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© Mohamed Abdiwahab/AFP/Getty Images

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Somalie

Les droits humains en Somalie en 2019

Le conflit qui perdurait avait un effet dévastateur sur la population civile et plus de 1 000 personnes ont été tuées et blessées. 

Les autorités réprimaient les voix dissidentes, y compris des journalistes et des membres de l’opposition, portant atteinte à leurs droits à la liberté d’expression et de réunion, et dans certains cas, elles ont fait un usage excessif de la force ayant entraîné la mort. 

Al Shabab restreignait également fortement la capacité des journalistes à remplir leur mission. 

Les violences sexuelles faites aux femmes et aux filles demeuraient répandues. 

Plus de 300 000 personnes ont été contraintes de se déplacer en raison du conflit, de la sécheresse et des inondations. 

Plus de 2,6 millions de personnes déplacées demeuraient confrontées au risque d’être victimes d’exploitation et de violences.

L’impunité pour les auteurs de violations des droits humains était répandue. 

En 2018 et en 2019, les tensions politiques se sont intensifiées. Aux côtés de leurs partenaires internationaux, les autorités fédérales et régionales somaliennes se sont concentrées sur la lutte contre Al Shabab et sur l’organisation des élections, notamment l’élection du président de l’État du Sud-Ouest fin 2018, les élections parlementaires et présidentielles du Puntland début 2019 et les élections parlementaires et présidentielles du Jubaland en août 2019. 

Les élections ont été marquées par des conflits politiques internes et des allégations de fraude, et les autorités ont étouffé la liberté d’expression et de réunion, et dans certains cas, ont fait usage d’une force excessive, entraînant de nombreuses victimes parmi les civils. 

CONFLIT ARMÉ 

Toutes les parties au conflit ont commis des violations du droit international humanitaire et du droit international relatif aux droits humains. La Mission d’assistance des Nations unies en Somalie (MANUSOM) a recensé 1 154 victimes parmi la population civile à la mi-novembre, dont 67 % étaient attribuées à des attaques ciblées et indiscriminées, en majeure partie aux mains du groupe armé Al Shabab. Le groupe prenait régulièrement pour cible des civils et des infrastructures civiles, menant des attaques indiscriminées et exécutant sommairement des personnes perçues comme étant liées au gouvernement, ainsi que des journalistes et d’autres civils. Le groupe a revendiqué une série d'attaques, y compris l’attentat au camion piégé au mois de décembre qui a causé la mort de près de 100 personnes et en a blessé 78 au carrefour Ex-control dans la capitale, Mogadiscio. 

Les opérations militaires contre Al Shabab ont fait des dizaines de morts et de blessés parmi la population civile souvent à la suite d'attaques indiscriminées menées par les forces somaliennes et leurs alliés, y compris l'armée des États-Unis et la Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM). 

D'autres personnes civiles, prises entre des tirs croisés, ont perdu la vie dans les affrontements de clans qui perduraient dans certaines régions du pays. 

L’AFRICOM (le Commandement des États-Unis pour l'Afrique responsable des opérations militaires, y compris celles concernant des conflits régionaux) a continué d’avoir recours à des drones et à des aéronefs avec équipage pour mener au moins 36 attaques, dont certaines ont fait des victimes civiles. En mars, au moins trois fermiers ont été tués lors d’une frappe aérienne qui a touché leur véhicule près du hameau d’Abdow Dibile, dans le Bas-Shabelle. Depuis fin 2017, les attaques de drones menées par les États-Unis ont tué 17 civils et en ont blessés huit autres. 

Le 5 avril, à la suite de la publication de plusieurs rapports pourtant sur les victimes civiles des frappes aériennes menées par les États-Unis, dont un rapport d’Amnesty International, l’AFRICOM a reconnu avoir tué deux civils en Somalie en 2018, et a déclaré qu'elle procéderait à un audit de ses frappes aériennes depuis 2017. À la fin de l'année, elle n'avait pas communiqué d’éléments relatifs à l’avancée de cet audit ni d’autres conclusions. 

L’AMISOM n’a fourni aucune information sur l’avancée ou les conclusions de l’enquête qu’elle avait lancée sur les homicides présumés illégaux de quatre hommes non armés par ses forces à Mogadiscio en novembre 2018. 

LIBERTÉ D’EXPRESSION 

Des journalistes ont été battus, harcelés, menacés, soumis à des arrestations arbitraires et à des manœuvres d’intimidation par les autorités, y compris des membres de la police, de l’armée et d’autres représentants de l’État dans la région centre-sud de la Somalie et dans le Puntland. Des membres d’Al Shabab ont également agressé, intimidé et menacé spécifiquement des journalistes. En juillet, deux journalistes ont été tués dans une attaque menée par Al Shabab à Kismaayo. 

Les autorités ont restreint l’accès à l’information et ont utilisé de nouvelles techniques afin de restreindre la liberté de la presse, y compris en soudoyant les médias pour qu’ils s’autocensurent et en harcelant des journalistes et d’autres voix critiques, en ligne et hors ligne. En juin, les comptes Facebook de 10 journalistes ont été définitivement supprimés sans que la plateforme ne les en ait avertis au préalable. 

