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©Ness Kerton/AFP/Getty Images

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Papouasie-Nouvelle-Guinée : la situation des droits humains en 2021

Chaque année, nous publions notre Rapport annuel sur la situation des droits humains dans le monde. Un an d’enquête, 154 pays analysés. Voici ce qu’il faut savoir sur les droits humains en Papouasie-Nouvelle-Guinée en 2021.

Du fait de la capacité insuffisante du système de soins et du manque d’information sur les programmes de vaccination, un certain nombre de personnes n’ont pas eu accès de façon adéquate aux soins de santé. Dans un contexte marqué par un nombre croissant d’attaques violentes contre des femmes accusées de sorcellerie, les violences fondées sur le genre restaient très répandues. Les projets de développement et la destruction de l’environnement avaient des conséquences négatives sur la vie et les moyens de subsistance des populations autochtones. Les violences intercommunautaires se sont poursuivies et ont fait des dizaines de morts. Des arrestations arbitraires et des cas de brutalités policières ont été signalés.

Contexte

Le gouvernement national et les responsables locaux de Bougainville se sont accordés sur un calendrier en vue d’établir les conditions de la sécession de Bougainville de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, à la suite du référendum sur l’indépendance tenu en 2019. L’accord prévoyait que Bougainville exerce les pouvoirs souverains liés à l’indépendance en 2027.

Droit à la santé

Après une nouvelle flambée de cas de COVID-19, les hôpitaux de trois provinces au moins ont signalé en octobre des pénuries de fournitures médicales et de personnel soignant.

À la fin de l’année, moins de 3 % de la population était complètement vaccinée contre le COVID-19. Les autorités ne se sont pas véritablement mobilisées pour combattre les réticences d’une grande partie des habitant·e·s à se faire vacciner. Elles n’ont pas non plus mis à disposition en temps utile les informations nécessaires sur le virus et le programme de vaccination sous une forme et dans une langue accessibles à toutes les catégories de la population.

Les membres du personnel soignant restaient très exposés au risque de contracter le COVID-19. Certains ont par ailleurs été agressés par des citoyen·ne·s. Des professionnel·le·s de la santé qui étaient en train d’administrer des vaccins contre le COVID-19 et la polio ont été la cible de jets de pierres en octobre dans la ville de Lae.

Violences fondées sur le genre

La police ne protégeait pas correctement les femmes contre les violences perpétrées au sein du foyer ou plus généralement dans la collectivité. Des attaques violentes contre des femmes accusées de sorcellerie ont été signalées tout au long de l’année. En mars dans la ville de Goroka, une femme accusée de sorcellerie après que son mari eut succombé au COVID-19, et sa fille âgée de 19 ans ont ainsi été agressées physiquement par des habitant·e·s, puis jetées du haut d’un pont. Selon des organisations locales de défense des droits humains, les violences liées à la sorcellerie et les violences domestiques ont augmenté pendant la pandémie.

Une commission parlementaire spéciale sur les violences liées au genre mise en place en 2020 a tenu ses premières auditions en mai. Les suivantes ont été reportées à 2022.

En juin, des étudiants de l’université de Papouasie-Nouvelle-Guinée ont perturbé un rassemblement d’étudiantes et de femmes membres du personnel qui protestaient contre le harcèlement sexuel dans l’établissement, un phénomène très répandu selon elles. Des journalistes qui couvraient l’événement ont eux aussi été pris à partie, mais aucun n’a semble-t-il été gravement blessé.

Droits des peuples autochtones

En janvier, des personnes autochtones de la province de Nouvelle-Irlande ont organisé un sit-in pour protester contre le non-versement par les pouvoirs publics de l’indemnisation convenue pour la construction de l’aéroport de Kavieng sur leur territoire.

En juillet, les « hommes qui appellent le requin (shark callers) », un peuple autochtone de la province de Nouvelle-Irlande, ont organisé un festival culturel pour protester contre les conséquences pour leur culture et leurs moyens de subsistance de l’exploitation des gisements de minerais et de métaux en haute mer. Le gouvernement n’a pas souhaité se joindre aux États, ONG et autres groupes de la société civile chaque jour plus nombreux à réclamer l’interdiction de l’exploitation minière en haute mer.

Droit à la vie

Des violences communautaires ont eu lieu cette année encore et 38 personnes ont trouvé la mort dans deux incidents qui ont endeuillé les provinces respectives de Hela (en février) et des Hautes-Terres orientales (en avril). L’absence d’un service de police efficace et disposant de ressources suffisantes était l’un des éléments contribuant aux difficultés rencontrées pour remédier à ces violences et aux autres problèmes de maintien de l’ordre public qui se posaient dans les régions reculées.

Peine de mort

La Cour suprême a annulé en juillet des décisions par lesquelles le Tribunal national avait, en 2017, ordonné la suspension temporaire des exécutions, dans l’attente de la mise en place d’une procédure de recours en grâce, conformément à la Constitution.

Arrestations et détentions arbitraires

Laken Lepatu Agilio, un avocat qui avait déposé plainte pour corruption contre le gouverneur de la province d’Enga, a été brutalisé et interpellé par des policiers en avril. Les allégations de corruption concernaient un dispositif d’indemnisation mis en place par l’entreprise canadienne qui exploitait la mine d’or de Porgera à la suite de violations des droits humains – expulsions forcées, viols et autres violences sexuelles, entre autres – commises par des policiers et des agents de sécurité travaillant à la mine. Un fonctionnaire de police a reçu des sanctions disciplinaires à la suite de l’arrestation illégale de l’avocat.

Droits des personnes réfugiées ou migrantes

Les gouvernements de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et de l’Australie ont mis un terme en octobre à l’accord sur le traitement délocalisé des demandes d’asile. On ignorait cependant quelles solutions de protection ou de réinstallation allaient être proposées aux 88 réfugié·e·s et 36 demandeurs et demandeuses d’asile encore présents en Papouasie-Nouvelle-Guinée à la fin de l’année.

Actualités
Les droits humains en Papouasie-Nouvelle-Guinée en 2021 - Amnesty International France