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© EDGAR SU/Reuters/Corbis

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Singapour : la situation des droits humains en 2021

Chaque année, nous publions notre Rapport annuel sur la situation des droits humains dans le monde. Un an d’enquête, 154 pays analysés. Voici ce qu’il faut savoir sur les droits humains à Singapour en 2021.

Des poursuites pour diffamation et des lois répressives ont été utilisées contre des défenseur·e·s des droits humains et des personnes qui critiquaient le gouvernement, donnant lieu à des condamnations à de lourdes amendes et à des peines d’emprisonnement. Une nouvelle loi a encore restreint les droits à la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association.

Liberté d’expression

Cette année encore, des responsables politiques ont intenté des procès en diffamation afin de faire taire les critiques. En février, le blogueur et militant Leong Sze Han a été condamné à verser 133 000 dollars de Singapour (99 000 dollars des États-Unis) de dommages et intérêts à la suite d’une plainte déposée par le Premier ministre. Il avait partagé sur les réseaux sociaux un article d’information reliant Lee Hsien Loong à un scandale de corruption. En septembre, Terry Xu et Rubaashini Shunmuganathan, du site d’information indépendant The Online Citizen, ont aussi été déclarés coupables de diffamation à l’encontre du Premier ministre et condamnés à payer 210 000 dollars de Singapour (156 138 dollars des États-Unis). Plus tard dans le mois, The Online Citizen a été contraint de fermer son site internet et ses comptes sur les réseaux sociaux après avoir été accusé par les autorités de ne pas avoir déclaré ses sources de financement. En novembre, Terry Xu et Daniel de Costa ont été déclarés coupables de diffamation à l’égard de membres du gouvernement. Ils n’avaient pas encore été jugés à la fin de l’année. Le Parlement a adopté en octobre la Loi sur les mesures de lutte contre l’ingérence étrangère (FICA), qui accordait de nouveaux pouvoirs très étendus au gouvernement, notamment celui de supprimer ou de bloquer l’accès à des contenus en ligne en cas de soupçons d’« ingérence étrangère ». Cette loi introduisait également de lourdes peines pour les médias et les autres organismes ou personnes soupçonnés d’être des « agents de l’étranger ».

Liberté de réunion

En février, le défenseur des droits humains Jolovan Wham a été déclaré coupable d’infractions à la Loi relative à l’ordre public et à la Loi sur le vandalisme pour avoir participé, en 2017, à des manifestations pacifiques contre des violations des droits humains. Il a passé 22 jours en prison. Jolovan Wham a de nouveau comparu devant un tribunal en août pour s’être pris en photo avec une pancarte devant un tribunal où étaient jugés Terry Xu et Daniel de Costa, en 2018.

Droits des personnes migrantes

Une femme a été condamnée en juin à 30 ans de prison pour avoir affamé, torturé et tué son employée domestique en 2016. En raison des restrictions liées à la pandémie de COVID-19, des travailleuses et travailleurs migrants à faibles revenus ont été contraints de rester confinés dans des dortoirs et des lieux de travail surpeuplés. En novembre, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale [ONU] a examiné le rapport de Singapour et lui a recommandé de renforcer la protection des travailleuses et travailleurs migrants, en particulier des employées de maison.

Droits des lesbiennes, des gays et des personnes bisexuelles, transgenres ou intersexes

En janvier, une étudiante transgenre a affirmé que le ministère de l’Éducation l’avait empêchée de suivre le traitement hormonal de substitution qui lui avait été prescrit. Trois étudiant·e·s arrêtés en janvier pour avoir manifesté contre la discrimination à l’égard des personnes LGBTI+ dans les établissements scolaires ont été libérés sous caution. En novembre, ils ont reçu, avec trois autres étudiant·e·s, un avertissement de la police pour avoir organisé une manifestation sans autorisation.

Peine de mort

L’exécution programmée en novembre de Nagaenthran Dharmalingam, ressortissant malaisien condamné automatiquement à mort pour trafic de stupéfiants, a déclenché une vague de protestations à l’échelle internationale. Cet homme a été diagnostiqué comme présentant un handicap intellectuel. À la fin de l’année, son appel n’avait pas encore été examiné.

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Singapour : la situation des droits humains en 2021 - Amnesty International France