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Réfugiés Rohingya à la descente de bateau en provenance du Myanmar près du village de Shamlapur, Cox Bazar, Bangladesh. 06/09/2017

Réfugiés Rohingya à la descente de bateau en provenance du Myanmar près du village de Shamlapur, Cox Bazar, Bangladesh. 06/09/2017

Réfugiés Rohingya à la descente de bateau en provenance du Myanmar près du village de Shamlapur, Cox Bazar, Bangladesh. 06/09/2017

Conflits armés et populations
tribune

ONU : faire pression sur le Myanmar pour mettre fin aux crimes contre l'humanité

Nous, coalition mondiale de 87 organisations de la société civile, appelons instamment les États membres de l'ONU à prendre immédiatement des mesures pour remédier aux violations des droits humains et à la catastrophe humanitaire qui touchent la population ethnique rohingya du Myanmar.

Déclaration conjointe de 87 organisations de la société civile

Nous, coalition mondiale de 87 organisations de la société civile, appelons instamment les États membres de l'ONU à prendre immédiatement des mesures pour remédier aux violations des droits humains et à la catastrophe humanitaire qui touchent la population ethnique rohingya du Myanmar. Le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, et le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Zeid Ra’ad al Hussein, ont qualifié de nettoyage ethnique la campagne actuellement menée par les forces de sécurité birmanes contre les Rohingyas dans le nord de l'État d’Arakan. Alors que les preuves s’accumulent, il apparaît clairement que les atrocités commises par les forces de sécurité de l'État du Myanmar constituent des crimes contre l'humanité. L’Organisation des Nations unies et ses États membres doivent prendre des mesures de toute urgence.

Lire notre DOSSIER : Le sort des Rohingyas au Myanmar

Nous appelons les délégations des Nations unies, notamment celles des 114 pays signataires du Code de conduite du Groupe Responsabilité, cohérence et transparence (Groupe ACT), qui se sont engagés à appuyer une « action rapide et résolue » destinée à prévenir le génocide, les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre ou à y mettre fin, à déployer immédiatement des efforts afin qu’une résolution traitant de la situation soit adoptée à l'Assemblée générale des Nations unies, et à demander instamment au Conseil de sécurité de l'ONU d’envisager des mesures à imposer au gouvernement du Myanmar.

Plus de 400 000 Rohingyas en fuite ont franchi la frontière vers le Bangladesh depuis le 25 août, lorsque les forces de sécurité birmanes ont lancé des opérations en réponse à des attaques coordonnées menées par l'Armée du salut des Rohingyas de l'Arakan (ARSA) dans l'État d’Arakan. Ces opérations, notamment des massacres systématiques, la pose de mines terrestres, des pillages et des incendies volontaires ciblant les Rohingyas, ont détruit en grande partie plus de 200 villages, selon des images satellite et des récits de témoins oculaires. Les violences ont également fait des dizaines de milliers de personnes déplacées parmi d’autres minorités ethniques.

Les fermes condamnations exprimées par l'ONU et par des dirigeants mondiaux n'ont pas mis fin aux atrocités au Myanmar. Le 11 septembre, dans sa déclaration préliminaire au Conseil des droits de l'homme, Zeid Ra'ad al Hussein a rappelé, en substance, qu'il avait émis une mise en garde en 2016, soulignant à l’époque que les violations flagrantes des droits humains perpétrées contre les Rohingyas laissaient à penser à une attaque généralisée ou systématique contre cette communauté, pouvant s’apparenter à des crimes contre humanité. Des organisations de la société civile ont déclaré que la campagne menée par les forces de sécurité birmanes contre les Rohingyas depuis le 25 août s’apparentait à des crimes contre l'humanité. Il est indispensable que les membres de l'ONU prennent des mesures concrètes et exercent des pressions directes sur les dirigeants militaires et civils du Myanmar.

Jusqu'à récemment, l'Union européenne était le principal auteur d'une résolution annuelle sur les droits humains au Myanmar à l'Assemblée générale. L'année dernière, l'UE a décidé de mettre fin à cette initiative, au beau milieu de violences gouvernementales contre les Rohingyas qui ont débuté en octobre 2016. Aujourd’hui, nous exhortons les membres de l'UE à collaborer avec l'Organisation de la coopération islamique et l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est, ainsi qu'avec d'autres États intéressés, pour relancer conjointement cette résolution, en vue d’aboutir à une action résolue de l'Assemblée générale en réponse à la gravité de la situation actuelle dans l'État d’Arakan et à l'évolution de la crise humanitaire et des droits humains.