Au moins huit journalistes ayant fui la Somalie entre fin 2018 et fin 2019 suite à des menaces de mort demeuraient en exil. 

Selon l’Indice mondial de l’impunité publié en octobre par le Comité pour la protection des journalistes, la Somalie avait, pour la cinquième année consécutive, le bilan le plus faible en matière de poursuites judiciaires engagées contre des personnes soupçonnées d’avoir assassiné des journalistes. Depuis 2017, au moins huit journalistes ont été tués dans la région centre-sud de la Somalie et dans le Puntland, dont deux en 2019. À l'exception de deux affaires, dont une dans laquelle un officier de police a été condamné par contumace pour l’homicide d’un journaliste à Mogadiscio en 2018, personne n'a été tenu de rendre des comptes par rapport aux autres homicides. L’officier de police était toujours en fuite à la fin de l’année. 

En janvier, les autorités ont expulsé le représentant spécial des Nations unies pour la Somalie après qu’il avait fait part de ses inquiétudes concernant l’homicide de manifestants à Baidoa par les forces de sécurité après les élections locales dans le sud-ouest du pays. Après son expulsion, les Nations unies ont suspendu leurs rapports mensuels sur la situation des droits humains en Somalie. 

LIBERTÉ D’EXPRESSION AU SOMALILAND 

La censure, les manœuvres de harcèlement et les poursuites judiciaires visant des personnes critiques à l’égard du gouvernement étaient en hausse dans le Somaliland. Les autorités ont fermé au moins trois organes de presse à l’issue de perquisitions dans leurs locaux, elles ont arrêté arbitrairement et poursuivi en justice des individus perçus comme critiques à l’égard des politiques gouvernementales, y compris des poètes, des journalistes et des membres de l’opposition politique. Selon le Centre des droits humains, une organisation locale, 88 personnes, dont 26 journalistes, avaient été arrêtées pour des motifs liés à l’exercice de leur droit à la liberté d’expression et d’opinion. 

Des hauts responsables politiques de l'opposition, y compris, le secrétaire général du parti Wadani, Khadar Hussein Abdi, son porte-parole, Barkhad Jama Batun et Mohamed Sidiq Dhame, le dirigeant de la branche jeunesse du parti, ont été arrêtés arbitrairement après avoir critiqué les politiques du gouvernement. Ils ont été libérés par la suite, mais Mohamed Sidiq Dhame a été poursuivi au motif d’accusations sans fondement. 

En avril, Abdimalik Muse Oldon, un journaliste indépendant, a été arrêté devant son domicile à Burao pour avoir critiqué le président Muse Bihi Abdi sur Facebook. Il a été inculpé de « propagande contre le pays » et de « diffusion de fausses informations » et a été condamné en juillet à une peine de trois ans et demi de prison. Il était toujours détenu à la fin de l’année.  

Bien que la Constitution du Somaliland de 2001 garantisse le droit à la liberté d’expression, y compris la liberté de presse, les autorités continuaient à engager des actions en justice en vertu du Code pénal de 1964 qui comportait des dispositions excessivement larges et formulées en termes vagues pouvant être utilisées à mauvais escient pour restreindre la liberté d’expression. 

VIOLENCES LIÉES AU GENRE 

Les violences sexuelles envers les femmes et les filles demeuraient répandues dans la région centre-sud de la Somalie et dans le Puntland. Les Nations unies ont documenté plus de 100 incidents de violences sexuelles contre des jeunes filles. Les attaques étaient très peu signalées en raison du climat d’impunité ainsi que de la stigmatisation et de la peur associées à ce crime qui empêchaient de nombreuses victimes de parler. 

En février, Aisha Ilyas Adan, âgée de 12 ans, a été victime d’un viol en réunion puis tuée dans le nord de Gaal Kacyo, dans le Puntland. Suite à l’indignation publique suscitée par cette affaire, plusieurs suspects ont été arrêtés et poursuivis en justice. En février 2020, deux hommes ont été fusillés par un peloton d’exécution dans la ville de Bosaso, dans le Puntland, pour leur implication présumée dans le viol et le meurtre d'Aisha Ilyas Adan.   

PERSONNES DÉPLACÉES À L’INTÉRIEUR DU PAYS 

Les conflits, auxquels se sont ajoutés des épisodes récurrents de sécheresse et d’inondations, ainsi que les obstacles à l'accès à l'aide humanitaire, ont conduit plus de 300 000 personnes à se déplacer à l’intérieur du pays. Plus de 2,6 millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays risquent toujours d’être victimes d'exploitation et de violences, y compris des violences sexuelles et des expulsions forcées. Les femmes et les enfants dans les camps de personnes déplacées étaient particulièrement vulnérables face aux violences, à la marginalisation et à l'exclusion. 

En novembre, le président a ratifié la Convention de l'Union africaine sur la protection et l'assistance aux personnes déplacées en Afrique, également connue sous le nom de Convention de Kampala.

Peine de mort: non abolitionniste

La peine de mort est inscrite dans la législation du pays.

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