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Le lieutenant général Mohamed Hamdan Dagalo du Soudan brandit un stylo avant de signer le document de l'accord de paix entre le gouvernement et les groupes rebelles à Juba, au Sud Soudan, le 31 août 2020. © Akuot Chol / AFP

Le lieutenant général Mohamed Hamdan Dagalo du Soudan brandit un stylo avant de signer le document de l'accord de paix entre le gouvernement et les groupes rebelles à Juba, au Sud Soudan, le 31 août 2020. © Akuot Chol / AFP

Le lieutenant général Mohamed Hamdan Dagalo du Soudan brandit un stylo avant de signer le document de l'accord de paix entre le gouvernement et les groupes rebelles à Juba, au Sud Soudan, le 31 août 2020. © Akuot Chol / AFP

Actualité

Un accord de paix fait renaître l’espoir au Soudan

Au Soudan, un accord de paix a été signé le 31 août, à Djouba, entre le gouvernement et des rebelles. Il doit mettre fin à près de vingt ans de souffrances.

C’est une lueur d’espoir pour des millions de Soudanais. Après 17 années de guerre et plus de 10 mois de négociations, un accord de paix a finalement été conclu entre le gouvernement soudanais et le Front révolutionnaire soudanais, une coalition de neuf formations politiques et groupes armés issus de différentes régions du pays ravagées par les conflits (Darfour, Kordofan du Sud, Nil Bleu…). 

Rien qu’au Darfour, la guerre a fait au moins 300 000 morts et plus de 2 millions de personnes déplacées depuis le début du conflit en 2003.  

Un succès fragile 

« Les signataires de cet accord doivent faire tout leur possible pour parvenir à une paix durable qui apportera justice et stabilité au pays » a déclaré Deprose Muchena, notre directeur pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe. Mais l’absence de certains groupes armés à la table des négociations pourrait fragiliser ce succès. 

Deux groupes armés ont particulièrement brillé par leur absence lundi, lors de la signature de cet accord historique : le Mouvement de libération du Soudan (MLS) d’Abdelwahid Al-Nour, l’un des principaux groupes armés au Darfour qui a refusé depuis le début de participer aux pourparlers de paix, et le Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (MPLS-N) d’Abdelaziz Al-Hilu, qui contrôle des secteurs du Kordofan du Sud et du Nil Bleu.  

Rétablir la justice 

Au-delà des nouveaux cycles de négociations qui devront être entamés avec ces forces en vue d’une consolidation de l’accord de paix, les autorités du pays devront également rendre des comptes pour les violations des droits humains commises lors des conflits meurtriers depuis l’indépendance, et plus récemment sous le régime d’Omar el Béchir, qui a favorisé la culture de l’impunité dans le pays. 

« La plupart des belligérants ayant validé cet accord, le gouvernement du Soudan doit maintenant mener des investigations approfondies, efficaces et impartiales sur les allégations de graves violations du droit international humanitaire et relatif aux droits humains perpétrées par les forces armées soudanaises et leurs milices alliées, ainsi que par les groupes armés d’opposition » a déclaré notre chercheur. 

Dans les États du Nil Bleu, du Darfour et du Kordofan du Sud, les droits humains ont été systématiquement bafoués par le gouvernement de l’ancien président Omar el Béchir, et la population a enduré de terribles violences imputables à toutes les parties engagées dans le conflit. Il est donc essentiel que le gouvernement apporte la stabilité, la justice et la responsabilisation, afin de remettre le pays sur les rails d’une solide reprise. 

Le gouvernement doit aussi s’efforcer d’intégrer et d’impliquer d’autres groupes d’intérêt, comme les personnes déplacées à l’intérieur du pays et la société civile, afin qu’ils puissent apporter des solutions aux nombreux défis que le Soudan doit relever. 

6 choses à savoir sur la situation au Soudan 

 

Le Soudan est un pays très marqué par des conflits internes depuis son indépendance en 1956. Arrivé au pouvoir en 1989, le gouvernement de l’ancien président Omar el Béchir a aggravé la situation car il a violemment réprimé les droits humains en s’appuyant sur des milices armées, dont certaines se sont muées en partis politiques militarisés qui se battent pour des communautés ethniques marginalisées dans les États du Darfour, du Kordofan du Sud et du Nil Bleu. 

Le conflit au Darfour a éclaté en février 2003, lorsque le Mouvement de libération du Soudan (MLS), alors uni, et le Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE) ont déclaré la guerre au gouvernement. La réponse extrêmement brutale des forces armées gouvernementales, alliées aux milices janjawids, a fait environ 300 000 morts et plus de 2 millions de personnes déplacées sur une période de 17 ans.   

En 2005, le Conseil de sécurité de l’ONU a saisi la Cour pénale internationale (CPI) de la situation au Darfour, à la suite de l’enquête menée par la Commission internationale d'enquête sur le Darfour. La Commission a conclu que des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre ont été commis au Darfour.

La CPI a décerné des mandats d’arrêt contre quatre hauts responsables soudanais, dont l’ancien président Omar el Béchir. Ce dernier est inculpé de cinq chefs d’accusation de crimes contre l’humanité, de deux chefs de crimes de guerre et trois chefs d’accusation de génocide. Ces crimes auraient été commis entre 2003 et 2008. 

Le conflit au Kordofan du Sud a quant à lui éclaté en juin 2011 et s’est étendu à l’État du Nil Bleu en septembre 2011, lorsque les forces gouvernementales ont combattu leMouvement populaire de libération du Soudan-Nord (MPLS-N), contraignant pas moins de 200 000 civils à se réfugier au Soudan du Sud. Depuis neuf ans, 1,5 million de personnes ont été déplacées à l’intérieur de ces deux États. 

La feuille de route pour la paix signée entre les belligérants en mars 2016 a apaisé les combats, permettant au panel de haut niveau de l’Union africaine, présidé par l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki, de piloter des négociations de paix, qui ont échoué malgré plusieurs tentatives. Les efforts de ce panel ont été rattrapés par les manifestations populaires de décembre 2018 qui ont conduit à l’éviction du président Omar el Béchir en avril 2019.  

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