Signez et partagez la pétition : http://bit.ly/2f8Sftk

Posted by Amnesty International France on Thursday, September 14, 2017

Une résolution de l'Assemblée générale devrait exiger qu’il soit immédiatement mis fin aux violences, que les organismes d'aide humanitaire disposent immédiatement d'un accès sans entrave aux populations dans le besoin et que la Mission d’établissement des faits de l’ONU autorisée par le Conseil des droits de l'homme à Genève puisse entrer et circuler sans entrave au Myanmar pour enquêter sur les violations présumées des droits humains dans l’ensemble du pays. Elle devrait également exiger des autorités du Myanmar qu’elles s'engagent à faire en sorte que tous les Rohingyas et les autres réfugiés et personnes déplacées puissent retourner dans leurs lieux d'origine en toute sécurité, sur une base volontaire et dans la dignité, et à mettre fin à la discrimination et à la ségrégation institutionnelles à l’égard des Rohingyas et des autres musulmans de l'État d’Arakan, qui constituent la toile de fond de la crise actuelle. Cette résolution devrait également exhorter les États membres et le Conseil de sécurité à étudier les moyens qu’il est possible de mettre en œuvre pour traduire en justice les auteurs de crimes en vertu du droit international.

Nous demandons également aux membres du Conseil de sécurité d’accroître les pressions exercées sur les autorités de Myanmar en envisageant sérieusement des options telles qu’un embargo sur les armes contre l’armée et des sanctions financières ciblées contre les personnes responsables de crimes et de violences graves.

Tous les États membres de l'ONU concernés devraient également étudier les mesures bilatérales, multilatérales et régionales qu'ils peuvent prendre pour exercer des pressions supplémentaires sur le gouvernement du Myanmar. En particulier, nous appelons tous les États à suspendre immédiatement l'assistance et la coopération militaires avec le Myanmar.

Si les gouvernements, les fonctionnaires de l’ONU et les diplomates se contentent de réunions et de discours pendant que les atrocités se poursuivent au Myanmar, ils prennent le risque que tous les outils diplomatiques à leur disposition ne soient pas utilisés pour mettre fin à la campagne de nettoyage ethnique et empêcher de nouveaux crimes contre l'humanité. Face aux destructions massives, aux homicides et aux centaines de milliers de personnes déplacées, l'inaction ne doit pas être une option.

Signataires :

AFL-CIO, American Jewish World Service, Amnesty International, Parlementaires de l’ASEAN pour les droits de l’homme (APHR), Association pour les droits humains - Pérou (APRODEH), Asylum Access, Avaaz, Burma Campaign UK, Burma Human Rights Network (BHRN), Burma Task Force, Burmese Rohingya Organisation UK, Canadian Centre for the Responsibility to Protect, Center for Civilians in Conflict, Center for Development of International Law, Christian Solidarity Worldwide, Coalition for Justice and Accountability (COJA), Coalition for the Rights of Refugees and Stateless Persons (CRSP), Council for Humanitarian Networking of Sheikul Islam Office, CREDO Action, Cross Cultural Foundation (CRCF), Development and Justice Initiative, Inde, Equal Rights Trust, Fortify Rights, Foundation for Rural Development (FRD), Front Mahasiswa, Genocide Watch, Centre mondial pour la responsabilité de protéger (GCR2P), Global Progressive Hub, Human Rights and Development Foundation (HRDF), Human Rights Now, Human Rights Watch, Indonesia Legal Aid Foundation (YLBHI), Institute for Asian Democracy, Institute on Statelessness and Inclusion, International Campaign for the Rohingya, Coalition internationale pour la Responsabilité de protéger, Coalition internationale contre la détention (IDC), Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), Projet Justice internationale, International Organization for Victim Assistance, International State Crime Initiative, Société islamique d'Amérique du Nord (ISNA), Jewish Alliance of Concern Over Burma, Jewish Council for Public Affairs, Jiyan Foundation for Human Rights, Justice Centre Hong Kong, Maryknoll Office for Global Concerns,, Migrant 88, Migrant Working Group (MWG), Minority Rights Group International, Institut montréalais d'études sur le génocide et les droits humains, National Council of Churches, National Religious Campaign Against Torture, Odhikar, Union panafricaine des avocats (UPA), Partners Relief & Development, Pemuda Anti Kekerasan Acheh, Persatuan Darul Fitrah Terengganu, Persatuan Ulama Kedah, Physicians for Human Rights, Église presbytérienne (États-Unis), Progressive Voice Myanmar, PROHAM (Society for the Promotion of Human Rights Malaysia), Refugees International, Religious Action Center of Reform Judaism, Restless Beings, SANRIM, SHARP-Pakistan, Society for Rights of Indigenous People of Sarawak, Société pour les peuples menacés - Allemagne, STAND Canada, STAND: The Student-Led Movement to End Mass Atrocities, Suaka Indonesia, Svenska Burmakommittén, The Arakan Project, L'Église Épiscopale, The Jacob Blaustein Institute for the Advancement of Human Rights, Fondation Stanley, Ummatee, Union pour le j,udaïsme réformé, Unitarian Universalist Service Committee, Association pour les Nations unies – Royaume-Uni, US Campaign for Burma,Win Without War, World Federalist Movement - Canada, World Federalist Movement - Institute for Global Policy, Yateem TV

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