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Greg Rødland Buick/Amnesty International, Norway

Greg Rødland Buick/Amnesty International, Norway

Greg Rødland Buick/Amnesty International, Norway

Norvège

Les droits humains en Norvège en 2020

Le gouvernement a suspendu son application mobile intrusive de traçage du COVID-19, qui menaçait le droit à la vie privée. Les violences faites aux femmes demeuraient un grave motif de préoccupation. Une consultation a été menée sur un projet de loi relatif aux droits humains dans le cadre des activités économiques et des chaînes d’approvisionnement. 

SURVEILLANCE DE MASSE

En avril, le gouvernement a lancé l’application mobile Smittestopp (« stop contamination »), dont le but était de suivre les contaminations possibles par le coronavirus. Cette application de traçage des contacts mettait en danger le droit à la vie privée et à la sécurité de centaines de milliers de personnes. Après de nombreuses critiques, elle a été suspendue et toutes les données collectées ont été supprimées en juin. 

DROITS EN MATIÈRE DE LOGEMENT ET EXPULSIONS FORCÉES

Les autorités du Territoire de la capitale fédérale et des États de Lagos et de Benue ont expulsé de force des milliers de personnes sans préavis suffisant, sans indemnisation et sans leur proposer de solution de relogement. Des militaires de la Marine ont effectué pendant deux jours des tirs à balle réelle pour expulser de force des centaines de familles installées sur des terrains leur appartenant dans la baie de Tarkwa (État de Lagos). Plusieurs habitants ont déclaré que leurs enfants avaient disparu pendant cette opération. 

Des agents de l’État de Lagos ont démoli en avril une dizaine de maisons lors d’une expulsion forcée effectuée dans le quartier de Yaya Abatan, à Ogba. 

En mai, plus d’une vingtaine de maisons ont été rasées dans le quartier de Logo 1, à Makurdi (État de Benue), sous la supervision de policiers armés. Le gouverneur de l’État de Benue a nié toute responsabilité dans ces démolitions, mais il n’a pas ouvert d’enquête sur cette affaire. 

En août, plusieurs centaines de maisons ont été démolies et des milliers de personnes ont été contraintes de quitter leur foyer à Nepa Junction, un quartier d’Apo (Territoire de la capitale fédérale). Les habitants ont été dispersés par la police au moyen de gaz lacrymogène. Certains ont dû être hospitalisés. 

Le 31 décembre, dans l’État de Lagos, les habitants d’un quartier informel d’Opebi appelé « Monkey Village » ont été expulsés de force lorsque des bulldozers ont détruit leurs habitations et d’autres bâtiments, avec l’aide de policiers et de casseurs. 

PEINE DE MORT

Aucune exécution n’a eu lieu, mais les tribunaux ont continué de prononcer des condamnations à mort. En août, le musicien Yahaya Sharif-Aminu a été condamné à mort par pendaison pour blasphème par la haute cour islamique de Kano. 

DISCRIMINATION

DROITS DES TRAVAILLEUSES ET TRAVAILLEURS DU SEXE

Les restrictions relatives à la santé publique introduites le 12 mars pour limiter la progression de la pandémie de COVID-19 ont entravé le droit de circuler librement et la liberté de réunion de la population, notamment des travailleuses et travailleurs du sexe (dont 80 % étaient des femmes). En dépit de l’interdiction temporaire de vendre des services sexuels qui leur a été imposée du mois de mars jusqu’au 27 avril, ces personnes ont été exclues des mesures d’aide financière d’urgence du gouvernement et n’ont généralement pas pu en bénéficier. Par conséquent, il est possible que certaines n’aient pas eu d’autre choix que de continuer de proposer des services sexuels, malgré les risques.

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

Le nombre d’affaires de viol signalées à la police a baissé de 10 % entre 2018 et 2019, et a continué à décroître en 2020. On ignorait si cette baisse était due à une réduction du nombre de cas de viol ou au fait que les victimes étaient moins disposées à les signaler. 

En juin, le procureur général a publié un rapport sur la qualité des enquêtes policières dans les affaires de viol. Si certains progrès y étaient constatés, le rapport soulignait néanmoins que, dans la moitié des affaires signalées, l’absence d’enquête suffisamment rapide et efficace était un problème.

JUSTICE INTERNATIONALE 

En mai, le ministère de la Justice a décidé qu’un Rwandais accusé de complicité dans le génocide de 1994 ne serait pas extradé. Celui-ci a cependant passé quatre ans en détention, car le même ministère avait d’abord estimé qu’il pouvait être extradé vers le Rwanda, avant que des investigations complémentaires ne concluent au manque de crédibilité de deux témoins à charge.

RESPONSABILITÉ DES ENTREPRISES

Une consultation publique a été organisée au sujet d’un projet de loi portant sur les droits humains dans le cadre des activités économiques et des chaînes d’approvisionnement. Le gouvernement devait soumettre au Parlement un projet de loi relatif à la diligence requise en matière de droits humains avant la fin du deuxième trimestre de 2021. 

En avril, le Comité des droits économiques, sociaux et culturels [ONU] a pris note de ce projet de loi, mais il a aussi fait part de ses préoccupations, déplorant notamment que l’accès aux voies de recours soit difficile pour les étrangers dont les droits auraient été bafoués par des entreprises norvégiennes à l’étranger. 

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