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© Amnesty International

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Yahaya Sharif-Aminu

Il risque la pendaison pour avoir diffusé une chanson sur WhatsApp. Raison invoquée par la haute cours islamique ? Cette dernière serait blasphématoire.

Yahaya Sharif-Aminu est un chanteur de 23 ans. Il est détenu à la prison de Kano, au nord du Nigeria. Il risque d’être exécuté depuis qu’une haute cour islamique l’a condamné à mort par pendaison pour avoir diffusé via WhatsApp une chanson considérée comme blasphématoire.

En février 2020, Yahaya Sharif-Aminu compose une chanson accusée de contenir des paroles désobligeantes à l'encontre du prophète Mahomet. Pour cette raison, le musicien est arrêté et des membres de sa famille fuient leur domicile et sont victimes de violences. Le 4 mars, la maison familiale du chanteur est incendiée par des jeunes en colère qui protestent contre la chanson et demandent l'arrestation de Yahaya.

Le 10 août, il comparait devant une haute cour islamique siégeant à Kano. Il est inculpé et déclaré coupable de blasphème puis il est incarcéré.

De sérieux doutes subsistent quant à l’équité du procès et à la formulation des charges qui pèsent contre lui et s’appuient sur ses messages Whatsapp.

Le 26 novembre, Yahaya n’était pas présent lors de l’audience en appel mais son avocat nous a indiqué que l’accusation continuait de demander à la cour de confirmer la condamnation à mort.

Un nouveau procès synonyme d'espoir

Le 21 janvier 2021, la commission d’appel, présidée par le premier magistrat de l’État de Kano, ordonne la tenue d’un nouveau procès. Puis elle ordonne que l'affaire soit renvoyée devant la haute cour islamique qui avait condamné Yahaya Sharif-Aminu.

Cependant, un nouveau juge est nommé, au motif que l'accusé n’avait pas bénéficié des services d’un avocat pendant son procès initial, ce qui était une négligence manifeste et frappait de nullité toute la procédure. La commission d'appel reconnaît qu'il incombe au tribunal de veiller à ce que Yahaya soit dûment et légalement représenté compte tenu de l'importance de l'affaire, et du risque peine de mort.

Cette décision de faire rejuger Yahaya Sharif-Aminu lui donne une précieuse occasion d’être défendu par un avocat et de bénéficier d’un procès équitable. La pression internationale peut sauver Yahaya !

Amnesty International s’est déjà mobilisée en 2015 pour un autre jeune condamné à la peine de mort au Nigéria, Moses Akatugba, gracié après la mobilisation de notre réseau militant.

Agir pour Yahaya en interpellant les autorités nigérianes

Exemple de message à envoyer :

Monsieur le Gouverneur,

Yahaya Sharif-Aminu, un chanteur de 23 ans, a été déclaré coupable de blasphème par la haute cour islamique de l'État de Kano le 10 août 2020 pour avoir diffusé une chanson jugée blasphématoire à l’égard du prophète Mahomet. Il a été condamné à mort. Il est toujours incarcéré dans la prison de Kano.

Yahaya et son avocat ont fait appel de sa peine. Le 21 janvier, la commission d’appel a ordonné la tenue d’un nouveau procès et que Yahaya soit jugé par un juge différent, au motif que l'accusé n’avait pas bénéficié des services d’un avocat pendant son procès. La décision de la commission d’appel de le faire rejuger lui donne occasion de bénéficier d’un procès équitable.

Nul ne doit être condamné à mort pour avoir exprimé librement ses opinions. Le recours à la peine de mort pour blasphème constitue une violation des obligations du Nigeria en vertu du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

En conséquence, je vous prie instamment :

- d’abandonner toutes les charges qui pèsent sur Yahaya Sharif-Aminu ;

- de veiller à ce qu’il soit libéré immédiatement et sans condition.

Veuillez agréer, Monsieur le Gouverneur, l'expression de ma haute considération,

Agir

Adresse & email

Gouverneur de l’État de Kano

Abdullahi Umar Ganduje

Office of the Governor

Government House, Kano State, Nigeria

Copie à :

Ambassade du Nigeria

173 avenue Victor Hugo 75116 Paris

Tél : 01 47 04 68 65 Courriel : embassy@nigeriafrance.com embassy@nigeriaparis.com

Yahaya Sharif-Aminu risque la pendaison - Amnesty International France