Sénégal : justice pour les personnes tuées lors de manifestations
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Mourir sous les balles de la police : c’est ce qui est arrivé à plusieurs personnes au Sénégal lors des manifestations de mars 2021, juin 2023 et février 2024. Aucune justice n’a été rendue pour les manifestants tués en 2021 et aucune enquête n’a encore été ouverte pour les manifestants tués en 2023. Pour que cessent la répression et l’impunité, interpellez les autorités sénégalaises.
Les 9 et 10 février 2024, les forces de sécurité sénégalaises ont tué 3 personnes dont un adolescent de 16 ans et arrêté des centaines de personnes lors de manifestations contre le report de l’élection présidentielle. Il faut enquêter sur ces homicides et ces violences policières !
Tirs à balles réelles, arrestations arbitraires, utilisation de boucliers humains… Les manifestations qui ont éclaté au Sénégal le 1er juin 2023 ont été violemment réprimées par les autorités. Au moins 23 personnes dont trois enfants ont été tuées, un bilan déjà plus lourd que celui de mars 2021, et 357 personnes ont été blessées, d’après la Croix-Rouge sénégalaise.
Ousmane Badio, âgé de 17 ans, est l’une des victimes de la répression violente des manifestations au Sénégal de juin 2023. Il a été touché par un tir mortel, le 1er juin à Ziguinchor, au sud du Sénégal.
Il a été touché à la poitrine et perdait beaucoup de sang. Nous l’avons emmené à l’hôpital [Silence], mais il continuait à perdre beaucoup de sang en cours de route. À notre arrivée, il a été déclaré mort.
En mars 2021, 14 personnes avaient été tuées lors des manifestations. Jusqu’à présent, aucune justice n’a été rendue par les autorités sénégalaises aux familles des victimes.
Pour que cesse la répression, que les familles des victimes aient accès à la justice et que les manifestants sénégalais puissent s’exprimer sans crainte de représailles, interpellez les autorités en signant notre pétition.
À Ismaela Madior Fall, ministre de la Justice
Monsieur le Ministre,
Le 8 avril 2021, votre gouvernement avait annoncé la mise sur pied d’une commission d’enquête indépendante et impartiale pour faire la lumière sur les manifestations de mars 2021 au cours desquelles 14 personnes avaient perdu la vie.
Le 8 décembre 2021, le Président Macky Sall a déclaré que la Commission n’était plus d’actualité en raison de l’engagement d’une procédure judicaire et d’enquêtes internes. Pourtant, à ce jour, nous n’avons aucune information sur cette procédure judiciaire.
Le 1er juin 2023, des violences ont éclaté dans plusieurs villes du Sénégal, suite au procès pour viols et menaces de mort de l’opposant Ousmane Sonko à l’issue duquel ce dernier a été condamné à deux ans de prison ferme pour corruption de la jeunesse.
Les manifestations ont causé la mort d’au moins 23 personnes et fait au moins 357 blessés (Croix-Rouge sénégalaise). La police nationale a annoncé l’arrestation de plus de 500 personnes. La plupart des victimes ont été tuées par balles, et à travers des vidéos qui ont largement circulé sur les réseaux sociaux et authentifiées par Amnesty International, on peut apercevoir des civils armés aux côtés des forces de défense et de sécurité réprimant avec brutalité les manifestants, les maltraitant physiquement et leur tirant dessus.
Au-delà de cette répression violente, des violations flagrantes de la liberté d’expression et du droit à l’information ont été documentées suite à la coupure du signal de la chaîne de télévision Walfadjri; des arrestations de journalistes, activistes et voix dissidentes, de même que les restrictions sur l’accès à internet et aux réseaux sociaux ont également été notées.
Je voudrais vous demander de prendre toutes les mesures possibles pour l’ouverture d’enquêtes impartiales, transparentes et indépendantes sur la mort des manifestants depuis les évènements de mars 2021.
Je vous exhorte à vous assurer que toutes les mesures possibles soient prises pour mettre fin à la présence d’individus non identifiés pour des opérations de maintien de l’ordre.
Il est aussi important que les autorités sénégalaises respectent le droit à liberté d’expression et le droit à l’information en s’abstenant de suspendre l’accès à internet, en particulier en situation de crise.
Je vous demande également de libérer, sans condition, les personnes détenues arbitrairement, notamment les activistes, journalistes et autres voix dissidentes.
Veuillez agréer l’expression de ma haute considération.
