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Dans une maison de Tripoli le 11 août 2019

Dans une maison de Tripoli le 11 août 2019

Dans une maison de Tripoli le 11 août 2019

Contrôle des armes
enquête

L’enfer de la bataille de Tripoli

Nous avons enquêté des deux côtés de la ligne de front de cette bataille qui se déroule en Libye. Pour les civils, la situation est terrible.

Les belligérants qui prennent part à la bataille de Tripoli tuent et mutilent de très nombreux civils en lançant des attaques sans discrimination et en utilisant tout un arsenal d’armes explosives imprécises dans des zones urbaines peuplées.

Dans le cadre d'une première enquête approfondie, que nous avons menée en Libye des deux côtés de la ligne de front depuis que les combats ont éclaté, le 4 avril 2019, nous nous sommes rendus sur trente-trois sites de frappes aériennes et terrestres, à Tripoli et aux alentours.

Nous avons déterré les preuves de possibles crimes de guerre imputables au Gouvernement d'union nationale (GUN) reconnu par les Nations unies et à l’Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée, qui se livrent des combats dans la ville et aux alentours.

Nos experts dans la télédétection, les armes et les équipements militaires, les vérifications de photographies et de vidéos, ainsi que les membres de notre Service de vérification numérique, ont enquêté sur la plupart des frappes à partir de contenus disponibles en libre accès.

Lire aussi : À Tripoli, 1,2 million de civils en danger

Un mépris systématique du droit international

La situation sur place révèle un mépris systématique envers le droit international, favorisé par l’approvisionnement continu des deux camps en armements, en violation de l’embargo des Nations unies sur les armes.

D’après les chiffres de l’ONU, les combats des six derniers mois ont tué ou blessé plus de cent civils, dont des dizaines de migrants et de réfugiés détenus, et ont causé le déplacement de plus de 100 000 personnes. Les frappes aériennes, les tirs de barrages et les tirs d’artillerie ont touché des habitations civiles et des infrastructures clés, notamment plusieurs centres de soins de fortune, une école et un centre de rétention pour migrants, et ont contraint l’aéroport de Mitiga, unique liaison aérienne internationale de Tripoli, à fermer.

Certaines attaques étudiées ont été menées sans discrimination ou étaient disproportionnées : elles ont donc bafoué les principes fondamentaux du droit international humanitaire et pourraient constituer des crimes de guerre. Dans d’autres cas, la présence de combattants dans des habitations civiles et dans des centres médicaux ou à proximité, a mis des civils en danger.

Quel genre de guerre est-ce donc qui tue des civils, des familles, chez eux ? Que pouvons-nous faire ? Que Dieu nous vienne en aide »

Une femme dont l'époux, âgé de 56 ans, a été tué par un missile tombé dans sa chambre

Des enfants, parfois âgés de 2 ans seulement, qui jouaient devant chez eux, des proches assistant à des funérailles et de simples citoyens vaquant à leurs occupations quotidiennes comptent parmi les victimes d’homicides illégaux ou de blessures.

Lire aussi : la bataille de Tripoli

Un aéroport et des hôpitaux aussi attaqués

L’aéroport de Mitiga, le seul en état de fonctionner depuis des mois à Tripoli, est désormais fermé après avoir été la cible d’attaques répétées de l’ANL, qui ont aussi touché une école et des habitations civiles voisines, dans le cadre de ce qui s’apparente à des attaques menées sans discrimination. Nos experts ont examiné des cratères et des fragments d’armements sur plusieurs sites touchés par ces frappes et conclu à l’utilisation d’armes explosives non guidées à large rayon d’impact.

Par ailleurs, les attaques de l’ANL ont endommagé ou détruit plusieurs ambulances et hôpitaux de fortune où les combattants blessés recevaient des soins. Les professionnels de santé et les centres médicaux, y compris ceux qui soignent les combattants malades ou blessés, bénéficient d’une protection spéciale au titre du droit international humanitaire et ne devraient pas être pris pour cibles. Des combattants du GUN se servent d’hôpitaux de fortune et de centres médicaux à des fins militaires, les exposant ainsi aux attaques.

Un embargo sur les armes violé

Malgré l’embargo total sur les armes mis en place par l’ONU depuis 2011, les Émirats arabes unis soutiennent l’ANL et la Turquie soutient le GUN en procédant à des transferts illicites d’armes et en leur apportant une aide militaire directe.

La communauté internationale ne respecte toujours pas l’embargo sur les armes de l’ONU, que la Turquie, les Émirats arabes unis, la Jordanie et d’autres États enfreignent allègrement.

Alors que les deux parties au conflit continuent leurs offensives qui mettent en danger la vie de milliers de civils, quand la communauté internationale agira-t-elle ?

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