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©Patricia De Melo Moreira/AFP/Getty Images

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Portugal

Les droits humains au Portugal en 2020

Les mesures prises par le gouvernement pour faire face à la pandémie de COVID-19 ont mis en évidence des lacunes dans la réalisation des droits à la santé et au logement. Les Roms ont continué d’être en butte à la discrimination. Un homme est mort des suites des coups qu’il a reçus pendant sa détention par la police aux frontières. Les poursuites judiciaires et les condamnations pour des violences liées au genre sont restées rares. 

CONTEXTE

Entre le 18 mars et le 2 mai, le gouvernement a instauré l’état d’urgence pour enrayer la progression de la pandémie de COVID-19, mettant en place des restrictions du droit de circuler librement et du droit à la liberté de réunion, y compris pour des motifs religieux ou pour manifester. Le 9 novembre, il a pour la deuxième fois déclaré l’état d’urgence, qui a été prolongé jusqu’à la fin de l’année et qui s’est accompagné de restrictions du droit de circuler librement et des rassemblements. 

DROIT À LA SANTÉ

L’Ordre des médecins portugais a signalé que plus de la moitié des médecins ont manqué d’équipements de protection individuelle adéquats pendant la première période d’état d’urgence, et qu’un tiers d’entre eux ont continué d’en manquer jusqu’à la fin du mois de juin. En novembre, le nombre de professionnels de la santé ayant contracté le COVID-19 s’élevait à 8 755. 

À la fin de l’année, 6 972 personnes âgées en maison de retraite étaient mortes du COVID-19, représentant un tiers des décès dus à cette maladie. Une enquête pénale a été ouverte sur les décès de 18 personnes survenus dans une maison de retraite située à Reguengos de Monsaraz, à la suite d’informations faisant état du non-respect des consignes sanitaires données par les autorités. 

En raison des mauvaises conditions de détention et de la surpopulation persistantes dans certaines prisons, le gouvernement a relâché plus de 2 000 personnes incarcérées, afin de limiter la contagion. Certaines de ces personnes se sont cependant retrouvées à la rue après leur libération. 

DROITS EN MATIÈRE DE LOGEMENT  

Le gouvernement a suspendu les procédures de saisie de biens hypothéqués et les expulsions pendant l’état d’urgence et jusqu’à la fin de l’année. Malgré cela, de nombreuses familles n’avaient toujours pas accès à un logement convenable. En mars, juste avant la mise en place de cette trêve, la municipalité de Lisbonne, la capitale du pays, a expulsé environ 70 personnes qui occupaient des logements sociaux parce qu’elles n’avaient pas d’autre solution. Neuf familles expulsées au moins ont indiqué qu’on ne leur avait proposé aucune solution de relogement et qu’elles devaient dormir dans des camionnettes, sous des tentes ou dans les halls d’entrée de bâtiments du voisinage. 

Il a été signalé à plusieurs reprises que les foyers pour les sans-abri étaient à la fois en nombre insuffisant et de médiocre qualité. L’aide aux sans-abri était dans une large mesure déléguée aux autorités locales et aux bénévoles. 

DROITS DES PERSONNES RÉFUGIÉES, DEMANDEUSES D’ASILE OU MIGRANTES

Un accès aux services de santé et d’aide sociale a temporairement été accordé en mars aux personnes demandeuses d’asile et étrangères dont la demande de permis de séjour n’avait pas encore été traitée. 

Seuls 72 mineurs isolés venant de Grèce ont été transférés au Portugal au titre de la relocalisation, alors que le pays s’était engagé à en accueillir 500. 

La mort en détention, en mars, d’un ressortissant ukrainien qui avait été frappé par la police aux frontières à l’aéroport de Lisbonne, a mis en évidence les défaillances concernant la protection des personnes lors de la procédure de contrôle aux frontières. Trois policiers ont été inculpés en septembre d’homicide avec circonstances aggravantes. 

En avril, le Comité des droits de l’homme [ONU] s’est dit préoccupé par les informations indiquant que des enfants non accompagnés étaient placés en détention dans les aéroports. En juin, les services de contrôle aux frontières ont annoncé que la Commission de protection de l’enfance garantirait une prise en charge des enfants retenus dans les locaux de la police aux frontières à l’aéroport de Lisbonne. 

DISCRIMINATION 

Le Comité des droits de l’homme s’est inquiété en avril de la discrimination persistante qui était exercée à l’égard des Roms et des personnes d’ascendance africaine dans les domaines de l’éducation, de l’emploi et du logement, et par les informations faisant état de discours de haine et de crimes de haine. 

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES ET AUX FILLES 

En avril, le Comité des droits de l’homme a fait part de sa préoccupation face au faible nombre de cas de violence fondée sur le genre faisant l’objet d'un signalement et de poursuites et donnant lieu à des condamnations. 

En juillet, le ministère public a inculpé une mère ayant soumis sa fille à des mutilations génitales féminines ; c’était la première fois au Portugal qu’une affaire de ce type était portée devant les tribunaux. 

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