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URGENCE ISRAËL-GAZA

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© Marco De Angelis (Italie) –  Cartooning for peace. Ce dessin est extraits du livre « Fichez-nous la paix ! », dans la collection Cartooning for Peace aux éditions @gallimard, en partenariat avec Amnesty International et France Médias Monde.

© Marco De Angelis (Italie) –  Cartooning for peace. Ce dessin est extraits du livre « Fichez-nous la paix ! », dans la collection Cartooning for Peace aux éditions @gallimard, en partenariat avec Amnesty International et France Médias Monde.

© Marco De Angelis (Italie) –  Cartooning for peace. Ce dessin est extraits du livre « Fichez-nous la paix ! », dans la collection Cartooning for Peace aux éditions @gallimard, en partenariat avec Amnesty International et France Médias Monde.

Ukraine : une guerre sans fin ?

Les équipes de recherche d’Amnesty International enquêtent sur les violations du droit international humanitaire et des droits humains commises dans le cadre du conflit en Ukraine, et appellent à ce que leurs auteurs rendent des comptes. Retrouvez l’ensemble de nos enquêtes dans ce dossier.

Le 24 février 2024 marque le deuxième anniversaire de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie. Mais la guerre de la Russie en Ukraine a commencé il y a 10 ans. Elle a commencé en 2014, lorsque les troupes russes ont occupé la Crimée et l'ont illégalement annexée, et ont occupé des parties des régions ukrainiennes de Donetsk et de Louhansk. Cela fait donc dix ans que la population ukrainienne subit d'innombrables atrocités et de graves atteintes aux droits humains. 10 ans de guerre. 10 ans d'impunité.

Un conflit armé qui dure depuis dix ans

En février 2014, la Russie a envoyé ses troupes occuper la Crimée, en Ukraine, mais n'a jamais admis que ses forces armées avaient également pénétré dans l'est de l'Ukraine la même année. Les éléments que nous avons publiés en 2014, notamment l'examen d'images satellite et de récits de témoins oculaires, confirment que c'est bien le cas, ce qui fait désormais de ce conflit un conflit armé international qui dure depuis dix ans.

Dès que les groupes armés soutenus par la Russie ont pris le contrôle des régions de Donetsk et de Louhansk, celles-ci ont été le théâtre d'enlèvements, de tortures et, dans de nombreux cas, de meurtres de civils. Des habitants de Sloviansk ont raconté à Amnesty International qu'en 2014, un groupe armé avait enlevé un pasteur local, deux de ses fils et deux fidèles, et demandé une rançon de 50 000 dollars américains. Le temps que la communauté locale réunisse l'argent, les cinq captifs avaient été tués.

Ces atrocités se sont accompagnées d'une réduction au silence brutale de toute dissidence, visant les professionnels des médiasles universitaires, les défenseurs des droits humains et d'autres activistes.

Avec l'invasion totale de la Russie il y a deux ans la catastrophe tragiquement familière en matière de droits humains s'est étendue à l'ensemble du pays.

Une guerre d'invasion à grande échelle

Après des semaines d'escalade, le président russe Vladimir Poutine a donné l’ordre d’attaquer l’Ukraine le 24 février 2022, à 5 heures du matin. Cette invasion viole la Charte des Nations unies : c’est un “crime d’agression” au regard du droit international.

Nos chercheurs et chercheuses travaillent sur le terrain et à distance, pour interroger des survivants, des familles de victimes ou des témoins, appuyés par l’Evidence Lab, notre équipe d’investigation numérique de pointe (images satellites, vidéo, photos…). Ensemble, ils recoupent les informations et vérifient leur exactitude. Le but : établir des faits. Définir si le droit international humanitaire a été violé, et de quel type de violation il s'agit. Récolter des éléments de preuves. C’est un travail de recherche minutieux et de longue haleine.

Depuis le début de la guerre d'invasion à grande échelle menée par la Russie en Ukraine, nous avons publié plus d'une dizaine de rapports. Voici ce qu'ils dénoncent.

Le droit international humanitaire est violé

Depuis le début du conflit, nous avons documenté plusieurs attaques aveugles et l’utilisation par les forces armées russes d’armes non discriminantes, comme des bombes à sous-munitions, dans des zones urbaines. Nous avons également documenté des exécutions extrajudiciaires, notamment à Boutcha, et des attaques contre des civils et des infrastructures civiles, comme à Irpine, dans la banlieue de Kiev, ou à Marioupol. Il s’agit de violations graves du droit international humanitaire et de crimes de guerre.

