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Campement informel de Roms de Germagnano à Turin, Italie. 09/2016 © Amnesty International/ Catrinel Motoc

Campement informel de Roms de Germagnano à Turin, Italie. 09/2016 © Amnesty International/ Catrinel Motoc

Campement informel de Roms de Germagnano à Turin, Italie. 09/2016 © Amnesty International/ Catrinel Motoc

Discriminations

Roms en Italie : l'inaction de l'Europe

Les récentes démolitions illégales de quartiers informels roms à travers toute l’Italie ont jeté à la rue un grand nombre de personnes, dont des femmes enceintes et des enfants. L’Europe reste encore muette face à cette situation.

Notre organisation s’est récemment rendue dans des campements et a mené des entretiens avec des familles dont les maisons ont été détruites et qui ont été expulsées de force au cours de ces derniers mois.

Des témoignages effroyables des expulsions

Suite à un décret approuvé par une autorité judiciaire, ordonnant la saisie des terres occupées, les autorités locales affirment que seules les maisons abandonnées ont été démolies. Nous avons cependant recueilli des informations qui font état d’une situation bien différente. Dans une affaire, un garçon de 17 ans a déclaré qu’il avait été réveillé un matin il y a trois mois, et qu’on lui avait dit de récupérer immédiatement ses affaires avant que sa maison ne soit intégralement rasée par un bulldozer. Sans préavis suffisant et sans véritables consultations ou solutions de relogement, comme l’exige le droit international, les personnes expulsées sont désormais sans domicile, obligées de vivre dans des logements exigus avec des amis ou des proches, ou poussées à recourir à des alternatives improvisées, notamment des tentes.

Parmi ces personnes, se trouvait une femme enceinte de sept mois qui s’est retrouvée sans domicile lorsque sa maison a été rasée au bulldozer deux semaines auparavant dans le quartier informel de la ville de Germagnano, à Turin. Un bulldozer aurait commencé à raser une autre maison alors qu’un enfant de neuf ans dormait dedans. Des témoins ont rapporté qu’il n’a pu être sauvé que lorsque sa mère a crié au bulldozer de s’arrêter.

Dans le campement de Germagnano, de nombreux Roms ont peur de sortir de chez eux, ne serait-ce que pour aller chez le médecin, au cas où leur maison serait détruite pendant leur absence. Ils vivent en permanence sous la menace de perdre leur maison, et d’être ballottés à droite à gauche dans un cycle sans fin d’expulsions forcées. Leur situation se répète dans des dizaines de campements à travers l’Italie. Il est grand temps que l’Union européenne oblige l’Italie à rendre des comptes, et rende justice aux Roms qui subissent la ségrégation et la discrimination.

L’inaction de l’Europe

Le 14 juin, le collège des membres de la Commission a tenu sa réunion mensuelle pour décider s’il faut lancer une procédure d’infraction contre les États qui enfreignent le droit européen. Une fois encore, aucune action n’a été prise contre l’Italie, malgré les preuves accablantes de violations des droits fondamentaux des Roms par l’Italie mises à disposition de la branche exécutive de l’UE par les organisations de défense des droits humains. En avril, le Financial Times a révélé que jusqu’à présent, une telle action avait systématiquement été empêchée afin d’« éviter un débat public préjudiciable.

Les statistiques dévoilent l’ampleur des violations du droit au logement infligées contre les communautés roms. À travers l’Italie, 18 000 Roms vivent dans 149 campements roms situés dans 88 localités différentes et près de 10 000 Roms vivent dans des quartiers informels et sont souvent victimes d’expulsions forcées répétées aux mains des autorités. Deux cent cinquante expulsions forcées ont été menées contre des Roms par les autorités italiennes rien que pour l’année 2016.

Lire aussi : une expulsion cruelle de Roms en Italie

L’Italie enfreint quotidiennement la directive sur l’égalité raciale en expulsant de force des Roms sans leur fournir de solution de relogement adaptée, jetant ainsi de force les populations roms dans un environnement hostile et dégradant. L’ouverture d’une procédure d’infraction contre l’Italie n’a que trop tardé. Que faut-il de plus pour que la Commission européenne se réveille, remarque ce qu’il se passe, et qu’elle agisse ?

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