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Centre de détention à Manus © Richard Ashen/Pacific Press/LightRocket/Getty Images

Centre de détention à Manus © Richard Ashen/Pacific Press/LightRocket/Getty Images

Réfugiés et migrants
Actualité

Réfugiés : prisonniers d’une île

L’Australie a transféré de force des centaines de réfugiés sur l’île de Manus en Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG). Depuis 4 ans, ils vivent dans de terribles conditions.

Environ 600 réfugiés se trouvent toujours dans le centre de détention pour réfugiés de la base navale de Lombrum, sur l’île de Manus (Papouasie-Nouvelle-Guinée), bien que les services essentiels aient été retirés le 31 octobre.

Plus aucune aide sur l’île

Les services essentiels, notamment la nourriture, l’eau et les soins médicaux, n’ont toujours pas été remis en place pour les plus de 600 réfugiés se trouvant actuellement dans le centre de détention de Lombrum.

La Cour suprême de Papouasie-Nouvelle-Guinée a rejeté une dernière tentative des réfugiés de faire remettre en place ces services essentiels et de faire en sorte que leurs droits soient protégés. La décision est une attaque abjecte contre le droit à la vie.

L’Australie, quant à elle, entrave la réinstallation des réfugiés dans des pays tiers. La Nouvelle-Zélande a par exemple proposé à plusieurs reprises d’offrir une protection aux réfugiés de l’île de Manus, mais en a été empêchée par l’Australie.

Si les autorités ne prennent pas immédiatement des mesures, la situation risque réellement de se détériorer de manière catastrophique. La vie de ces hommes, qui ne demandent que le respect de leurs droits à la dignité et à la sécurité, est gravement menacée.

Lire aussi : quand l'Australie torture les réfugiés

Un situation qui dure depuis 4 ans

En 2013, lorsqu’un de nos chercheurs s’était rendue pour la première fois au centre de détention sur l’île de Manus, plusieurs réfugiés avaient assimilé les conditions de détention à une "guerre psychologique" destinée à briser les réfugiés mentalement. Quatre ans plus tard, ces pratiques cruelles sont toujours utilisées pour pousser les réfugiés à s’installer ailleurs.

Les chercheurs d’Amnesty International ont vu une catastrophe se profiler lorsqu’ils se sont rendus en Papouasie-Nouvelle-Guinée du 27 octobre au 7 novembre. La situation dans laquelle se trouvent ces hommes sur l’île de Manus s’apparente à un traitement cruel, inhumain et dégradant et bafoue la Convention des Nations unies contre la torture.

Ce que nous avons vu au cours de cette semaine m’a profondément choquée. La situation est désespérée et proche de la catastrophe.

Il est abominable, cruel et honteux que les autorités d’Australie et de Papouasie-Nouvelle-Guinée aient créé cette crise et placé les réfugiés qui espéraient trouver une protection en Australie dans une situation aussi désespérée.

Les hommes ont refusé de se rendre dans d’autres centres en raison des violentes attaques dont des réfugiés ont été victimes et que les autorités n’ont pas empêchées.

Lire aussi : témoigne de réfugiés sur l'île de Manus

Une situation qui empire

Aucune aide médicale n’est proposée aux hommes du centre et on ignore si une aide sera apportée en cas d’urgence médicale.

Ces dix derniers jours, pendant que nous étions en Papouasie-Nouvelle-Guinée, des réfugiés ont signalé trois urgences médicales. Un réfugié a fait une crise d’épilepsie et est resté inconscient pendant plusieurs heures. Les réfugiés ont appelé des agents de sécurité et leur ont demandé une aide médicale, mais n’ont reçu aucune réponse. Un autre réfugié s’est automutilé, et bien qu’il soit physiquement stable, il se trouve toujours dans un état psychologique fragile et n’est aidé que par ses amis.

Le 4 novembre au soir, un réfugié souffrant d’une pathologie cardiaque s’est effondré. Les autres réfugiés ont appelé un numéro d’urgence pour demander de l’aide, mais n’ont reçu aucune réponse. La police de Papouasie-Nouvelle-Guinée, qui a été interpellée dans un véhicule devant le centre, a refusé d’aider l’homme. Après plus de quatre heures, l’homme a été conduit à l’hôpital de Lorengau, mais aucun cardiologue n’était disponible. Il est sorti de l’hôpital plus tard mais risque toujours d’autres problèmes médicaux. La privation de soins médicaux peut, en elle-même, représenter un acte de torture au titre du droit international.

On craint également que la situation ne devienne encore plus grave lorsque les réfugiés commenceront à manquer de médicaments, et que leur vie ne soit menacée. De nombreux réfugiés souffrent déjà de problèmes de santé mentale chroniques en raison de leur détention prolongée et de l’incertitude quant à leur avenir.

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