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Erika Guevara Rosas - Amnesty et José Asunción Martínez- COPIHN conférence de presse à propos de l'assassinat de Berta Cáceres. 2016 © Amnesty International

Erika Guevara Rosas - Amnesty et José Asunción Martínez- COPIHN conférence de presse à propos de l'assassinat de Berta Cáceres. 2016 © Amnesty International

Erika Guevara Rosas - Amnesty et José Asunción Martínez- COPIHN conférence de presse à propos de l'assassinat de Berta Cáceres. 2016 © Amnesty International

Liberté d'expression
portrait

Berta Cáceres : abattue pour avoir défendu l’environnement

Pendant des années, Berta Cáceres a défendu le droit à l’environnement au Honduras en dépit des menaces et des attaques à son encontre et celle de son organisation. Sa pugnacité luia été fatale. Le 2 mars 2016, elle est abattue à son domicile.

Éminente défenseure des droits humains hondurienne, Berta Cáceres a cofondé le Conseil civique d’organisations populaires et autochtones du Honduras (COPINH) en 1993.

Les droits du peuple autochtone Lenca au cœur de son combat

Dans ce cadre, elle œuvrait sans relâche pour à la défense de l’environnement et les droits du peuple autochtone Lenca.

Entre 2013 et 2015, les membres du COPINH ont organisé des manifestations contre le projet de barrage hydroélectrique d'Agua Zarca, mis en œuvre par Desarrollos Energéticos S.A. (DESA à cause de la menace qu’il représente pour le peuple autochtone lenca. Berta Cáceres et ses collègues ont été la cible de nombreuses attaques et menaces de la part des autorités et d'acteurs non gouvernementaux, qui considèrent leur action comme une menace pour leurs intérêts commerciaux.

Intimidée, harcelée et assassinée

En 2009, la Commission interaméricaine des droits de l’homme a prononcé des mesures conservatoires pour protéger la vie de Berta Cáceres, mais les autorités honduriennes n’ont rien fait pour les mettre en œuvre. Par trois fois, la militante a essuyé des coups de feu alors qu'elle circulait dans un véhicule du COPINH en novembre 2015 ; elle faisait l'objet de surveillance, et a reçu des menaces d'enlèvement ou de disparition et des menaces visant ses enfants. Elle a aussi subi des agressions, des intrusions Toutes ces attaques visaient à la faire renoncer et à la réduire au silence. Ses collègues aussi avaient été attaqués.

Le 2 mars 2016, Berta Cáceres a finalement été abattue par des hommes armés qui ont fait irruption à son domicile, dans la ville de La Esperanza (province d'Intibucá, dans l'ouest du Honduras).

Avec son assassinat, les manœuvres d'intimidation à l'encontre de sa communauté n'ont pas cessé. Entre le 3 et le 12 mars 2016, des membres de sa famille et du COPINH ont été harcelés et intimidés. Le 15 avril, ses proches, ses collègues et des membres d'autres organisations nationales et internationales ont été attaqués par des hommes armés lors d'un rassemblement international des peuples autochtones. Les policiers présents sur les lieux n'ont rien fait pour empêcher ces attaques. Après que des participants internationaux ont réussi à les convaincre d'intervenir, ils ont finalement escorté les membres du COPINH et d'autres organisations hors de la zone.

Une procédure d’enquête opaque

L'enquête sur l'assassinat de Berta Cáceres est en cours, mais elle a été ouverte sans envisager l'hypothèse selon laquelle sa mort pourrait être liée à son travail en faveur des droits humains. L'absence d'investigations à ce sujet porte atteinte au droit de sa famille à une enquête efficace et approfondie. Finalement, un mois après la mort de la militante, les autorités ont annoncé que toutes les pistes étaient étudiées, y compris celle d'un lien éventuel avec ses activités de défenseure des droits humains.

Huit personnes ont été arrêtées pour leur implication présumée dans l'assassinat de Berta Cáceres, dont un dirigeant de DESA, un militaire, et un ancien militaire qui exerçait des fonctions de sécurité sur le site d'Agua Zarca. Cependant, les proches de Berta Cáceres disent avoir beaucoup de mal à accéder aux dossiers et à participer comme il se doit à la procédure d'enquête. Les attaques concertées contre Berta Cáceres et d'autres défenseurs des droits humains mettent de fait un coup d'arrêt à leur travail de défense et de promotion des droits humains, ainsi qu'à celui de leurs organisations, de leurs communautés et de la société civile en général.

Le meurtre tragique de Berta Cáceres illustre la situation affligeante des droits humains au Honduras. Le message est clair : si votre travail en faveur des droits humains dérange le pouvoir, vous serez tué.

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