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© Edu León/Latam/Getty Images

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Équateur : la situation des droits humains en 2021

Chaque année, nous publions notre Rapport annuel sur la situation des droits humains dans le monde. Un an d’enquête, 154 pays analysés. Voici ce qu’il faut savoir sur les droits humains en Équateur en 2021.

Les populations autochtones touchées par la pollution causée par le déversement de pétrole dans le bassin de l’Amazone le 7 avril 2020 n’ont obtenu ni vérité, ni justice, ni réparations. Les droits à la vie, à l’intégrité et à la sécurité des personnes détenues ont été compromis. Le Tribunal constitutionnel a dépénalisé l’avortement en cas de viol.

Contexte

Des manifestations ont eu lieu après le premier tour de l’élection présidentielle, qui s’est tenu en février et dont la régularité a été contestée. Guillermo Lasso a remporté cette élection au second tour, en avril, devant Andrés Arauz.

Des membres de peuples autochtones, du monde paysan et du personnel du secteur du transport, ainsi que des étudiant·e·s, entre autres, ont manifesté au cours de l’année contre les mesures d’austérité du gouvernement et contre des politiques publiques liées à des projets d’extraction minière.

Au 31 décembre, plus de 70 % de la population équatorienne étaient entièrement vaccinés contre le COVID-19. Le ministère de la Santé a indiqué qu’au 31 décembre, le pays avait enregistré 551 620 cas confirmés de COVID-19 et 33 682 décès liés au virus depuis le 29 février 2020.

Droits des peuples autochtones

En mars, le tribunal provincial d’Orellana a débouté de leur appel les communautés touchées par le déversement de pétrole qui a pollué les rivières Coca et Napo en 2020. En mai, le Tribunal constitutionnel a accepté de réexaminer les décisions rendues par les tribunaux dans cette affaire et, en juin, il a consenti à réexaminer une demande de protection des droits humains des personnes touchées.

Les peuples autochtones étaient toujours particulièrement menacés par la pandémie à cause des inégalités et de la discrimination dont ils faisaient l’objet de longue date et qui les privaient d’accès à l’eau potable, à la nourriture, aux fournitures médicales, aux services de santé et aux tests de dépistage du COVID-19.

Défenseur·e·s des droits humains

À la fin de l’année, les autorités n’avaient toujours pas conçu ni mis en œuvre de politique nationale pour la protection des défenseur·e·s des droits humains en danger.

Des défenseur·e·s des droits humains, dont Carlos Jipa, María Espinosa, Vivian Idrovo et Xavier Solis, faisaient toujours l’objet de poursuites pénales pour mise en danger présumée de l’intégrité physique d’un juge et de sa famille. Ces poursuites faisaient suite à une plainte déposée par le juge, qui avait rejeté le 1er septembre 2020 une demande de mesures conservatoires soumise par les défenseur·e·s des droits humains au nom des populations autochtones affectées par le déversement de pétrole de 2020. Les défenseur·e·s avaient reproché au juge de ne pas avoir respecté les garanties d’une procédure régulière.

Liberté d’expression et de réunion

Les enquêtes sur les violations des droits humains commises lors des manifestations d’octobre 2019 se sont poursuivies, mais à la fin de l’année, aucun responsable de l’application des lois n’avait été inculpé ou traduit en justice.

Droits des personnes détenues

À la fin de l’année, au moins 316 personnes privées de liberté avaient été tuées en prison dans des affrontements entre bandes rivales, dont 79 le 26 février, 119 le 28 septembre, et 62 les 12 et 13 novembre. Figurait parmi elles le militant de l’environnement Víctor Guaillas, qui avait été condamné à cinq ans d’emprisonnement pour « sabotage » en lien avec les mouvements de protestation d’octobre 2019. Ces décès se sont produits dans un contexte de surpopulation carcérale, de négligence et de non-respect des droits humains des personnes détenues.

Droits sexuels et reproductifs

En avril, à la suite de campagnes et de poursuites judiciaires menées à l’initiative de groupes féministes et de défense des droits humains équatoriens, le Tribunal constitutionnel a dépénalisé l’avortement pour les cas de grossesse résultant d’un viol.

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