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Des jeunes militantes et militants lors du week-end des Antennes Jeunes d'Amnesty International près de la place de la République, à Paris, dimanche 23 octobre 2022. © Benjamin Girette

Des jeunes militantes et militants lors du week-end des Antennes Jeunes d'Amnesty International près de la place de la République, à Paris, dimanche 23 octobre 2022. © Benjamin Girette

Des jeunes militantes et militants lors du week-end des Antennes Jeunes d'Amnesty International près de la place de la République, à Paris, dimanche 23 octobre 2022. © Benjamin Girette

Génération « droits humains » : quand les 16-25 ans se mobilisent contre l’injustice

Les 22 et 23 octobre se tenait le week-end des Antennes Jeunes d’Amnesty International. Près de 120 jeunes de 16 à 25 ans se sont donnés rendez-vous à Paris pour se former, échanger, débattre et agir avec nous. Rencontre avec cette jeunesse qui refuse d’être « désenchantée » et qui le crie haut et fort, jusque sur la place de la République, à Paris.

« Vous voir aujourd’hui est beaucoup plus effrayant qu’être en prison ! » Ramy Shaath, sourire aux lèvres, plaisante. Face à lui, plus d’une centaine de jeunes, tous militants au sein d’une antenne jeunes d’Amnesty International. Parmi eux, certains ont participé activement à sa libération. « Lorsqu’il y a un an, je vous promettais de revenir vous voir avec Ramy s’il était libéré, ce n’était qu’un rêve. Aujourd’hui, c’est une réalité. C’est en partie grâce à vous » remercie Céline Lebrun, sa femme. Ramy, assis à côté d’elle, le regard brillant, acquiesce. Ce célèbre opposant politique et défenseur des droits humains en Egypte a été arrêté arbitrairement et détenu dans un centre de disparition forcée dans son pays pendant deux ans et demi. Libéré en janvier 2022, il n’a pas oublié. « Chacun de vos mots, chacune de vos lettres, m’a énormément apporté. Moralement, mais aussi politiquement. Les autorités ne pouvaient pas ignorer que le monde les regardait, que vous les regardiez. »

Chaque année en France, dans les universités et les lycées, plus de 180 antennes jeunes composées de militants de 16 à 25 ans, se mobilisent pour défendre nos droits et ceux des autres

Chaque année en France, dans les universités et les lycées, plus de 180 antennes jeunes composées de militants, se mobilisent pour défendre nos droits et ceux de personnes comme Ramy. Sur leurs lieux d’études, dans l’espace public, en ligne, par courrier : ces jeunes, âgés de 16 à 25 ans, sont sur tous les fronts. Lorna, 18 ans, avait 12 ans quand elle a rejoint le mouvement : « J’ai rejoint Amnesty International pour me battre dans le concret. On se bat pour la vie de quelqu’un à l’autre bout du monde, mais cette personne est en réalité plus poche de nous qu’on pourrait le penser, comme on le voit avec Ramy aujourd’hui. Ça prouve qu’avec des actions concrètes on obtient des résultats. Le slogan ‘on se bat ensemble, on gagne ensemble’ : c’est clairement ce qui me pousse à militer ici ! »

Chez nous, les jeunes, les idéalistes, les militants, on les accueille à bras ouverts. Rejoignez-nous !

La rencontre avec le militant égypto-palestinien Ramy Shaath, libéré en janvier 2022 après avoir été détenu arbitrairement en Égypte durant deux ans et demi - dans un contexte de répression de la société civile par les autorités égyptiennes - a été un temps fort du week-end. © Océane BERGONZOLI

De l’indignation à l’action 

Jacob a hésité des années avant de se jeter à l’eau : « Depuis que j’ai 12 ans, j’ai envie de rentrer chez Amnesty. Un jour, j’en ai eu marre de me plaindre sans rien faire. A 23 ans, je me suis dit qu’il fallait bien commencer par quelque chose, et je me suis engagé. » Dara, 20 ans, étudiante originaire de Bulgarie, a été marquée par les discriminations des minorités et en particulier des Roms, dont elle a été témoin dans son pays. En arrivant en France, il y a un an, elle découvre le militantisme et n’hésite pas une seconde : « Avec Amnesty, on se bat pour une cause qui touche tout le monde. C’est une organisation neutre politiquement, impartiale, et c’est ça qui me plaît » résume-t-elle.

L’indignation de trop, le refus de se résigner, l’envie que sa voix compte, qu’elle soit entendue, de changer la vie d’autres personnes, de faire changer des lois… Les raisons qui poussent ces jeunes à passer à l’action sont diverses. « Mon déclic, ça a été sur l’abolition universelle de la peine de mort, explique Lorna. J’ai rencontré Antoinette Chahine, ancienne condamnée à mort au Liban : son témoignage m’a profondément touché et marqué. Elle m’a transmis son combat. Je le poursuis aujourd’hui. » Du haut de ses 16 ans, Adela s’engage quant à elle avec passion pour la cause des minorités musulmanes et notamment les Ouïghours persécutés en Chine : « Imaginer qu’on puisse stériliser des femmes pour la seule raison qu’elles sont musulmanes, ça me révolte.» 