L’invasion a déclenché une crise de très grande ampleur sur le plan humanitaire, des droits humains et du déplacement de population, qui a les caractéristiques de la pire catastrophe de ce type de l’histoire récente de l’Europe.

Agnès Callamard, Secrétaire générale d’Amnesty International

Les populations civiles sont prises pour cibles

Cette violence aveugle a coûté la vie à des milliers de civils, et des dizaines de villes et de villages ukrainiens sont assiégés. Pris entre deux feux ou attaqués par les forces armées russes, les Ukrainiennes et Ukrainiens se protègent comme ils peuvent, parfois enfermés dans des sous-sols, presque sans eau et sans nourriture. Malgré des températures négatives tout au long de l’hiver, les frappes de missiles russes ont continué de provoquer des coupures de courant et des black-out à travers l’Ukraine. Alors que les fournitures médicales, la nourriture et l’eau viennent à manquer, la population ukrainienne est confrontée à une catastrophe humanitaire sans précédent.

Chaque jour, l’ampleur de la crise des droits humains en Ukraine s’aggrave. Les Nations unies ont enregistré au moins huit millions d’Ukrainiens et d’Ukrainiennes réfugiés en Europe, majoritairement en Pologne. Mais même la fuite est parfois trop risquée, les cessez-le-feu étant peu ou pas respectés, et les couloirs humanitaires dangereux.

Nous avons également établi que des milliers de civils, dont des enfants, ont été déportés ou transférés illégalement vers la Russie et des territoires sous son contrôle.

La société civile russe est muselée

Quant à la Russie, Vladimir Poutine y mène une autre guerre : la guerre contre la liberté d’expression. Depuis le début de l’invasion russe, la censure fait loi (l’usage du mot « guerre » a purement et simplement été interdit), et la force règne en maître contre les manifestants anti-guerre. Le Kremlin veut faire taire toutes les voix dissidentes, contraires au discours officiel. Des milliers de personnes ont été arrêtées lors de manifestations en Russie depuis le début de la guerre. Des dizaines de journalistes ont dû abandonner leur travail et n’ont d’autre choix que de quitter le pays. La population russe n’a quasiment plus accès à une information objective et fiable.

Le président russe Vladimir Poutine, son gouvernement et les forces armées russes sont déterminés à cacher la vérité sur cette invasion, notamment sur les dizaines de milliers de crimes de guerre déjà recensés en Ukraine.

Nous demandons justice et réparation pour les victimes

Les responsables présumés de crimes doivent savoir que l’obligation de rendre des comptes et la justice triompheront de l’impunité. Il est du devoir de la communauté internationale d’y veiller. Dès le début du conflit, plusieurs enquêtes internationales et nationales sur les crimes relevant du droit international commis en Ukraine ont été ouvertes. Un signal encourageant dans la lutte contre l’impunité.

Mais une véritable justice pour l’Ukraine ne sera possible que si la communauté internationale apporte un soutien solide et durable aux mécanismes existants. Pour juger le crime d’agression et faire face aux dizaines de milliers de crimes de guerre recensées, de nouveaux mécanismes nationaux et internationaux doivent être envisagés. Ces enquêtes doivent prendre en compte les auteurs directs de bas niveau, mais aussi ceux qui se trouvent plus haut dans la chaîne de commandement.

Le 17 mars, une première étape a été franchie : la Cour Pénale Internationale a délivré un mandat d'arrêt contre le président russe et sa commissaire aux droits de l'enfant, Maria Lvova-Belova. Ils sont suspectés de crimes de guerre pour la déportation d’enfants ukrainiens. Si le M. Poutine ou Mme Lvova-Belova quittent la Russie, les États doivent leur refuser l'asile, les arrêter immédiatement et les remettre à la CPI. Un signal important pour l'Ukraine et le reste du monde.

Face à la multitude des crimes graves dont les dirigeants russes sont potentiellement responsables, nous attendons maintenant de la CPI et des autres acteurs de la justice qu'ils délivrent d'autres mandats d'arrêt dès que leurs enquêtes sur les crimes de droit international commis en Ukraine commenceront à porter leurs fruits.

Nous devons veiller à ce que tous les responsables de crimes relevant du droit international soient traduits en justice dans le cadre de procès équitables. Il est primordial que le peuple ukrainien reçoive la vérité, la justice et des réparations pour l'impact dévastateur que cette guerre a eu ces dix dernières années et continue d'avoir sur le peuple, la terre, l'infrastructure et l'économie de l'Ukraine

Denis Krivosheev

Agir

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Ukraine : une guerre sans fin ? - Amnesty International France