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© Amr Abdallah Dalsh/REUTERS

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Guinée équatoriale : la situation des droits humains en 2021

Chaque année, nous publions notre Rapport annuel sur la situation des droits humains dans le monde. Un an d’enquête, 154 pays analysés. Voici ce qu’il faut savoir sur les droits humains en Guinée équatoriale en 2021.

La liberté d’expression a fait l’objet de restrictions importantes et les défenseur·e·s des droits humains et les personnes militant sur les réseaux sociaux ont encore été harcelés. Le droit à un procès équitable a été bafoué. La peine de mort n’a pas été abolie en dépit d’un engagement réitéré en ce sens. Le droit à la santé a été limité, principalement en raison de pénuries de médicaments.

Contexte

Après plus de 40 ans sous le régime du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo et plusieurs années de récession économique, les relations internationales de la Guinée équatoriale ont été marquées par des affaires de corruption. Le 22 juillet, le pays a fermé son ambassade à Londres à la suite de sanctions appliquées par le Royaume-Uni contre Teodoro Nguema Obiang Mangue, vice-président de la Guinée équatoriale et fils du président, en lien avec des allégations de corruption le concernant. Le 28 juillet, la Cour de cassation française a maintenu le jugement de culpabilité prononcé contre lui pour détournements de fonds publics.

Les mesures de restriction destinées à lutter contre la pandémie de COVID-19 ont été revues tout au long de l’année et appliquées différemment dans chaque région en fonction des taux d’infection.

Liberté d’expression

Dans son Classement mondial de la liberté de la presse 2021, Reporters sans frontières a placé la Guinée équatoriale en 164e position sur 180 pays, en mentionnant la censure stricte qui y était imposée aux médias et aux journalistes.

Le 29 juillet, la militante des droits sociaux Noelia Asama a été arrêtée sans mandat chez elle à Malabo, la capitale, par six membres des forces de sécurité en civil. Elle a ensuite été placée dans une cellule avec des dizaines d’hommes au poste de la police judiciaire. Noelia Asama utilisait régulièrement les réseaux sociaux pour dénoncer la situation des femmes dans le pays ; dans les mois qui ont précédé son arrestation, elle avait également posté sur Facebook des publications mettant en évidence les conditions insalubres du marché alimentaire central et la corruption qui régnait dans le principal port de commerce. Lors de sa remise en liberté, le lendemain de son arrestation, la police l’a interrogée à propos de vidéos qu’elle avait publiées sur les réseaux sociaux et des appels à démissionner qu’elle y avait lancés au président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.

Noelia Asama a lancé un appel à manifester contre l’extension du couvre-feu mis en place pour lutter contre la pandémie de COVID-19. La manifestation, qui devait avoir lieu le 16 octobre, n’a pas été autorisée par les pouvoirs publics. Noelia Asama a reçu une lettre de convocation officielle lui demandant de se présenter à la délégation régionale du gouvernement le 19 octobre. De là, elle a été emmenée dans un poste de police et retenue pendant cinq heures avant d’être relâchée et de se voir intimer l’ordre d’attendre de nouvelles instructions et de ne pas quitter le pays.

Défenseur·e·s des droits humains 

Des militant·e·s et des défenseur·e·s des droits humains ont cette année encore été victimes de harcèlement et d’actes d’intimidation.

Le 26 mai, lors d’une réunion avec des membres de l’opposition à Malabo, le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo a accusé Tutu Alicante, directeur exécutif d’EG Justice et membre de la Commission équato-guinéenne de juristes, d’avoir reçu des financements de la part de compagnies pétrolières des États-Unis pour déstabiliser le pays.

Détentions arbitraires 

Le 14 septembre, un représentant du ministère de la Santé a ordonné à six soignantes qui travaillaient au centre de santé de Campo Yaunde, à Malabo, de se rendre dans un poste de police pour répondre à des questions à propos d’une plainte portant sur le fait que, au centre de santé, le vaccin anti-COVID-19 serait vendu à des personnes étrangères. Ces femmes ont été maintenues en détention une semaine sans pouvoir consulter d’avocat·e, avant qu’un juge ordonne leur remise en liberté pour absence d’inculpation officielle et manque de preuves à charge convaincantes. La fille de l’une des professionnelles de santé a également été détenue plusieurs jours pour avoir parlé de la situation sur les réseaux sociaux.

Droit à un procès équitable

Les explosions survenues sur la base militaire de Nkoantoma, à Bata, le 7 mars, ont fait au moins 100 morts et plus de 600 blessés. Le lieutenant-colonel Valentín Nzang Nga Bindang, chef de la base, et le caporal José Antonio Obama Nsue ont été déclarés coupables d’homicide et de négligence, entre autres, et condamnés à 32 et 50 ans de réclusion respectivement par le tribunal militaire de Bata. Les peines ont été rendues publiques le 2 juillet. Certaines ONG nationales et internationales ont fait part de leurs préoccupations à l’égard de la procédure militaire : les droits des prévenus ont été entravés et les victimes et leurs familles n’ont pas été autorisées à participer au processus.

Peine de mort

En réponse aux déclarations du président du Cap-Vert pendant son mandat à la présidence de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté des pays de langue portugaise, qui estimait que la Guinée équatoriale devait réaliser des progrès « plus rapides » vers l’abolition de la peine de mort, l’ambassadeur équato-guinéen au Portugal, Tito Mba Ada, a annoncé le 13 juillet que son pays allait adopter « très prochainement » un nouveau code pénal qui abolirait ce châtiment. Aucune démarche en ce sens n’avait été entreprise à la fin de l’année.

Droit à la santé

En août, d’après les données du ministère de la Santé, environ 144 000 Équato-Guinéen·ne·s étaient vaccinés contre le coronavirus, sur une population totale de 1,4 million de personnes. À partir de juillet, la vaccination est devenue obligatoire pour les militaires, les professionnel·le·s de santé et le personnel enseignant.

D’après le quotidien français Le Monde, le pays subissait une pénurie de médicaments, y compris de remèdes essentiels, due au manque présumé d’investissements dans leur achat de la part du ministère de la Santé. Cette pénurie a provoqué une augmentation des prix, qui a empêché les personnes vivant dans une extrême pauvreté d’accéder à des traitements.

Droits des femmes

La première Assemblée nationale des femmes en Guinée équatoriale s’est tenue le 19 juin. En dépit de telles initiatives visant à donner aux femmes plus de moyens d’agir, les filles enceintes ont continué d’être exclues des écoles au titre d’un décret du ministère de l’Éducation publié en 2016 sous prétexte de réduire les grossesses chez les adolescentes.

Actualités
Guinée équatoriale : la situation des droits humains en 2021 - Amnesty International France