Liz, 17 ans
On refuse d’être désenchantés. On voit tous les problèmes qu’il y a, mais on ne peut pas laisser la génération future se charger de les régler.
Sabrina, 21 ans
Quand on se voit ce qui se passe en Ukraine, on a tendance à se dire que le droit international ne sert à rien. Mais Amnesty, c’est une voie possible : pour aider le droit international à se faire entendre, et pour obtenir des preuves concrètes qui permettront de rendre justice un jour. C’est très motivant.
Lucas, 17 ans
Depuis tout petit, j’ai horreur de l’injustice. Que ce soit pour défendre les droits des travailleurs migrants au Qatar, ou Julian Assange et la liberté d’expression, je suis prêt à m'engager pour toutes les thématiques possibles, tant qu'il s'agit de réparer des injustices.

Droit au but

A 19 ans, Louise va droit au but. Cette fan de foot a été choquée quand elle a découvert la campagne menée par Amnesty International sur le Qatar : « J’ai été tellement déçue de cet univers dans lequel j’ai grandi. J’étais dégoûtée. » Aujourd’hui, elle a pris la tête de l’antenne jeunes de son école à St Germain et essaye de sensibiliser son entourage : « On essaye de monter des actions avec le BDS, le bureau des sports. Lors des premières réunions, ils étaient plutôt réticents, ils craignaient qu’on appelle au boycott. Finalement, on a réussi à se mettre d’accord pour organiser une action conjointe. C'est la preuve qu'on peut amener au débat, à réfléchir et expliquer. »

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Une action menée place de la République, à Paris, par les 120 jeunes qui demandent de "ramener la Coupe à la raison". Depuis 2001, nous dénonçons l'exploitation de travailleuses et travailleurs migrants au Qatar dans le cadre de la préparation de la Coupe du monde de football. © Benjamin Girette

Paulet, représentant du lycée Pierre Gilles-de-Gennes, 16 ans, a grandi dans un milieu militant : « J’ai toujours aimé militer, manifester, me documenter, mais ce que j’aime surtout, c’est permettre aux autres d’accéder au militantisme, de les aider à monter les actions qu’ils ont envie de mener et de leur donner l’opportunité de faire entendre leur voix. »

Pour Liz, il est plutôt question de vécu. Pour elle, les ressorts de l'engagement sont à chercher dans nos failles et cicatrices intimes : « On s’est tous retrouvé un jour un peu démuni face à une injustice qui nous touchait directement ou indirectement. On s’est dit « c’est trop tard ou je ne peux rien faire » et on a subi. Ça laisse des traces. Des violences sexistes et sexuelles ? J’ai pu en vivre et je trouve ça révoltant qu’on laisse passer ça. Alors j’agis. Au lycée, avec mon antenne jeunes, on va faire une conférence de sensibilisation pour les classes de premières. On va expliquer comment se prémunir des violences sexistes et sexuelles, mais surtout rappeler que ça peut arriver à tout le monde, et qu’on ne doit pas s’en cacher : ce n’est pas une honte, il faut que ça change. »

Lorna, avec ses huit années de militantisme au compteur, avoue avoir milité sur toutes les campagnes : « Je considère que dès qu’on touche à quelqu’un à l’autre bout du monde, c’est comme si on touchait à un frère ou une sœur. C’est ce que j’appelle l’humanité solidaire… »

© Benjamin Girette

« C’est à nous de hausser le ton »

Mais avoir moins de 25 ans n’est-il pas un frein pour se faire entendre sur des sujets aussi sérieux et parfois complexes ? « Peu importe l’âge, ce qui compte, c’est le degré de connaissance, assure Adela, la voix douce mais déterminée. On peut penser "t’es jeune, tu ne connais rien à la vie, tu n’as aucune expérience". Mais si on arrive devant quelqu’un qui semble avoir de l’influence et qu’on en sait plus que lui : là on t’écoute. » Liz, 17 ans, acquiesce :

Ce n’est pas une question de vécu et d’années au compteur. Ce sont les connaissances qui priment. Être jeune et militant c’est une force. On parle de notre avenir.

« Et si seul, on ne fait pas le poids, reprend Adela, avec Amnesty, on n’est plus seul : on est un groupe de personnes, et c’est ça qui nous permet d’agir efficacement ».

Demain, jeune ou pas, Lorna n'imagine pas arrêter de militer, consciente que le combat pour les droits humains est celui d'une vie : « Je considère qu’il n’y a aucun droit humain qui est totalement acquis. Simone de Beauvoir disait que les droits des femmes, c’est une lutte perpétuelle, et qu’il suffit qu’il y ait une crise majeure pour que ces droits soient remis en cause – on l’a vu avec le droit à l’avortement aux Etats-Unis. C’est vrai pour tous les droits en général. Et si parfois, on a la chance d’avoir obtenu un droit, comme l’abolition de la peine de mort depuis 1981 en France, il faut continuer à se battre pour que ce soit la même chose partout. Nos combats sont universels. »

« Le droit c’est un bout de papier, conclut Jacob. Si on ne continue pas à le faire vivre, il n’en restera rien. Il faut faire des piqûres de rappel, s’exprimer, dénoncer, manifester, faire pression… Bref, le défendre et le faire vivre. Si tout le monde se mobilise, c’est là qu’on fait changer les choses. C’est à nous de hausser le ton. »

© Benjamin Girette

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REJOINDRE UNE ANTENNE JEUNES

Présentes dans les universités et les lycées, les antennes jeunes (AJ) organisent des projections de films, des conférences, des flashmob, font signer des pétitions et font connaître nos combats autour d’eux. Chez Amnesty International, les jeunes, les idéalistes, les militants, sont accueillis à bras ouverts.

Génération « droits humains » : quand les 15-25 ans se mobilisent contre l’injustice - Amnesty International France