La guerre déclenchée en Iran s’étend à 12 pays et met en danger des millions de vies. Si deux cessez-le-feu ont été adoptés en Iran et au Liban, les attaques quotidiennes révèlent leur fragilité. Les populations civiles iraniennes et libanaises en paient le plus lourd tribut avec des milliers de civils tués et blessés.
Nous appelons à la fin des hostilités et exhortons les dirigeant·es du monde entier à urgemment mettre en place un cessez-le-feu durable dans toute la région.
Depuis les attaques illégales d’Israël et des Etats-Unis le 28 février 2026 contre l’Iran, la région du Moyen-Orient s’est à nouveau embrasée. Plus de 5 000 morts. Des dizaines de milliers de blessés. Des millions de personnes déplacées. Ce sont des millions de vies qui sont menacées dans douze pays de la région.
Au-delà des pertes humaines, la guerre au Moyen-Orient a entrainé la destruction d’infrastructures dont des sites pétroliers, gaziers et nucléaires à l’origine d’une dévastation environnementale et d’un choc économique mondial. Cette situation risque de provoquer une grave crise alimentaire comme alertent les Nations unies.
Le 7 avril et le 17 avril 2026, deux cessez-le-feu ont été mis en place entre les États-Unis et l’Iran ainsi qu’entre Israël et le Liban. Mais ces cessez-le-feu, fragiles et temporaires, ne sont pas respectés par les parties au conflit qui l’ont bafoué à de nombreuses reprises.
La seule solution crédible pour mettre fin aux souffrances des populations civiles est l’adoption d’un cessez-le-feu durable qui soit étendu à l’ensemble de la région. Les dirigeant·es du monde entier doivent sortir de l’inaction pour exiger le respect du droit international et ouvrir la voie à la justice.
La communauté internationale doit maintenant fixer une ligne rouge : il faut mettre en place un véritable cessez-le-feu s’inscrivant dans la durée, ce qui nécessite un arrêt total des hostilités armées de tous les côtés, dans tous les pays concernés.
En Iran, la population civile prise en étau
En Iran, la population est prise au piège entre le conflit armé et la répression sanglante menée par les autorités iraniennes.
Les attaques illégales israélo-étatsuniennes contre l’Iran du 28 février 2026 ont violé la charte des Nations unies qui interdit le recours à la force. Les deux pays ont opéré des dizaines de milliers de frappes aériennes contre l’Iran.
Entre le 28 février et le 7 avril 2026 – date de l’adoption d’un fragile cessez-le-feu entre les parties – le bilan de la guerre en Iran est dramatique :
3 377 morts
entre le 28 févier et le 7 avril 2026 selon les données officielles.
25 000 blessés
dont des centaines d’enfants.
Ces frappes ont entrainé des dommages considérables contre les infrastructures énergétiques iraniennes, les ponts, universités, écoles, bâtiments résidentiels, et les centres de santé.
A la veille du cessez-le-feu avec l’Iran, Donald Trump, menaçait de commettre des crimes de guerre, voire un génocide : « Une civilisation entière va disparaître ce soir, pour ne plus jamais renaître. ».
Face à ces attaques, l’Iran a répliqué en menant des attaques indiscriminées en Israël et dans les pays du Golfe, sans distinction entre les objectifs militaires et les populations civiles pourtant protégées par le droit international.
Les forces armées iraniennes ont également recruté des enfants soldats, dès l’âge de 12 ans, pour une campagne militaire. Nous avons dénoncé ces actes relevant de crimes de guerre.
Le conflit armé en Iran survient après les massacres particulièrement violents envers la population iranienne en janvier 2026 où les manifestations ont été écrasées dans le sang. Depuis la guerre, les autorités intensifient la répression envers les Iranien·nes. Le régime est acculé depuis qu’il est privé de son Guide suprême qui a mené un règne despotique pendant près de 37 ans. Le moindre opposant interne à la république islamique d’Iran est considéré comme un “ennemi” aux yeux des autorités iraniennes qui redoublent de menaces.
Au moins 19 personnes ont été exécutées par le régime depuis le début des hostilités : huit manifestants, neuf dissidents et deux personnes accusées d’espionnage pour le compte des Etats-Unis ou d’Israël. Les autorités ont également toujours recours aux détentions arbitraires, aux disparitions forcées et à la torture.
Avec les coupures massives d’internet en Iran, et les restrictions envers les organisations de défense des droits humains, il est difficile d’estimer les chiffres de la répression en Iran.
Un cessez-le-feu qui ne tient qu’à un fil en Iran
Si les Etats-Unis et l’Iran se sont accordés le 8 avril 2026 sur un cessez-le-feu, celui-ci n’est que temporaire. Les États-Unis et l’Iran continuent d’échanger des menaces et de procéder à des attaques et des saisies de navires dans le détroit d’Ormuz qui se trouve au cœur des échanges économiques mondiaux.
