Madagascar doit garantir les droits de Damisoa et des déplacés climatiques !
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Au sud de Madagascar, la sécheresse pousse les populations à fuir la famine. Après avoir parcouru des milliers de kilomètres, elles continuent de subir de graves violations de leurs droits humains.
Damisoa fait partie du peuple des Antandroy qui vit au sud de Madagascar. Les Antandroy souffrent des sécheresses dont les épisodes sont intensifiés à cause du changement climatique. Vivant de l’agriculture et de l’élevage du bétail, les sécheresses successives menacent ces populations de famine. En 2021, un million de personnes souffraient de la famine.
L’agro-pasteur de 48 ans n’a pas eu d’autre choix que de fuir la région avec sa femme et ses trois enfants en octobre 2020. Comme de nombreux déplacé·es climatiques, il s’est rendu au nord, dans la région de Boeny, à près de 1 500 kilomètres de son village d’origine.
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Aucune aide de l’État ne leur a été fourni à leur arrivée et ils ont fait face à des difficultés pour trouver un logement et se nourrir.
Ce n’est qu’en mars 2023, deux ans après leur arrivée, que Damisoa et sa famille ont été relogés dans le cadre d’un projet pilote de réinstallation des déplacé·es climatiques. Les autorités l’ont désigné comme responsable de la zone. Mais la situation sur le site ne s’est toujours pas améliorée.
Isolé·es, dans une région à peine plus fertile que celle qu’ils ont quittée, les déplacé·es climatiques souffrent d’un manque d’accès à leurs droits les plus fondamentaux : à l’alimentation, l’eau, la santé, l’éducation, l’hygiène et à un logement convenable.
Les huttes ne sont pas protégées de la pluie et du vent, l’accès à la nourriture et à l’eau potable est entravé et l’accès aux soins de santé est limité lors de la saison des pluies où il est presque impossible de quitter le site. Au début de l’année 2025, la nièce de Damisoa, Sitella, est décédée à l’âge de trois mois. Sa mère, affaiblie par la faim et la soif, ne pouvait plus l’allaiter.
Nous n’avons aucune graine à planter, aucun zébu, aucun outil agricole. La terre n’est pas fertile. Nous avons essayé de planter, mais dès que les racines commencent à s’étendre, la terre se fendille et la plante meurt.
L’État malgache doit prendre de toute urgence des mesures concrètes pour garantir les droits des déplacé·es climatiques dans la région de Boeny et dans le reste du pays !
Monsieur le Directeur général,
En 2021, Damisoa et sa famille ont fui la région Androy pour échapper à la famine causée par une sécheresse dévastatrice, intensifiée à cause du changement climatique. En mars 2023, plusieurs mois après leur arrivée dans la région Boeny, le gouvernement les a réinstallé·e·s sur un site dans le cadre d’un projet pilote. Mais les conditions de vie y sont dégradantes. Il est impossible de cultiver la terre, les huttes laissent passer la pluie et le vent, l’accès à la nourriture, à l’eau potable et aux soins de santé sont difficiles, notamment lors de la saison des pluies où il est presque impossible de quitter le site à cause des crues de la rivière voisine.
Les personnes déplacées par la famine qui vivent désormais dans la région Boeny, à l’instar de Damisoa et des autres résident·e·s du site, ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence. Or actuellement, celle-ci et le financement pour l’adaptation au changement climatique, sont presque exclusivement concentrés dans les régions du sud de Madagascar, ravagées par les sécheresses.
Je vous prie donc de prendre de toute urgence des mesures concrètes pour lutter contre la faim, le manque de logements, l’accès limité aux soins de santé et les autres difficultés auxquelles sont confrontées les personnes déplacées par la sécheresse, tant dans le site de réinstallation de Boeny que dans d’autres endroits à Madagascar, et de faire appel à des agences humanitaires et à d’autres acteurs concernés pour ce faire.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur général, l’expression de ma haute considération.
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