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Syrie. La mort par balle d’un enfant dans le camp d’al Hol doit inciter la communauté internationale à agir

Au moins un enfant a été tué et trois autres blessés par les forces de l’Asayesh, la police de l’Administration autonome kurde syrienne, qui ont ouvert le feu dans le camp d’al Hol lundi 7 février, a confirmé Amnesty International. Trois femmes ont également été blessées.

L’Asayesh, qui contrôle ce camp très étendu dans le nord-est de la Syrie, et ferme les portes de celui-ci aux acteurs extérieurs, a fait feu pour des raisons inconnues sur des femmes et des enfants dans l’Annexe, une zone de ce camp qui accueille l’ensemble des femmes et des enfants venus de pays tiers (autres que l’Irak), selon des personnes ayant connaissance de la situation sur place. 

« La mort d’un mineur à al Hol rappelle au monde de manière glaçante les conditions éprouvantes dans lesquelles des dizaines de milliers d’enfants vivent depuis des années. L’inaction internationale honteuse face au sort de ces enfants a des conséquences. Dans ce cas, des enfants ont été visés par des tirs », a déclaré Diana Semaan, spécialiste de la Syrie à Amnesty International.

« Les États dont des ressortissant·e·s se trouvent à al Hol doivent agir de manière décisive afin de mettre un terme aux horreurs décrites dans le camp, et rapatrier les dizaines de milliers d’enfants vivant sur place. Les gouvernements doivent honorer les obligations qui sont les leurs en vertu du droit international relatif aux droits humains, et prendre toutes les mesures qui s’imposent afin de faire respecter le droit de chaque enfant à la vie, à la survie et au développement. »

Amnesty International demande à l’Administration autonome de lancer dans les meilleurs délais une véritable enquête sur ces tirs, de libérer tous les enfants soumis à une détention arbitraire et de mettre un terme à la pratique consistant à séparer les enfants de leur mère et des autres personnes qui s’en occupent. La communauté internationale doit aider l’Administration autonome à protéger la vie et les droits des mineur·e·s dans le camp d’al Hol, et veiller à ce que les enfants syriens, leurs mères et les autres personnes qui s’en occupent puissent retrouver la sécurité.

Complément d’information

Depuis 2019, lorsque le conflit avec le groupe armé État islamique (EI) en Syrie a pris fin, quelque 60 000 Syrien·ne·s, Irakien·ne·s et ressortissant·e·s d’autres pays, majoritairement des femmes et des enfants, sont détenus au camp d’al Hol sans avoir accès à une procédure régulière, selon le Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations unies. Le camp héberge des personnes affiliées à des degrés divers à l’EI, mais aussi des milliers de personnes n’ayant aucun lien avec le groupe armé, qui ont afflué dans le camp parce qu’elles fuyaient le conflit.


Depuis deux ans, les enfants qui vivent dans le camp d’al Hol n’ont pas d’accès adéquat à la nourriture, à l’eau potable ni aux services essentiels tels que les soins de santé et l’éducation. L’Administration autonome détient de manière arbitraire des garçons de 12 ans, sépare des enfants âgés de deux ans des personnes qui s’en occupent, et restreint l’accès aux soins de santé. Le travail accru des enfants, les violences et les meurtres ont de graves répercussions sur leur croissance et leur développement.

Fin janvier, lors d’échanges de tirs entre les Forces démocratiques syriennes et l’EI, des centaines de mineur·e·s retenus dans un centre de détention destiné aux adultes, à Hassaké, se sont retrouvés bloqués sur place pendant 10 jours, avec un accès limité à de la nourriture et des soins médicaux. Selon l’UNICEF, des enfants continuent à être détenus dans des prisons pour adultes dans des conditions très difficiles. 

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