Sommaire

    Comme chaque année depuis 65 ans, nous publions notre rapport annuel sur la situation des droits humains dans le monde. En 2025, nos équipes ont enquêté sur le terrain, recoupé des témoignages et informations dans 144 pays, dont la France, et ce en toute indépendance et impartialité. Notre état des lieux doit nous alerter collectivement : la loi du plus fort pourrait prendre le pas sur l’État de droit. Face à la montée des pratiques autoritaires dans le monde, aucun pays n’est à l’abri de basculer. Mais la résistance se lève : elle doit nous porter.

    Le rapport annuel d’Amnesty International, c’est 500 pages d’alerte, d’enquêtes, de dénonciation. Un signal d’alarme pour rappeler aux États qu’ils sont responsables de la situation des droits humains dans leur pays.  

    Nous avons réuni dans ce dossier trois articles pour vous donner toutes les clés de compréhension d’un rapport de référence. Car nous sommes à un tournant. Aujourd’hui, les droits humains sont attaqués frontalement. L’humanité est en danger. Mais la résignation n’est pas une option, le droit international n’est pas une illusion. Cette année, notre rapport est un appel à résister à la « loi du plus fort ».

    Des 500 pages de notre rapport annuel, voici ce qu’il faut retenir.

    2025 : des prédateurs veulent imposer une nouvelle ère 

    L’année 2025 restera celle des prédateurs : Trump, Poutine, Netanyahou… des dirigeants qui proposent un ordre mondial raciste, patriarcal, inégalitaire, et qui sont prêts à écraser toute dissidence. Leurs méthodes pour imposer une nouvelle ère : peur, instabilité, violence. Avec eux, les pratiques autoritaires s’étendent, l’impunité progresse, la justice et les libertés reculent. Et ce sont les populations qui en paient le prix : de Gaza, où un génocide est toujours en cours, à l’Ukraine, où des populations civiles sont bombardées ; du Moyen-Orient qui s’embrase, à l’Iran, à l’Afghanistan, au Myanmar, au Soudan, ou encore à l’agression des États-Unis au Venezuela… les États jouent avec un feu qui menace de tout brûler.  

    Les prédateurs cherchent à détruire ce qui a été construit depuis 80 ans en s’attaquant au droit international. Notre rapport annuel leur fait face en leur rappelant que NON, le droit international n’est pas mort. Il est bien vivant, puissant et il est notre dernier rempart face au chaos.

    La France n’est pas à l’abri des pratiques autoritaires 

    Trump aux États-Unis, Milei en Argentine, Meloni en Italie… les pratiques autoritaires ne sont pas qu’une menace : elles sont bien réelles. Il serait faux de penser que ce basculement vers des pratiques autoritaires ne nous concerne pas ici en France. Au contraire : face à la montée des pratiques autoritaires dans le monde, les discours contre les droits humains se banalisent en France et ils ouvrent la voie à des politiques qui s’en inspirent ouvertement.  

    Nos équipes ont déjà documenté des signes avant-coureurs de pratiques autoritaires en France. Parmi ces signes : banalisation des discours racistes, banalisation des attaques contre l’État de droit, répression de la société civile. À un an de l’élection présidentielle, ces signaux doivent particulièrement nous alerter. Et les identifier, c’est déjà une façon d’y résister.

    Les raisons d’espérer : la Gen Z en résistance  

    Dans un monde sur le point de basculer, on peut compter sur la jeunesse : la Gen Z est déjà en résistance. En 2025, la jeunesse a été le porte-drapeau de cette lutte pour nos droits en organisant des manifestations puissantes de résistance et de solidarité. La Gen Z est descendue en force dans les rues : au Népal, au Bangladesh, au Maroc… Elle s’est opposée à la censure, aux inégalités, elle a réclamé plus de justice. Et des avancées concrètes ont été obtenues. Oui, les mobilisations perturbent le cours des choses. 

    Pour montrer ce formidable élan, Amnesty International a créé une carte interactive pour exposer la pluralité et la force des combats de cette génération qui se bat pour ses droits. Ils ont entre 13 et 28 ans. Leur courage est une inspiration nous prouvant que la société civile est un contre-pouvoir puissant. Et c’est parce qu’il est puissant, qu’il est redouté.

     Alors on fait quoi ? 

    Tous les crimes que nous documentons, toutes les voix que nous portons, année après année dans nos rapports annuel, racontent une réalité : ce que signifie vivre sous un pouvoir autoritaire. Et le courage immense qu’il faut pour reconquérir sa liberté.  

    Alors aujourd’hui, nous avons à faire un choix, simple mais courageux : celui de défendre les droits humains, défendre le droit international et dire NON à la loi du plus fort. La résistance est un long chemin. Mais ensemble, nous pouvons nous lever. Ensemble, nous avons le pouvoir de résister. L’humanité doit toujours triompher. 

    appel à nos dirigeants

    On ne peut pas faire reposer cette résistance uniquement sur la société civile. Nos dirigeants ont une responsabilité :

    Gouverner, c’est choisir la justice, pas la piétiner. 

    Gouverner, c’est protéger, pas écraser. 

    Gouverner, c’est agir, pas se taire. 

    C’est cela que nous attendons de nos dirigeants.

    Pour porter ces messages auprès des dirigeants, nous avons mené, ce mardi 21 avril 2026, une action de nuit à Paris : des projections de mots puissants et universels sur des monuments symboliques à l’Assemblée nationale, l’Arc de triomphe et l’arche de la Défense. Un appel à vous, dirigeant·es de ce monde, à mettre fin à l’inaction.

    • La Grande Arche de la Défense illuminée par Amnesty France à Paris le 21 avril 2026. Photo par Nathan Laine
    • L'arc de triomphe illuminé par Amnesty France à Paris le 21 avril 2026.
    • Projection "Courage : gouverner c'est agir, pas se taire" sur la façade de l'Assemblée nationale, à Paris, par Amnesty International le 21 avril 2026. Photo par Michael Bunel

    ©Arche de la Défense par Nathan Laine, Arc de triomphe par Benjamin Girette, Assemblée nationale par Michael Bunel

    Soutenez notre indépendance

    Notre rapport annuel est uniquement possible grâce à votre soutien. Pour continuer à enquêter, alerter, agir, nous avons besoin de vous.