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Liberté d'expression

Une artiste russe risque la prison pour des dessins de vulves

Ioulia Tsvetkova, une artiste féministe russe de 27 ans, est poursuivie dans une affaire pénale pour avoir publié sur les réseaux sociaux des dessins représentant des corps de femmes et des vulves. Elle risque six ans de prison pour «pornographie».

En Russie, Ioulia Tsvetkova est connue comme une artiste féministe et une militante des droits des personnes LGBTI.

C'est dans la ville de Komsomolsk-sur-l’Amour, dans l'extrême-orient russe, que la jeune artiste exerce son art. À travers ses œuvres, elle cherche à dénoncer des stéréotypes et à montrer une vision positive et réaliste des corps féminins. Mais pour les autorités russes, la perception de son travail est toute autre : elles déclarent que les dessins de Ioulia sont « pornographiques » et feraient la « promotion de relations sexuelles non-traditionnelles auprès des mineurs.» Absurde.

Un procès pénal s'est ouvert en avril 2021. Si Ioulia est reconnue coupable, elle pourrait écoper de six ans de prison. Le procès est toujours en cours et de nouvelles audiences vont se tenir dans les semaines à venir. Alors soutenons-la !

En 2 min, agissez pour que les charges retenues contre Ioulia Tsvetkova soient abandonnées

Un procès pour des vulves multicolores 

C'est au printemps 2021, le 12 avril, que s'est ouvert le procès de Ioulia. Un procès pénal, à huit clos, fermé à la presse et au public.

À l'origine de ce procès, un blog : « Les monologues du vagin » - titre repris de la pièce de théâtre d’Eve Ensler - crée et coordonné par Ioulia. Sur ce blog, on peut voir des œuvres de Ioulia et celles d'autres artistes. Toutes, montrent diverses représentations abstraites de vulves, dessinées, brodées, sculptées... mais pour le gouvernement russe, ces vulves multicolores sont considérées comme des représentations pornographiques.

Contenus du blog « Les monologues du vagin » 👇

Dessins extraits de la page « Les monologues du vagin », animée par Ioulia Tsvetkova sur les réseaux sociaux. Les images ont été prises du site de campagne Free Yulia Tsvetkova

Une femme est poursuivie au pénal pour «pornographie» pour avoir simplement dessiné et publié des images de corps féminins et pour avoir exprimé librement ses opinions à travers l’art. 

Natalia Zviaguina, directrice du bureau d’Amnesty International à Moscou 

Les dessins de Iulia Tsvetkova violeraient la loi contre « la promotion de relations sexuelles non-traditionnelles auprès des mineurs » (aussi appelée « loi sur la propagande homosexuelle »). Une loi controversée et ratifiée par Vladimir Poutine en 2013.

Prenez 5 minutes, pour soutenir Ioulia dans son procès

Ciblée depuis 2019 

Ioulia est dans le viseur des autorités russes depuis 2019. La jeune femme a été arrêtée et placée en résidence surveillée pendant 4 mois, accusée déjà de «production et diffusion de contenus pornographiques.» 

Pour sa série de dessins intitulée « Une femme n'est pas une poupée », qui visait à déconstruire les stéréotypes de beauté attribuées à la féminité, l'artiste russe a subi un interrogatoire des autorités. Dans cette série de dessins «body-positive», Ioulia représentait des femmes, parfois nues. Ces mêmes dessins ont été examinés pendant les audiences du procès pénal de Ioulia et présentés comme des preuves de diffusion de contenus pornographiques.

Dessins de la série « Une femme n'est pas une poupée ». 👇

Une femme a des poils, et c'est normal !
Traduction du russe
Une femme a ses règles, et c'est normal !
Traduction du russe
Une femme n'a pas la peau parfaite, et c'est normal !
Traduction du russe

Victime d'une loi homophobe  

En Russie, la loi contre «la promotion de relations sexuelles non-traditionnelles auprès des mineurs» permet d’infliger arbitrairement de lourdes amendes aux personnes évoquant publiquement - et en ligne - des sujets relatifs aux droits des personnes LGBTI ou tout sujet lié. Cette loi est expressément homophobe et bafoue la liberté d'expression.

Comprendre : quelle est la situation des droits humains en Russie ?

Cela ne date pas d'hier : en Russie, les personnes LGBTI sont de plus en plus stigmatisées et prises pour cibles par les autorités. On compte de nombreux cas d'activistes, notamment féministes et LGBTI ciblés pour leurs simples activités militantes. Depuis l'adoption de la « loi sur la propagande homosexuelle », les violences contre les personnes LGBTI ont augmenté en Russie. 

Ioulia Tsvetkova sait qu'elle n'est pas la seule personne harcelée par les autorités. Pour la jeune femme, la justice russe recoure à des accusations absurdes de pornographie pour harceler la communauté LGBTI et faire taire des personnes militantes. 

L'histoire de Ioulia Tsvetkova nous concerne toutes et tous. Quand la liberté d'expression est mise à mal de cette façon, il faut se mobiliser. C'est ce que nous vous proposons de faire pour que les charges retenues contre la jeune artiste russe soient abandonnées. Dessiner des vulves et des corps nus, ce n'est pas de la pornographie. Défendre les droits des femmes et des personnes LGBTI, comme le fait Ioulia, ce n'est pas un délit.

Agir

Le procès de Ioulia est en cours, agissez !

Si elle est reconnue coupable, Ioulia Tsvetkova pourrait écoper de six ans de prison. De nouvelles audiences vont se tenir dans les semaines à venir. En 2 minutes, interpellez le procureur en charge du dossier !