changer de nom, demander un changement d’état civil ou effectuer des opérations chirurgicales de réattribution sexuelle ou des traitements hormonaux.
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Faire reconnaître légalement son identité de genre par l’état civil peut constituer une étape essentielle pour permettre de vivre sa vie librement, de façon authentique et ouverte. De plus, le fait de posséder des papiers d’identité correspondant à son identité de genre est d’une importance vitale pour pouvoir jouir de ses droits fondamentaux.
Malheureusement, même dans les pays où il est possible de le faire, la procédure est souvent longue, coûteuse et déshumanisante.
Orientation sexuelle, identité de genre, expression de genre, sexe biologique… Quelle différence ?
Pour comprendre la diversité des réalités vécues par les personnes trans, il faut déjà comprendre les définitions importantes. En voici quelques unes :
- L’orientation sexuelle représente l’attirance sexuelle et/ou romantique qu’une personne peut avoir envers d’autres du même sexe ou non (homosexuel·le ou hétérosexuel·le, par exemple)
- L’identité de genre désigne le sentiment intime, profond et personnel d’appartenir à un groupe social genré : le groupe des hommes, le groupe des femmes, ou le groupe des personnes non binaires. L’identité de genre est une expérience propre à chacun·e et est indépendante du sexe biologique.
- L’expression de genre : renvoie à la façon dont une personne choisit d’exprimer extérieurement son genre, en ayant recours à des comportements, des rôles, des esthétiques. Une personne qui ne se conforme pas aux attentes sociétales en matière de genre peut toutefois ne pas s’identifier comme trans et/ou non-binaire.
- Le sexe biologique renvoie aux attributs biologiques de l’être humain : il comprend principalement les organes sexuels primaires (génitaux) et secondaires, les chromosomes et les hormones. Si on a tendance à considérer que le sexe est binaire, et que chaque personne tombe soit dans la catégorie mâle, soit dans la catégorie femelle, en réalité 1,7 % de la population est intersexe.
L’absence de reconnaissance et de protection des États
Dans de nombreux pays, les personnes trans ne peuvent pas faire reconnaître légalement le genre dans lequel elles s’identifient. Ce faisant, les États contribuent à nier leur existence et privent les personnes concernées de la dignité et de la légitimité que confère la reconnaissance légale de leur identité.
Le décalage vécu par les personnes trans entre l’identité vécue et le genre qui leur est assigné dans les documents officiels peut engendrer de nombreuses souffrances et violences au quotidien, que ce soit lors de démarches médicales, scolaires ou professionnelles.
Louise, une femme transgenre qui a accepté de témoigner auprès d’Amnesty International explique ainsi : « Quand on naît, on reçoit un acte de naissance et quand on meurt, un acte de décès. C’est une évidence pour les gens. Cela vous suit toute votre vie. Personne n’y pense. Mais si j’entre dans un bureau d’aide sociale et que quelqu’un veut me compliquer la vie [parce que je n’ai pas de papiers qui reflètent mon identité de genre], je ne peux pas m’appuyer sur mes droits…«
La reconnaissance légale du genre est importante parce qu'elle valide qui je suis.
Les personnes trans criminalisées
Partout dans le monde, en raison de la méconnaissance qui entoure les identités trans et du manque de reconnaissance légale des États, les personnes trans sont la cible de nombreuses formes de discriminations voire de criminalisation.
Ces dernières années, les organes conventionnels des Nations Unies ont identifié et condamné nombre de violations des droits humains commises à l’encontre de personnes transgenres :
- Criminalisation et répression de l’expression de genre
- Médicalisation involontaire des identités trans
- Traitement inégal en raison de leur identité de genre dans de multiples domaines
La transphobie, toujours aussi présente
Ce contexte alimentent la stigmatisation dans de multiples sphères de leur vie quotidienne : familiale, scolaire, professionnelle mais aussi dans l’espace public. Cette stigmatisation est d’autant plus prégnante lorsque ces dernières cumulent d’autres facteurs de discriminations, comme le statut migratoire ou la profession. Ce contexte peut avoir de lourdes conséquences sur la santé mentale et physique des personnes concernées, en raison du stress, des violences subies et du manque de soutien institutionnel.
Les personnes trans surexposées aux violences
Les personnes trans sont surexposées à la violence, en particulier les femmes trans. Or, lorsqu’elles sont victimes de violences sexistes et sexuelles, elles rencontrent de nombreux obstacles en cherchant justice ou assistance : refus de plainte, manque de reconnaissance de leur identité par les forces de l’ordre ou les services médicaux, ou encore mépris institutionnel… Parfois, les autorités sont elles-mêmes à l’origine des violences. C’est ce que nous dénonçons dans notre dernier rapport « Rentrez chez vous, ça va passer…”.
Que fait Amnesty International pour défendre les personnes trans ?
Face à ces constats, il est urgent de promouvoir une meilleure connaissance des réalités vécues par les personnes trans et de mettre en place des mesures concrètes pour garantir leur inclusion, leur sécurité et le respect de leurs droits.
C’est pourquoi nous agissons en dénonçant les discriminations, violences et obstacles juridiques qu’elles subissent. Nous menons notamment un travail de plaidoyer visant à défendre un accès égal aux droits fondamentaux comme la santé, l’éducation ou l’emploi et nous appelons les États à adopter des politiques respectueuses des droits des personnes trans.
Chaque année, nous participons également aux marches des fiertés partout en France pour sensibiliser sur ces sujets. Enfin, nous sensibilisons également à travers l’éducation aux droits humains, en proposant des outils pédagogiques et des formations pour vous aider à agir contre les discours toxiques et les discriminations.
Pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, on vous propose une formation numérique. Objectif : comprendre, identifier et mieux agir en allié·es face aux VSS !
Les définitions et terminologies contenues dans cet article ne sont ni complètes ni fixes, il s’agit d’éléments évolutifs. Elles peuvent significativement varier en fonction des contextes sociaux, culturels et historiques.
Agir
En France, les associations féministes et LGBTI+ sont menacées, discriminées, effacées. Pourtant, elles mènent une mission essentielle d’accès aux soins et à l’information. Il est urgent de les protéger !
