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Salvador. Répression et promesses non tenues : le nouveau visage du pays après une année de gouvernement du président Nayib Bukele

Après une année à la tête du pays, Nayib Bukele et son gouvernement ont mis en alerte la communauté nationale et internationale des droits humains, qui observe à présent avec beaucoup d’inquiétude la situation au Salvador, a déclaré le 1er juin Amnesty International.

« Il y a un an, le président Nayib Bukele s’est engagé à prendre un nouveau cap pour le pays afin d’améliorer la situation nationale. Malheureusement, cet espoir s’est éteint avec la politique menée par son gouvernement, qui met en péril les droits humains », a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice pour les Amériques à Amnesty International.

Mesures répressives

Le contexte de la pandémie de COVID-19 a mis en évidence un style de gouvernement qui, s’il semble novateur sur le plan formel, marque fondamentalement un retour aux méthodes répressives et abusives qui ont si souvent marqué l’histoire du Salvador.

Les autorités ont arrêté plus de 2 000 personnes pour des violations présumées des mesures de confinement strict et elles les ont enfermées dans des « centres de rétention » qui souvent ne respectent pas les normes minimales en matière de règles sanitaires et de distanciation physique. Amnesty International a examiné des documents juridiques indiquant que certaines personnes ont été arrêtées uniquement parce qu’elles sont sorties de chez elles pour aller acheter de la nourriture ou des médicaments. De plus, l’organisation a vérifié des documents audiovisuels montrant que les conditions de détention sont très précaires dans les centres de rétention.

Amnesty International a interrogé des personnes qui ont dit avoir été victimes de violations de droits humains résultant des mesures mises en place par le gouvernement pour lutter contre la pandémie. Un jeune homme a raconté qu’il était sorti pour acheter de la nourriture et de l’essence après avoir reçu son salaire, quand la police l’a arrêté, l’a frappé et lui a tiré deux fois dans les jambes.

Une défenseure des droits humains, qui souffre de diabète, a signalé avoir été arrêtée alors qu’elle était sortie pour aller acheter de la nourriture et des médicaments pour son petit garçon de trois ans. Quand elle a été arrêtée, la police l’a assurée qu’elle allait simplement être testée au COVID-19 et qu’elle pourrait ensuite retourner chez elle. Or, elle a été maintenue en détention pendant plus d’un mois dans un « centre de rétention », alors même qu’elle n’avait pas été diagnostiquée comme étant porteuse du virus.

Dans un autre cas, un adolescent de 17 ans a dit que la police l’avait arrêté alors qu’il sortait de son travail dans une plantation de canne à sucre. L’adolescent et sa famille ont raconté que la police n’a aucunement tenu compte du fait que son travail faisait partie des activités économiques essentielles, et l’a frappé et emmené dans un centre de détention, où il a été enfermé avec des adultes pendant presque trois jours, avant d’être remis en liberté sans inculpation.

« Ces cas montrent clairement que les mesures prises par le gouvernement, sous prétexte de contenir la pandémie, sont disproportionnées. En conséquence, de nombreuses personnes ont inutilement été exposées au risque de contracter le COVID-19 et ont subi des violations de leurs droits fondamentaux. Les autorités avaient l’obligation de les protéger et ne devaient en aucun cas porter atteinte à leurs droits », a déclaré Erika Guevara Rosas.

Par ailleurs, le président Nayib Bukele a pris d’autres mesures qui ont suscité l’inquiétude de la communauté internationale en raison du très grave retour en arrière qu’elles pourraient représenter. En février, le Conseil des ministres du gouvernement a convoqué une session extraordinaire de l’Assemblée législative, qui s’est accompagnée d’un déploiement ostensible et inutile de l’armée dans l’enceinte et dans le périmètre de l’Assemblée, et il a été signalé que des tireurs d’élite avaient été postés à proximité de cette institution et que la liberté de la presse avait fait l’objet de restrictions.

De plus, Amnesty International déplore les déclarations publiques du président Nayib Bukele dans lesquelles il discrédite les organisations de défense des droits humains, suggère que les forces de sécurité recourent à des mesures violentes ou appelle au non-respect des décisions de la Chambre constitutionnelle de la Cour suprême de justice.

Des promesses non tenues

En juin 2019, après sa prise de fonctions, une délégation d’Amnesty International a eu un entretien avec le président Nayib Bukele pour lui présenter un ensemble de motifs de préoccupation relatifs à la situation des droits humains dans le pays. L’organisation l’a exhorté à abandonner les méthodes répressives appliquées par les gouvernements précédents en matière de sécurité publique, à garantir un retrait en bon ordre de la participation des forces armées aux tâches liées à la sécurité publique, et à renforcer les capacités de la Police nationale civile.

« Pendant cette entrevue, le président s’est engagé à représenter une voix différente en Amérique centrale. Cependant, le gouvernement actuel fait les gros titres de la presse internationale et inquiète les organismes internationaux en raison de son mépris pour les droits humains », a déclaré Erika Guevara Rosas.

Amnesty International constate avec préoccupation qu’au lieu d’examiner et d’évaluer les erreurs et les points forts concernant les mesures qui ont été prises par les gouvernements précédents, le gouvernement actuel privilégie avec insistance l’approche répressive face à la violence et à la pandémie de COVID-19.

En février, l’organisation a observé avec enthousiasme que le président a opposé son véto au projet de Loi spéciale de justice transitionnelle, réparation et réconciliation nationale, validée par les parlementaires, qui ne garantissait pas pleinement les droits des victimes du conflit armé. Elle a cependant regretté que ce véto ne s’accompagne pas de mesures fortes visant notamment à rendre publiques les informations contenues dans les archives militaires des années de conflit, informations qui aideraient à garantir la vérité, justice et réparation pour les victimes.

« Le gouvernement actuel a en ce moment l’occasion de changer radicalement de cap en ce qui concerne sa politique publique et aussi en matière de droits humains. Il est important que le président cesse de rejeter la faute sur les précédents gouvernements et sur les autres organes de l’État, qu’il assume ses responsabilités et mettre en place des solutions globales pour renforcer l’état de droit et régler la très lourde dette que les autorités salvadoriennes ont contractée à l’égard des droits de la population », a déclaré Erika Guevara Rosas.

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