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Affiches de l'exposition « Les uns envers les autres » visible à Paris du 7 décembre 2018 au 12 janvier 2019 à l'occasion du 70ème anniversaire de la DUDH © Privé

Affiches de l'exposition « Les uns envers les autres » visible à Paris du 7 décembre 2018 au 12 janvier 2019 à l'occasion du 70ème anniversaire de la DUDH © Privé

Affiches de l'exposition « Les uns envers les autres » visible à Paris du 7 décembre 2018 au 12 janvier 2019 à l'occasion du 70ème anniversaire de la DUDH © Privé

tribune

La Déclaration universelle des droits de l’homme, une boussole pour l’humanité

Sylvie Brigot-Vilain, directrice générale d'Amnesty International France, porte son regard sur la force de la Déclaration universelle des droits de l'homme depuis 1948.

Il y a 70 ans, dans un monde marqué par les atrocités de la Seconde Guerre mondiale et une guerre froide qui s’installe de façon forte avec le coup de Prague et le blocus de Berlin, la toute jeune organisation mondiale des Nations unies parvenait à faire adopter la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH).

C’était à Paris, au Palais de Chaillot, le 10 décembre 1948, une date qui est désormais la Journée internationale des droits de l’homme.

En Europe et en Afrique, dès l'antiquité, d'autres textes posèrent les premiers jalons des droits de l'homme (voir vidéo ci-dessus). L'adoption de la déclaration de 1948 constitue cependant une avancée historique.

Pour la première fois, le monde s’entendait pour définir ce qui est commun à chaque être humain, sans exception, quels que soient sa nationalité, son sexe, sa religion.

Cette avancée, on la doit principalement à la ténacité d’une poignée de diplomates et de juristes, talentueux et courageux, parmi lesquels René Cassin, mandatés pour rédiger le texte sous l’impulsion déterminée et humaniste d’Eleanor Roosevelt. Ils sont parvenus à dépasser les clivages et les particularismes pour affirmer :

« une aspiration commune à permettre à tous les êtres humains d’accéder à un niveau de vie plus élevé et de jouir d’une plus grande liberté ».

Le préambule de la Déclaration précise qu’elle est « un idéal commun à atteindre par tous les peuples et pour toutes les nations »; ses 30 articles énoncent, en termes simples, les droits civils et politiques mais aussi économiques, sociaux et culturels. Des droits qui permettent de vivre dignes et libres.

Traduite dans plus de 500 langues, la DUDH est la feuille de route pour l’humanité, un texte visionnaire qui nous rassemble toutes et tous.

La force du texte est d’avoir affirmé son universalité. Un universalisme qui a trait à sa conception, à ses destinataires et à son contenu. C’est en particulier René Cassin qui a défendu l’utilisation du terme universel, et non international, pour préciser que les rédacteurs de la déclaration ne « travaillaient pas pour les gouvernements, mais pour les peuples ».

Depuis 70 ans, des avancées notables

Depuis 70 ans des progrès significatifs ont été atteints.

Un droit international des droits humains a été développé afin de préciser ces droits dans une série de traités internationaux contraignants.

En 1950 c’est la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) qui est adoptée. Puis la Convention internationale sur l'élimination et la répression du crime d'apartheid (1973), celle contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (1984), ou encore la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées (2006).

Un droit international qui commence également à prendre en compte la responsabilité des entreprises avec l’adoption en 2011 des Principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme : c'est la mise en œuvre du cadre de référence « protéger, respecter et réparer » des Nations Unies.

Ces 70 ans ont vu également l’adoption de conventions d’interdiction d’armes indiscriminées telles que les mines antipersonnel, les armes à sous-munitions ou plus récemment les armes nucléaires. Et bien sûr, en 2014 le Traité sur le commerce des armes.

Des outils puissants et importants ont été créés pour faire reculer l’impunité et juger les personnes, quelle que soit leur fonction, pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide. Des crimes qui sont devenus imprescriptibles.

Nous avons également vu la création des tribunaux pénaux internationaux pour le Rwanda et l’Ex-Yougoslavie, ainsi que l’entrée en vigueur du Statut de Rome et la création de la Cour Pénale Internationale.

Le combat contre le recours à la peine de mort est devenu universel avec 142 pays abolitionnistes en droit ou en pratique.

Le bilan des objectifs du Millénaire, adoptés en 2000 par les États membres de l'ONU, a mis en lumière un recul important de l’extrême pauvreté dans le monde.

Ces 70 ans ont vu l’essor d’une société civile enthousiaste, forte, mondiale, véritable contre-pouvoir des autorités et lobbys traditionnels.

Un combat à poursuivre

Ces avancées tangibles, qui concrétisent la vision initiale de la DUDH ne peuvent pourtant pas faire oublier que les droits de milliers de personnes sont encore bafoués et violés, parfois à des niveaux extrêmes et dans tous les pays.

Notre travail au quotidien en atteste quand nous enquêtons pour dénoncer ces violations trop fréquentes et qui sont la stricte négation des droits de la DUDH.

Le droit à la liberté, à l’égalité, à la possibilité de se rassembler pacifiquement, de se former en association, le droit d’aimer qui l’on veut, le droit à l’éducation, à la santé, le droit d’asile, et bien d’autres encore...

Ces droits civils et politiques, et ces droits économiques, sociaux et culturels sont indissociables de notre liberté et de notre émancipation et il nous faut aujourd’hui défendre leur caractère indivisible, interdépendant et inaliénable.

Soixante-dix ans après son adoption, la force morale de la Déclaration universelle des droits de l’homme est indéniable et sa lecture inspirante pour nous tous. Elle est une invitation à l’action.

Les États qui sont censés garantir ces droits, sont souvent les premiers responsables de ces violations. Souvent imités en cela par des acteurs privés, telles que des grandes entreprises.

Leurs actes, mais aussi leurs propos plus ouvertement hostiles ou belliqueux, sont des menaces concrètes à l’encontre les droits humains.

Alors, plus que jamais ces dangers pour les droits humains requièrent notre mobilisation.

Chaque jour dans le monde, des milliers de militants d’Amnesty International mènent avec détermination ce combat pour les droits humains et pour la protection de ceux et celles qui les défendent, souvent au péril de leur liberté, de leur sécurité ou de leur vie.

Aujourd’hui défendre les droits humains, c’est aussi et avant tout défendre ces hommes et femmes courageux qui s’engagent pour plus de justice, de dignité et d’égalité.

Leur appel a été solennellement entendu à l’issue du 2nd Sommet mondial des défenseurs, qui a rassemblé plus de 160 d’entre eux à Paris en octobre dernier.

Tous et toutes, militants et défenseurs des droits humains, nous sommes animés par la même conviction qu’il vaut mieux agir que se résigner face aux injustices, que le combat pour les droits n’est pas une utopie et que des victoires sont possibles.

Tous nous partageons la conviction que l’universalité des droits, l’exigence de justice et de réparations quand des violences ont eu lieu ne sont pas une suite de concepts abstraits ou de vœux pieux, mais un socle précieux pour penser et agir notre humanité, avec humanité.

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