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Manifestation de protestation suite à la mort du blogueur Niloy Chakrabart à Dacca le 8 août 2015. © MUNIR UZ ZAMAN/AFP/Getty Images

Manifestation de protestation suite à la mort du blogueur Niloy Chakrabart à Dacca le 8 août 2015. © MUNIR UZ ZAMAN/AFP/Getty Images

Manifestation de protestation suite à la mort du blogueur Niloy Chakrabart à Dacca le 8 août 2015. © MUNIR UZ ZAMAN/AFP/Getty Images

Bangladesh

Les droits humains au Bangladesh en 2019

Une campagne de diffamation à l’encontre des personnes réfugiées rohingyas, principalement orchestrée par les médias de grande écoute, a alimenté des tensions entre les groupes de réfugiés et les habitants du pays. 

Des centaines de personnes ont été victimes de ce qui s’apparentait à des exécutions extrajudiciaires lors de la campagne dite de « guerre contre la drogue ». 

La Loi sur la sécurité numérique a fortement restreint le travail des journalistes, des militants et militantes, des défenseures et défenseurs des droits humains, et d’autres arrêtés pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression. 

Les cas de violences faites aux femmes et aux filles ont très fortement augmenté. 

Par ailleurs, le pays a enregistré le taux de croissance économique le plus rapide dans la région Asie-Pacifique, ce qui a accéléré les efforts de développement socio-économique du pays, tout en accentuant les inégalités. 

LIBERTÉ D’EXPRESSION 

Le gouvernement a continué d’avoir recours à une législation répressive pour restreindre de manière abusive le droit à la liberté d’expression, et prendre pour cible et harceler les journalistes, les militantes et militants, ainsi que les défenseures et défenseurs des droits humains. Depuis octobre 2018, près de 400 actes d’accusation ont été déposés en vertu de la Loi sur la sécurité numérique, et 200 ont été abandonnés en raison d’un manque de preuves. Des journalistes travaillant pour des journaux grand public ont indiqué à Amnesty International qu’ils s’abstenaient de publier certaines informations car ils craignaient des représailles ou des manœuvres d’intimidation de la part de membres des agences de renseignement. En février, suite à un article sur la corruption au sein de la police, cinq journalistes du journal Jugantor ont été poursuivis en justice et un autre a été arrêté en vertu de la Loi sur la sécurité numérique .  

En janvier, dans deux affaires distinctes, une militante de l’opposition a été arrêtée pour son action en ligne. Elle était accusée de « diffusion de propagande contre l’État » sur Facebook. Un jeune homme a été arrêté par le Bataillon d’action rapide (RAB) pour avoir publié sur Facebook une « image déformée » du Premier ministre. En mai, le célèbre poète national Henry Sawpon, un enseignant d’université et une jeune personne ont été arrêtés en vertu des provisions de la Loi sur la sécurité numérique en raison de publications sur les réseaux sociaux considérées comme constituant une « atteinte au sentiment religieux ». En mai, l’avocat de la Cour suprême et défenseur des droits humains Imtiaz Mahmud a été arrêté en lien avec une publication qu’il avait faite sur Facebook en 2017 par rapport aux violences subies par les populations autochtones dans les Chittagong Hill Tracts.  

En octobre, des membres de la Ligue étudiante du Bangladesh, la branche étudiante du parti au pouvoir, la Ligue Awami, ont impitoyablement battu à mort un étudiant de l'université d'ingénierie et de technologie du Bangladesh (BUET) dans son dortoir uniquement car il avait exprimé ses opinions sur Facebook concernant un accord entre l'Inde et le Bangladesh.  

LIBERTÉ DE RÉUNION 

Le droit à la liberté de réunion pacifique continuait d’être fortement restreint. Les opposants politiques se voyaient souvent refuser le droit d’organiser des réunions de campagne et des rassemblements politiques.  

En août, les autorités ont limité la liberté de mouvement et de réunion des personnes réfugiées rohingyas suite à l’organisation d’un rassemblement pour commémorer ce qu’elles appelaient le jour du « Génocide », le deuxième anniversaire de leur déplacement forcé, et après qu’elles ont exhorté le gouvernement du Myanmar à garantir leur retour en toute sécurité et dans la dignité. 

La police a empêché un parti de l’opposition, le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP), d’organiser des rassemblements politiques à Narayanganj en février et à Dhaka en août. En septembre, la police a interdit au BNP d’organiser un rassemblement de commémoration dans au moins 14 districts. En juin, la branche étudiante du parti au pouvoir, la Ligue Awami, a attaqué des personnes rassemblées pour les obsèques d’un dirigeant du parti de l’opposition Jamaat Islami, faisant six blessés. La branche étudiante a également dispersé une manifestation contre la drogue aux côtés de la police en attaquant des manifestants dans le district de Sunamganj. Le 30 décembre, la Police métropolitaine de Dhaka a attaqué un rassemblement de l’alliance de gauche organisé en protestation contre des soupçons de fraudes électorales lors des 11ème élections parlementaires nationales du 30 décembre 2018, faisant 31  blessés. Le même jour, la police a interdit au parti de l’opposition BNP d’organiser un rassemblement à Dhaka pour les mêmes raisons.  

