Chaque année, Amnesty International analyse dans son rapport annuel la situation des droits humains dans le monde. Un an d’enquête, 144 pays analysés. Voici ce qu’il faut savoir sur les droits humains au Honduras en 2025.
Des violations des droits humains ont été signalées en cette troisième année consécutive d’état d’urgence. Les journalistes et les défenseur·e·s des droits humains étaient exposés à un risque élevé de subir des violences. Les mesures prises par le gouvernement pour lutter contre le changement climatique étaient insuffisantes. Les femmes et les personnes LGBTI ont cette année encore été victimes de violence et de discrimination.
Contexte
Le résultat de l’élection générale, qui s’est tenue en novembre, a été annoncé avec retard et le scrutin a été entaché de soupçons de fraude.
En janvier, le gouvernement a lancé le plan « Ma sœur, mon frère, rentre à la maison » pour venir en aide aux personnes de retour au Honduras. D’après l’Institut national des migrations, plus de 42 000 personnes ont été renvoyées dans le pays en 2025, la plupart depuis le Mexique ou les États-Unis.
Usage illégal de la force
L’ONU et le Commissariat national aux droits humains (CONADEH) ont critiqué le prolongement de l’état d’urgence, qui, en décembre, était en vigueur depuis trois ans. Des organisations de la société civile ont dénoncé les violations des droits humains perpétrées dans ce contexte par les forces de sécurité, en particulier des détentions arbitraires, un usage excessif de la force et des actes de torture et d’autres traitements cruels et inhumains.
Liberté d’expression
Le milieu journalistique et les médias étaient confrontés à des niveaux élevés de violence physique et en ligne, en particulier des propos stigmatisants de la part des autorités, des campagnes de dénigrement et des manœuvres d’intimidation. En juin, le journaliste Javier Antonio Hércules Salinas a été tué, malgré les mesures de protection de l’État dont il bénéficiait.
Défenseur·e·s des droits humains
Les défenseur·e·s de l’environnement et du territoire étaient fréquemment visés par des violences (manœuvres d’intimidation, homicides, poursuites judiciaires). Les Garifunas étaient en grand danger. En avril, l’Organisation fraternelle noire du Honduras a dénoncé la disparition forcée présumée de Max Gil Castillo, le frère du président de la communauté de Punta Piedra. L’ONU et d’autres organisations se sont inquiétées des menaces reçues par des responsables garifunas et du harcèlement dont faisaient l’objet leurs communautés via les médias et sous la forme d’intimidations répétées à l’arme à feu.
En février, un groupe interdisciplinaire d’experts indépendants a été lancé sous l’égide de la Commission interaméricaine des droits de l’homme afin de contribuer à l’enquête visant à identifier les commanditaires de l’assassinat de la dirigeante lenca Berta Cáceres en 2016 et à faire la lumière sur d’autres infractions liées à cette affaire.
En septembre, un tribunal a décidé de l’ouverture d’un procès contre trois hommes inculpés de l’homicide du défenseur de l’environnement Juan López en 2024. Le ministère public a réitéré son engagement à enquêter sur l’identité des commanditaires mais, à la fin de l’année, aucun progrès n’avait été signalé.
Le Honduras n’avait toujours pas signé l’Accord d’Escazú à la fin de l’année.
Droit à un environnement sain
Le décret 18-2024, qui ordonnait la remise en état environnementale du parc national Carlos Escaleras et interdisait l’extraction minière dans les zones protégées du pays, n’était toujours pas appliqué.
En mai, une proposition de loi soumise au Congrès, qui visait à faciliter l’octroi de licences environnementales, a suscité des préoccupations. Le texte n’avait pas encore été adopté à la fin de l’année.
Le Honduras a pris du retard dans l’élaboration et l’adoption de mesures d’adaptation au changement climatique. Le pays n’a pas mis en place de politiques durables et cohérentes face à la crise climatique qui a conduit au déplacement forcé de populations côtières et rurales.
Violences fondées sur le genre
L’ONG locale Cattrachas a recensé 35 meurtres de personnes LGBTI entre janvier et décembre. Le mariage entre personnes de même sexe était toujours interdit.
Les femmes subissaient des niveaux de violence élevés. L’Université autonome nationale du Honduras a dénombré au moins 270 féminicides et morts violentes au cours de l’année. L’avortement était toujours considéré comme une infraction pénale.
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