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QUAND UN DROIT TOMBE, DES VIES BASCULENT

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Emilie Dumont, marche des Fiertés de Paris, juillet 2016 © AIF

Emilie Dumont, marche des Fiertés de Paris, juillet 2016 © AIF

Qu'est-ce qu'une personne transgenre ?

Les personnes trans ou transgenres ont une identité de genre qui diffère du sexe qui leur a été assigné à la naissance. Il existe autant de manières de vivre sa transidentité que de personnes transgenres. Leur diversité de parcours, d'expressions et d'expériences échappe au cadre binaire “traditionnel”. La méconnaissance qui entoure les identités trans, couplée à un manque de reconnaissance légale, les expose à de nombreuses formes de discriminations et de violences. Pour garantir leurs droits fondamentaux, il est crucial d’informer, de protéger et de reconnaître pleinement leur identité.  

Pour la plupart des personnes, le sexe mentionné dans leur état civil correspond à leur identité de genre. La mention du sexe apparaît sur de multiples documents officiels (notamment les actes de naissance, cartes d'identité et passeports) et détermine la façon dont les personnes sont perçues pendant toute leur vie. 

Cependant, en réalité, les personnes ne vivent ni ne perçoivent leur identité de genre selon un schéma uniforme et standardisé. Les personnes transgenres ont ainsi une identité de genre qui diffère du sexe qui leur a été assigné à la naissance. Elles vivent de façon individuelle leur identité de genre et ne répondent  

Petit lexique

L’identité de genre est la perception intérieure et profonde que chaque personne a de son genre. Cette perception peut correspondre ou non au sexe attribué à la naissance. Elle peut évoluer avec le temps. Certaines personnes trans s’identifient comme complètement homme ou femme. Mais d’autres perçoivent leur identité de genre en dehors de cette binarité : elles peuvent se sentir ni homme ni femme, les deux ou une combinaison des deux.   

L’expression de genre désigne quant à elle la façon dont les personnes expriment leur genre, que ce soit par les vêtements, le langage ou la gestuelle, par exemple. 

Enfin l’orientation sexuelle, affective et amoureuse désigne l’attirance que l’on peut ressentir envers quelqu’un. Elle n’est pas binaire : elle peut être éprouvée envers des personnes dont l'identité de genre se situe hors des catégories « homme » et « femme ». Être transgenre n’a donc rien à voir avec l’orientation sexuelle, amoureuse ou affective. 

Comprendre : Qu'est-ce que les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres/transsexuelles et intersexuées (LGBTI) ?

Affirmer et faire reconnaître son genre  

Certaines personnes trans peuvent décider d’entreprendre des processus d’affirmation de leur identité de genre pour être davantage en accord avec le genre auquel elles s’identifient. Cela peut prendre différentes formes : adopter de nouveaux pronoms, changer de nom, demander un changement d’état civil ou effectuer des opérations chirurgicales de réattribution sexuelle ou des traitements hormonaux. 

Faire reconnaître légalement son identité de genre par l’état civil peut constituer une étape essentielle pour permettre de vivre sa vie librement, de façon authentique et ouverte. De plus, le fait de posséder des papiers d’identité correspondant à son identité de genre est d’une importance vitale pour pouvoir jouir de ses droits fondamentaux. 

Malheureusement, même dans les pays où il est possible de le faire, la procédure est souvent longue, coûteuse et déshumanisante. Partout dans le monde, en raison de la méconnaissance qui entoure les identité trans et du manque de reconnaissance légale des États, les personnes concernées sont la cible de nombreuses formes de discriminations.  

 

L’absence de reconnaissance et de protection des États

Dans de nombreux pays, les personnes trans ne peuvent pas faire reconnaître légalement le genre dans lequel elles s’identifient. Ce faisant, les États contribuent à nier leur existence et privent les personnes concernées de la dignité et de la légitimité que confère la reconnaissance légale de leur identité. 

Le décalage vécu par les personnes trans entre l’identité vécue et le genre qui leur est assigné dans les documents officiels peut engendrer de nombreuses souffrances et violences au quotidien, que ce soit lors de démarches médicales, scolaires ou professionnelles. 

La reconnaissance légale du genre est importante parce qu'elle valide qui je suis. Quand on naît, on reçoit un acte de naissance et quand on meurt, un acte de décès. C'est une évidence pour les gens. Cela vous suit toute votre vie. Personne n'y pense. Mais si j'entre dans un bureau d'aide sociale et que quelqu'un veut me compliquer la vie [parce que je n'ai pas de papiers qui reflètent mon identité de genre], je ne peux pas m'appuyer sur mes droits… La reconnaissance légale du genre vous sert aussi de validation vis-à-vis du reste de la population. Si on dispose d’une reconnaissance légale aux yeux de tous, on gagne en légitimité dans l'ensemble de la communauté, au sein de la communauté des cisgenres [personnes non transgenres], et c'est important.

Louise, une femme transgenre vivant à Dublin, Irlande. 

Lire aussi : L'État décide qui je suis. Les personnes transgenres confrontées à des procédures de changement d'état civil défaillantes ou inexistantes en Europe 

 

Les personnes trans, victimes de stigmatisation  

Le contexte légal et la méconnaissance entourant les identités trans alimentent la stigmatisation dans de multiples sphères de leur vie : familiale, scolaire, professionnelle ainsi mais aussi dans l'espace public. Cette stigmatisation est d'autant plus prégnante lorsque ces dernières cumulent d’autres facteurs de discriminations, comme le statut migratoire ou la profession. Ce contexte peut avoir de lourdes conséquences sur la santé mentale et physique des personnes concernées, en raison du stress, des violences subies et du manque de soutien institutionnel. 

Violences sexistes et sexuelles à l’encontre des personnes trans 

Les personnes trans peuvent être surexposées à la violence, en particulier les femmes trans. Or, lorsqu’elles sont victimes de violences sexistes et sexuelles, les personnes concernées rencontrent fréquemment des obstacles en cherchant justice ou assistance : refus de plainte, manque de reconnaissance de leur identité par les forces de l’ordre ou les services médicaux, ou encore mépris institutionnel. Parfois, les autorités sont elles-mêmes à l’origine des violences, via des arrestations arbitraires, des mauvais traitements ou des humiliations ciblées. 

Que faisons-nous pour défendre les droits des personnes trans ?   

Face à ces constats, il est urgent de promouvoir une meilleure connaissance des réalités vécues par les personnes trans et de mettre en place des mesures concrètes pour garantir leur inclusion, leur sécurité et le respect de leurs droits.  

C’est pourquoi nous agissons pour défendre les droits des personnes trans en dénonçant les discriminations, violences et obstacles juridiques qu’elles subissent. Nous menons notamment un travail de plaidoyer visant à défendre un accès égal aux droits fondamentaux comme la santé, l’éducation ou l’emploi et nous appelons les États à adopter des politiques respectueuses des droits des personnes trans. Chaque année, nous participons également aux marches des fiertés partout en France pour sensibiliser sur ces sujets !  

Les définitions et terminologies contenues dans cet article ne sont ni complètes ni fixes, il s'agit d’éléments évolutifs. Elles peuvent significativement varier en fonction des contextes sociaux, culturels et historiques. 

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