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Notre réponse détaillée face aux réactions à la suite de la publication de notre communiqué de presse sur l'Ukraine

1. La récente publication de notre communiqué de presse sur l’Ukraine a suscité de fortes réactions et une incompréhension légitime que nous regrettons vivement. Nous comprenons cette émotion et présentons nos plus sincères excuses pour cette communication inappropriée.

2. Nous la regrettons d’autant plus qu’elle porte atteinte au travail exigeant et d’envergure que nos équipes ont mené depuis le début de ce conflit et qui nous a conduit à documenter, sans relâche les atteintes massives et graves aux droits humains commises par des forces engagées par le président Vladimir Poutine.

3. Nous regrettons également que la Russie puisse tenter d'instrumentaliser nos préoccupations concernant les possibles violations du droit international humanitaire commises par les forces armées ukrainiennes, pour détourner l'attention de son agression.

4. L’analyse que nous avons faite de l’impact, en termes de droit international humanitaire (le droit de la guerre), des tactiques que les forces ukrainiennes ont été amenées à employer pour la défense légitime de leur territoire, ne sauraient en aucun cas se rapporter au crime d’agression et aux crimes de guerre commis par la Russie. Ce n’est ni comparable, ni opposable.

5. Nous condamnons sans équivoque l'invasion de l’Ukraine par la Russie. Face à la gravité des faits, notre mouvement a nommé et dénoncé l’invasion de l’Ukraine par la Russie comme constituant un crime d’agression et une violation manifeste de la Charte des Nations unies.

Notre dossier : Toutes nos enquêtes depuis le début de l'invasion russe

6. Notre mouvement exige que la Russie et les hauts représentants de l’Etat rendent des comptes en justice pour ce crime et toutes les autres violations du droit international commises comme les crimes de guerre imputables aux forces russes.

7. Nous avons recueilli et signalé de nombreuses violations commises par les forces russes, notamment des attaques aveugles et disproportionnées, des bombardements ciblés contre des zones d’habitation ou des infrastructures civiles (hôpitaux, écoles, marchés…) sans qu’il n’y ait de base militaire ukrainienne à proximité, l'utilisation d’armes interdites comme les bombes à sous-munitions et des exécutions de civils, des tortures, des viols. Nombre de ces violations constituent des crimes de guerre, et nous continuons à demander que les responsables soient traduits en justice. Les civils doivent être protégés à tout prix.

8. Notre préoccupation majeure, dans cette situation est aussi de veiller à la sécurité physique et psychologique des membres du personnel d'Amnesty International Ukraine que nous continuons à soutenir et accompagner.

9. Nous devons également analyser sans délai les dysfonctionnements révélés par cette situation. Dans cette perspective, nous nous sommes engagés dans une démarche de « retour d’expérience » à l’échelle internationale, afin de tirer tous les enseignements de cette crise, particulièrement en matière de communication interne, et de mettre en place de nouvelles pratiques permettant d’éviter qu’elle ne se reproduise. Ce travail sera mené par des enquêteurs indépendants spécialistes des organisations.

10. Concernant le contenu de l’étude elle-même, nous bénéficierons également de l’apport d'experts indépendants en Droit Humanitaire International, pour, le cas échéant, en compléter ou modifier les éléments.

11. Dans le cadre de la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine, nous nous concentrons principalement sur la protection des civils. Notre point de départ, ce sont les droits humains et le droit international humanitaire, rien d'autre.

12. L'indépendance, l'impartialité et les exigences strictes en matière de preuves sont les principes qui caractérisent tout le travail d'Amnesty International. Nous rendons compte des violations des droits humains dans le monde entier.

13. Ensemble, nous sommes la plus grande organisation de défense des droits humains au monde. Cela implique une grande responsabilité - et nous devons résister et répondre à la fois à l'examen et à la critique. Merci pour vos questions et vos commentaires. Merci de vos réactions et de vos opinions. Ils nous renforcent dans notre travail permanent - pour garantir que les droits humains s'appliquent à toutes et à tous, aujourd'hui et à l'avenir.

Notre réponse détaillée face aux réactions à la suite de la publication de notre communiqué de presse sur l'Ukraine - Amnesty International France