Au Liban, l’escalade des violences
Depuis le 2 mars 2026, et les attaques du Hezbollah contre Israël, le Liban est en proie à une nouvelle vague d’hostilités. Les attaques aériennes israéliennes se sont multipliées dans le pays, souvent au mépris des populations civiles.
Les journalistes qui veulent faire la lumière sur ces crimes internationaux sont également visés par Israël. La dernière journaliste en date, Amal Khalil, a été tuée le 22 avril 2026 par une frappe israélienne.
2294 personnes tuées
dont 177 enfants au Liban avant le cessez-le-feu du 17 avril 2026.
Plus de 7500 blessés
Israël émet des ordres d’évacuations massifs envers la population libanaise dans le sud du Liban et dans les banlieues sud de Beyrouth. Plus d’un million de personnes ont été déplacées dans le pays. Des villages fantômes se déploient à la frontière avec Israël. La population n’est pas autorisée à revenir dans les ruines de leurs maisons, sous peine de se faire tirer dessus.
Le 8 avril 2026 restera un “mercredi noir” dans la mémoire collective libanaise. Plus de 100 frappes en l’espace de 10 minutes ont tué plus de 350 personnes au Liban, sans aucune alerte préalable des autorités israéliennes.
L’impunité totale dont jouit Israël depuis ses attaques illégales envers le Liban en 2024 a nourri cette nouvelle escalade de violences en 2026.
Le cessez-le-feu quotidiennement bafoué au Liban
Si le cessez-le-feu du 17 avril a permis de diminuer les hostilités au Liban, il n’a pas permis d’y mettre fin.L’armée israélienne, encore présente sur le territoire libanais, détruit quotidiennement des villages dans le sud du Liban, à la frontière israélienne. Elle a mis en place une “zone tampon”. La population est interdite dans ce territoire délimité par une ligne jaune qui rappelle sombrement celle mise en place à Gaza. Le Hezbollah a également maintenu ses attaques dans le nord d’Israël, malgré le cessez-le-feu.
L’inefficacité de ce nouveau cessez-le-feu au Liban est comparable à l’échec de celui mis en place dans le pays en 2024 lorsqu’Israël avait continué ses attaques contre les populations civiles. Il rappelle également l’échec du cessez-le-feu à Gaza d’octobre 2025, qui ne permet pas d’empêcher le génocide. 765 Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes depuis le cessez-le-feu.
Un conflit qui s’étend à 12 pays
Des millions de vies sont menacées dans 12 pays au Moyen-Orient depuis le déclenchement de ce conflit. Dans les pays du Golfe, les attaques indiscriminées de l’Iran n’ont pas ciblé que les bases aériennes américaines. Elles ont provoqué la mort d’au moins 29 personnes aux Emirats arabes unis, au Koweït, au Bahreïn, à Oman et en Arabie saoudite.
En Israël, la population civile est également victime des tirs de missiles iraniens et des tirs de roquettes du Hezbollah. Au moins 34 personnes ont été tuées, dont 21 civils et 13 soldats.
Le conflit n’épargne pas les territoires palestiniens occupés par Israël. Quatre femmes palestiniennes ont été tuées en Cisjordanie occupée par des tirs de missiles iraniens.
Cette dernière escalade dans la région fait suite à plus de deux ans et demi de conflit incessant au Moyen-Orient, depuis les attaques du Hamas contre des civil·es dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023 jusqu’au génocide israélien contre la population palestinienne de la bande de Gaza occupée, en passant par les attaques israéliennes de 2024 contre le Liban.
L’urgence d’un cessez-le-feu durable et régional
L’inaction de la communauté internationale met en danger des millions de vie dans la région du Moyen-Orient. Nous appelons les dirigeants du monde entier à œuvrer d’urgence à la mise en place d’un cessez-le-feu durable, respecté par toutes les parties au conflit. Ce cessez-le-feu doit être accompagné de mesures pour défendre les droits humains à long terme dans la région :
- En Iran, les efforts diplomatiques doivent à la fois obtenir un cessez-le-feu durable et empêcher les crimes commis par les autorités iraniennes envers la population. Nous les exhortons à soutenir la société civile iranienne qui demande des changements profonds, dont des amendements de sa constitution pour une meilleure protection des droits humains.
- Au Liban, des mesures doivent être adoptées pour mettre fin aux déplacements forcés de la population libanaise, à la destruction des infrastructures civiles et à la zone tampon occupée par l‘armée israélienne à la frontière sud du Liban. Tous les déplacés doivent avoir droit au retour.
Seul un cessez-le-feu durable et régional pourra mettre fin aux hostilités qui menacent des millions de vie dans la région mais aussi au-delà. Il doit également permettre d’ouvrir la voie à la justice : les crimes internationaux doivent faire l’objet d’enquêtes et leurs responsables doivent être poursuivis.
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