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Un tunisien présent lors d'un rassemblement pour célébrer l'anniversaire de la révolution tunisienne, le 14 janvier 2017 à Tunis / ©Zoubeir Souissi - REUTERS

Un tunisien présent lors d'un rassemblement pour célébrer l'anniversaire de la révolution tunisienne, le 14 janvier 2017 à Tunis / ©Zoubeir Souissi - REUTERS

Un tunisien présent lors d'un rassemblement pour célébrer l'anniversaire de la révolution tunisienne, le 14 janvier 2017 à Tunis / ©Zoubeir Souissi - REUTERS

Liberté d'expression

Tunisie : 10 ans après la révolution les victimes attendent encore justice

Dix ans sont passés depuis la révolution tunisienne, qui a entraîné la chute du pouvoir du président Ben Ali le 14 janvier 2011. Nous avons dénombré plus d’une centaine de victimes pendant les mouvements de contestations populaires. 10 ans après, ils se battent toujours pour obtenir justice.

Le 17 décembre 2010, Mohammed Bouazizi, jeune vendeur ambulant de fruits et légumes s’immole par le feu à Sidi Bouzid. Cette étincelle a embrasé tout le pays et a déclenché une vague immense de soulèvements dans toute la région, du Maghreb au Moyen-Orient. À partir du 14 janvier 2011, les tunisiens se mettent à écrire une nouvelle page de leur histoire.

Selon la Commission chargée d’enquêter sur les violations commises au moment de la révolution, 132 manifestants ont été tués par les forces de sécurité et 4000 ont été blessés. Les victimes et leurs familles attendent encore justice et réparation, dans une Tunisie où l’impunité semble rester de mise.

Lire aussi : En Tunisie, le retour de l'impunité ?

MANQUE DE VOLONTé DES AUTORITéS

Depuis 2011, la Tunisie a connu neuf gouvernements différents. Aucun d’eux n’a mis au rang de ses priorités l’obligation de rendre des comptes pour les violations des droits humains perpétrés.

D'anciens et d'actuels fonctionnaires du ministère de l'Intérieur, accusés d’avoir tué des manifestants ou commis d’autres violations des droits humains pendant la révolution, refusent de répondre aux assignations en justice. Encore et encore, ils s’abstiennent de se présenter aux audiences. Cela révèle l’impunité qui continue de régner aujourd’hui en Tunisie et le manque de volonté de l’Etat de s’engager dans le processus de justice transitionnelle.

UNE INSTANCE CHARGéE DE DéVOILER LA VéRITé SUR LES CRIMES COMMIS

Au lendemain de la révolution, une Instance a été mise en place, chargée de mener des enquêtes et de dévoiler la vérité au sujet des violations des droits humains commis sur plusieurs années de l’histoire tunisienne : c’est l’Instance Vérité et Dignité (IVD), mise en place dans le cadre d’une loi sur la justice transitionnelle. L’Instance a débuté ses travaux en 2016 et a recueilli des milliers de dépositions de victimes, notamment de la révolution du 17 décembre au 14 janvier 2011.

La création de ces mécanismes de justice transitionnelle restera l’une des avancées importantes de la révolution tunisienne. Mais les espoirs qu’elle a suscités ne sont pas suffisamment suivis d’effets.

DES PROCéS MAIS PAS DE VERDICT

Depuis mai 2018, au moins 10 procès liés à la répression violente de la révolution se sont ouverts. Cependant, aucun verdict ni jugement n'a été rendu.

Ces procès sont pourtant l’une des seules chances pour que les victimes et leurs familles puissent enfin obtenir justice. Mais ils sont considérablement affaiblis par les obstacles systématiques du secteur de la sécurité.

DES FAMILLES EN QUêTE DE JUSTICE

Marwen Jamli avait 19 ans lorsqu’il a été tué, le 8 janvier 2011, pendant une manifestation de la révolution. Son père, Kamel Jamli, nous a confié que depuis 10 ans, il passe de tribunaux en tribunaux dans l’espoir d’obtenir justice pour son fils :

Nos enfants ne sont pas morts pour rien ; il est de notre devoir de réclamer justice, afin que personne d'autre n'ait à subir ce que nous vivons. Ils ont sacrifié leur vie, nous ferons nous aussi les sacrifices nécessaires

Kamel Jamli, père d'un manifestant tué pendant la révolution

Mimoun Khadhraoui, dont le frère, Abdel Basset Khadhraoui, a été abattu par la police dans les rues de Tunis le 13 janvier 2011, nous a déclaré qu’il n'arrêterait, jamais, sa quête de vérité :

Ceux qui croient le plus dans le processus de justice transitionnelle sont les familles des martyrs de la révolution. La preuve :10 ans après, nous sommes toujours là. Nous sommes fatigués, mais nous n'abandonnerons pas.

Mimoun Khadhraoui, frère d'un manifestant tué pendant la révolution

Nous appelons les autorités tunisiennes à soutenir le processus de justice transitionnelle en traduisant les auteurs présumés devant les tribunaux. La Tunisie doit veiller à ce que les victimes puissent enfin obtenir justice, vérité et réparation.

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