En décembre, des membres de la Ligue étudiante du Bangladesh et un groupe associé Muktijuddha Manch (connu sous le nom de Plateforme des combattants de la libération) ont attaqué le vice-président du syndicat étudiant de l’université de Dhaka, Nurul Haq, et d’autres étudiants de diverses universités publiques et privées pour avoir organisé un rassemblement en solidarité avec les étudiants indiens manifestant contre la loi de 2019 portant modification de la loi sur la citoyenneté et le Registre national des citoyens. Ils ont blessé grièvement au moins 25 étudiants. Pour certains, le pronostic vital était engagé.  

EXÉCUTIONS EXTRAJUDICIAIRES ET DISPARITIONS FORCÉES  

Plus de 388 personnes ont été tuées par les forces de sécurité lors d’exécutions extrajudiciaires présumées — 279 personnes ont été tuées avant leur arrestation, 97 personnes ont été tuées après leur arrestation et les dernières ont été tuées après subi des actes de torture et d’autres mauvais traitements. Au moins 49 personnes réfugiées rohingyas ont été victimes d’une exécution extrajudiciaire pendant cette période. Les exécutions extrajudiciaires commises par les forces de sécurité restaient toujours aussi nombreuses, et beaucoup étaient commises sous le prétexte de la campagne de la « guerre contre la drogue ». Dans certains cas, les victimes ont disparu pendant des mois avant d’être abattues lors d’« échanges de tirs », selon les autorités. Au moins 13 personnes ont fait l’objet de disparitions forcées. Quatre d’entre elles ont été libérées, l’une a été arrêtée et les huit dernières personnes étaient toujours portées disparues.  

VIOLENCES COLLECTIVES 

Au moins 65 personnes ont été tuées dans le cadre de violences collectives. Au moins huit d’entre elles ont été tuées par une foule qui les a lynchées en raison de fausses accusations d’enlèvements d’enfants. Les autorités ont déployé très peu d’efforts pour enquêter sur ces affaires ou pour amener les auteurs de ces crimes à rendre des comptes.  

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES ET AUX FILLES 

Cette année, les violences faites aux femmes et aux filles ont fortement augmenté. Au moins 17 900 cas de violences faites aux femmes ont été signalés, dont 5 400 concernant des viols. Au moins 988 femmes et filles (dont 103 mineures âgées de 7 à 12 ans) ont été assassinées suite à des viols, des tentatives de viols, des actes de torture physique et sexuelle, des agressions à l’acide et des violences liées à la dot. Les signalements de viols ont considérablement augmenté au cours des derniers mois. En septembre 2019, 232 cas de viols ont été signalés, ce qui représentait le nombre de cas mensuels le plus élevé depuis 2010. La montée alarmante des violences faites aux femmes et aux filles est en partie due à la prédominance d’une culture d’impunité et au manque d’engagement de la part du gouvernement.  

PERSONNES RÉFUGIÉES ET DEMANDEUSES D’ASILE 

Près d’un million de Rohingyas du Myanmar, principalement musulmans, se trouvaient encore dans le district de Cox’s Bazar. Le Bangladesh refusait toujours de reconnaître officiellement les Rohingyas en tant que personnes réfugiées et cette population était victime de discrimination à de multiples niveaux, y compris en matière d’accès à l’éducation, à des moyens de subsistance et de liberté de mouvement.  

La politique gouvernementale stricte consistant à ne pas autoriser les personnes réfugiées rohingyas à accéder à l’éducation était toujours appliquée. Même si le gouvernement autorisait un enseignement informel dans des centres d’apprentissage, auquel 280 000 enfants âgés de 4 à 14 ans avaient accès, plus d’un demi-million d’enfants âgés de 18 ans et moins (dont la tranche d’âge de 4 à 14 ans) n’avaient pas accès à l’enseignement primaire ou secondaire agréé dans les camps de réfugiés.  

Une frange des médias de grande écoute a lancé une campagne de diffamation à l’encontre des personnes réfugiées rohingyas, les qualifiant de « menace pour la sécurité », de « fardeau » et d’« abcès » devant être éliminé. La panique s’est emparée de manière inquiétante de la population du pays qui s’est retournée contre les personnes réfugiées. En septembre, les autorités chargées de l’application de la loi ont ordonné aux sociétés de téléphonie mobile de suspendre le réseau dans les camps de réfugiés et les forces de sécurité ont recommandé d’ériger des barrières en fil de fer barbelé autour des camps.  

CHITTAGONG HILL TRACTS  

La police et l’armée n’accordaient toujours aucune protection aux villageois et militants autochtones des Chittagong Hill Tracts (CHT) face aux attaques des colons bengalis. Les peuples autochtones faisaient l’objet de déplacements forcés et de discrimination. Au moins 43 militants politiques autochtones ont été tués et 67 ont été blessés principalement à la suite de luttes intestines entre factions politiques. Quinze militants politiques autochtones auraient été enlevés par des groupes non identifiés. Lors d’un incident en mars, sept personnes, dont des agents d’un bureau de vote, ont été tuées par des agresseurs non identifiés. En août, trois militants politiques autochtones ont été victimes d’une exécution extrajudiciaire aux mains de soldats.

Peine de mort : non abolitionniste

La peine de mort est inscrite dans la législation du pays ou territoire.

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