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© Sebastien Thibault/agoodson.com

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Liberté d'expression
Billet de blog

Des plateformes incontournables, et c’est bien ça le problème !

Les professionnels du marketing se retrouvent face à toutes sortes de problèmes dans le cadre de leur travail, mais se servir d’une plateforme qui repose sur des atteintes aux droits humains n’en fait généralement pas partie.

C’est exactement ce qui arrive à une industrie qui dépend de Facebook et Google avec la publication du dernier rapport d’Amnesty International, Les géants de la surveillance.

Ces plateformes permettent à tout un chacun d’y accéder « gratuitement », mais au lieu de fixer un tarif, elles vous demandent de fournir vos données personnelles. Ces données sont alors analysées en vue de former des groupes et de faire des prévisions sur leurs centres d’intérêt et leurs caractéristiques – principalement dans le but de se servir de ces informations pour générer des revenus publicitaires. Le rapport d’Amnesty International a conclu que l’ampleur de la collecte et de la monétisation des données personnelles par ces plateformes est incompatible avec le droit à la vie privée.

Si le rapport en appelle principalement aux gouvernements qui devraient réglementer cette industrie, il incombe à chacun d’entre nous de se pencher sur le rôle que nous jouons.

À Amnesty International, nous sommes tout aussi dépendants de ces plateformes que les multinationales, les partis politiques et les entreprises locales lorsqu’il s’agit de sensibiliser, communiquer et accroître nos audiences. Le pouvoir envahissant de ces plateformes est justement la raison pour laquelle Amnesty International leur a consacré un rapport.

Quelles sont nos options ? Nous ne pouvons pas en partir. Ces plateformes ne sont plus seulement la place centrale du village, elles sont la rue principale et le quartier d’affaires, elles pourraient devenir votre cabinet médical et votre banque. Elles sont la ville toute entière.

Retirer nos activités de Facebook et Google sur-le-champ serait donc préjudiciable pour les droits humains, car cela limiterait notre capacité à diffuser notre message. Il n’existe tout simplement pas d’alternative viable pour sensibiliser la population.

Pour l’instant, la conduite la plus éthique que nous puissions tenir est de regarder ce dilemme en face et de réfléchir à des solutions. Nous continuerons de débattre avec nos sympathisants de ce sujet.

J’ai entendu au sein de l’industrie publicitaire des gens affirmer qu’aucune autre solution ne pourra remplacer l’hégémonie de Facebook et Google. C’est oublier un peu vite la légende qui veut que la Silicon Valley se soit construite grâce à des entrepreneurs qui ont débuté dans leur garage. D’autres produits ou systèmes pourraient bien voir le jour dans les mois et les années à venir, particulièrement si les gouvernements créent l’environnement propice.

Cela devrait inciter les géants de la technologie à se réformer. Ils furent jadis des catalyseurs de liberté, jouant un rôle majeur dans la chute de dictateurs. Ils ont joué de cette qualité initiale pendant longtemps. Aujourd’hui, ils sont perçus comme une composante du lien entre grandes entreprises et intérêts politiques. Si cela permet un afflux de cash à court terme, cela ouvre aussi la porte à de nouveaux participants.

Beaucoup à l’instar d’Amnesty International sont empêtrés dans cette difficulté. Nous tentons de réussir un délicat numéro d’équilibriste, à savoir remplir notre mission et diffuser notre message en faveur des droits humains, tout en donnant de l’argent à des entreprises qui tirent profit d’une surveillance invasive. Les risques en termes de réputation s’accroissent à chaque nouveau scandale.

De nombreux intérêts particuliers sont à la base du fonctionnement actuel des géants de la technologie. Comme ils déploient aussi un intense travail de pression auprès des gouvernements censés prendre des mesures à leur encontre, il y a toutes les raisons de croire qu’ils ne pourront pas s’autoréguler. C’est pourquoi nous avons mis en place un groupe de travail chargé d’étudier quelles options futures envisager pour sensibiliser et mobiliser les communautés. Nous voulons dialoguer avec les citoyens de ce secteur pour penser grand. Merci de nous contacter si vous pensez pouvoir apporter une contribution.

C’est une ascension difficile. Nous l’entreprenons en nous pinçant le nez d’une main, et en tenant dans l’autre une pancarte en faveur du changement.

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