Chaque année, Amnesty International analyse dans son rapport annuel la situation des droits humains dans le monde. Un an d’enquête, 144 pays analysés. Voici ce qu’il faut savoir sur les droits humains en Namibie en 2025.
Les peuples autochtones continuaient d’être privés d’une justice réparatrice pour le génocide commis sous le régime colonial allemand. Les sécheresses liées au changement climatique ont exacerbé les difficultés, et les autorités ont supprimé les aides. Le nombre de violences fondées sur le genre est resté élevé et les droits en matière de procréation étaient restreints. Une nouvelle loi prévoyait de lourdes peines d’emprisonnement pour quiconque célébrait une union entre personnes de même sexe. L’accès aux services de santé essentiels était réduit pour les personnes LGBTI et d’autres groupes.
Droits des peuples autochtones
Le 28 mai, la Namibie a organisé sa première Journée de commémoration du génocide des populations namas et ovahereros perpétré par les forces coloniales allemandes entre 1904 et 1908. Malgré les discussions en cours entre les gouvernements namibien et allemand, l’Allemagne a continué de nier son obligation légale d’accorder des réparations aux descendant·e·s de ces peuples pour les crimes commis pendant la période coloniale. Selon les estimations, environ 80 % des Ovahereros et 50 % des Namas avaient été tués, et les femmes et les filles étaient systématiquement soumises à des violences sexuelles, notamment des viols. Les crânes de prisonniers morts dans les colonies pénitentiaires du régime colonial allemand avaient été expédiés dans des universités et des musées en Allemagne pour des recherches pseudoscientifiques racistes. Les descendant·e·s de ces populations sont restés minoritaires en Namibie, se retrouvant sans représentation politique et avec peu de possibilités d’influence politique. Ils ne pouvaient pas participer de manière significative et efficace aux négociations, ils n’ont pas obtenu réparation et la plupart des restes ancestraux et des artefacts culturels pris par l’Allemagne pendant le génocide ne leur ont pas été restitués.
Droit à un environnement sain
Une grande partie de la Namibie continuait depuis 2024 d’être touchée par de graves sécheresses attribuées au changement climatique, ce qui a nui à la production agricole et aux moyens de subsistance en milieu rural. Malgré cela, les autorités ont mis fin au programme d’aides en cas de sécheresse dont avaient bénéficié quelque 1,4 million de personnes (384 935 ménages) et qui comportait une assistance alimentaire, un soutien pour le bétail et des avantages commerciaux.
Le gouvernement n’a pas intégré les évaluations des besoins d’adaptation ni des pertes et préjudices subis par les communautés déplacées à l’intérieur du pays ou au-delà des frontières en raison de la sécheresse prolongée dans les stratégies climatiques de la Namibie ni dans ses soumissions au titre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.
Les autorités ont continué de renvoyer dans leur pays des centaines de personnes de nationalité angolaise qui fuyaient une grave sécheresse dans le sud de l’Angola, ce qui suscitait des inquiétudes quant au risque de renvois forcés et à l’absence de garanties humanitaires.
Droits des femmes et des filles
Selon les estimations des autorités, au moins 400 cas de violence fondée sur le genre étaient signalés chaque mois.
Des dispositions juridiques restreignant les droits en matière de santé sexuelle et reproductive sont restées en vigueur, notamment une interdiction de l’avortement sauf en cas de grossesse résultant d’un viol ou d’un inceste ou mettant en danger la vie de la mère. La loi exigeait que cette intervention, autorisée uniquement dans les établissements contrôlés par l’État, soit certifiée par deux médecins.
Une femme a fait l’objet de poursuites après avoir été arrêtée à Walvis Bay pour détention présumée de pilules abortives.
Droits des personnes LGBTI
Le recours formé par le gouvernement contre une décision rendue en 2024 par la Haute Cour jugeant inconstitutionnelle et discriminatoire une loi qui érigeait en infraction les actes sexuels consentis entre adultes de même sexe était toujours en instance devant la Cour suprême.
La Loi relative au mariage entrée en vigueur en décembre 2024 définissait le mariage comme l’union de deux personnes de sexe opposé. Cette loi prévoyait jusqu’à deux ans d’emprisonnement pour quiconque célébrait une union entre des personnes de même sexe.
Les autorités ne se sont pas attaquées aux discours de haine généralisés et au harcèlement en ligne visant les personnes LGBTI.
Droit à la santé
Les personnes transgenres, les travailleuses et travailleurs du sexe et les personnes vivant avec le VIH étaient confrontés à des préjugés et exclus des services publics. La réduction du financement fourni par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) a en outre eu des répercussions sur les programmes de santé et notamment sur les centres de soins mobiles et locaux pour le traitement du VIH.
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