Accéder au contenu
Menu
Agir
Faire un don
ou montant libre :
/mois
Grâce à la réduction d'impôts de 66%, votre don ne vous coûtera que : € 5.1/mois
© Edu León/Latam/Getty Images

© Edu León/Latam/Getty Images

© Edu León/Latam/Getty Images

Équateur

Les droits humains en Équateur en 2019

Malgré des engagements formels, le président Lenín Boltaire Moreno n’avait toujours pas mis en œuvre de mesures de régulation des industries extractives visant à protéger les droits des peuples indigènes. 

L’absence de véritables mécanismes de protection afin de protéger la vie et la sécurité physique des défenseures et défenseurs des droits humains et de garantir des enquêtes efficaces sur les menaces et les attaques à leur encontre restait une source d’inquiétude, particulièrement concernant les personnes défendant les droits des peuples indigènes, les territoires et l’environnement. 

RÉPRESSION DE LA DISSIDENCE 

Le 3 octobre, des manifestations ont éclaté dans plusieurs villes en réponse aux mesures d’austérité annoncées par le président Moreno. Quelques heures plus tard, le président a déclaré l’état d’urgence dans tout le pays, autorisant le déploiement des forces armées et de la police nationale pour des interventions liées à la sécurité publique. Le 14 octobre, le président a révoqué ces mesures d’austérité suite à plusieurs jours de répression violente du mouvement de protestation sociale et à l’émergence de preuves d’un recours excessif à la force par les forces de sécurité envers les manifestant·e·s. Selon le Bureau du médiateur, pendant les 10 jours où ces mesures étaient en vigueur, 1 192 personnes ont été arrêtées, 1 340 personnes ont été blessées, et huit personnes ont trouvé la mort. Plus de 70 % des personnes arrêtées ont été libérées immédiatement et des charges ont été retenues contre les autres. 

Le 31 décembre, la Loi organique de simplification et de progressivité en matière fiscale a été publiée au journal officiel. La loi définissait les plans du gouvernement en termes de fiscalité dans un contexte de changements économiques plus larges qui seront analysés en 2020. 

Entre le 28 et le 30 octobre, une délégation de la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) s’est rendue en Équateur afin d’observer la situation des droits humains suite au mouvement de protestation. En outre, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations unies a envoyé une mission en Équateur du 21 octobre au 8 novembre. Le Haut-Commissariat a ensuite appelé à ce que des enquêtes indépendantes, impartiales et transparentes soient menées sur les allégations de violations des droits humains et de violences commises en Équateur lors des manifestations. 

DÉFENSEURS ET DÉFENSEURES DES DROITS HUMAINS 

Le 11 avril, Ola Bini, défenseur des droits numériques, a été arrêté par la police après que la ministre de l’Intérieur, María Paula Romo, l’a accusé de « coopération en vue de déstabiliser le gouvernement ». Il a été libéré après 70 jours de détention provisoire suite à une décision du tribunal qui a reconnu que sa détention était arbitraire et contraire au droit international. Ola Bini a ensuite été accusé du délit d’« accès non consenti à un système informatique » et attendait toujours la tenue de son procès à la fin de l’année. 

Les autorités n’avaient encore ni élaboré ni mis en œuvre de politique nationale de protection des défenseures et défenseurs des droits humains, y compris un protocole d’enquête concernant les crimes commis à leur encontre. À la fin de l’année, personne n’avait été traduit en justice pour les menaces et les attaques subies par les membres du collectif des Femmes amazoniennes Patricia Gualinga, Nema Grefa, Salomé Aranda et Margoth Escobar. 

DROITS DES PEUPLES AUTOCHTONES 

En juillet, la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les droits des peuples autochtones a publié un rapport sur sa visite en Équateur et a recommandé aux autorités du pays de veiller à ce qu’aucune nouvelle concession ne soit accordée aux industries extractives sans l’accord libre, préalable et éclairé des peuples indigènes concernés. Elle a également recommandé que toutes les concessions déjà accordées n’étant pas conformes à la Constitution et aux normes internationales soient examinées, et si nécessaire, révoquées. 

En octobre, la communauté de Sarayaku a intenté une action en justice devant les tribunaux locaux pour obtenir la pleine application de la décision de la Cour interaméricaine des droits de l’homme rendue en 2008 qui indiquait que la communauté devait être consultée. 

PERSONNES MIGRANTES ET RÉFUGIÉES 

Des inquiétudes persistaient concernant le renforcement des conditions requises pour les personnes réfugiées vénézuéliennes en quête de protection internationale en Équateur. En janvier, le président a accusé publiquement des migrants vénézuéliens d’être responsables dans des affaires de violences liées au genre et de féminicides. Après cette déclaration, la ville d’Ibarra a enregistré plusieurs attaques xénophobes contre des ressortissants vénézuéliens. 

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES ET AUX FILLES 

En septembre, un projet de loi visant à modifier le Code pénal dans le but afin de dépénaliser l’avortement en cas de malformation du fœtus ou de grossesse résultant d’un viol a été rejeté par l’Assemblée nationale. Par conséquent, les femmes et les filles enceintes continuaient de voir leur vie mise en danger. 

Actualités
Les cookies assurent le bon fonctionnement du site, en continuant la navigation vous acceptez leur utilisation. Gérer les paramètres