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Communiqué de presse

Arabie saoudite. Mort en détention du prisonnier d’opinion Abdullah al Hamid

Réagissant à l’annonce de la mort d’Abdullah al Hamid, prisonnier d'opinion qui est décédé en détention en Arabie saoudite, Lynn Maalouf, directrice de la recherche sur le Moyen-Orient à Amnesty International, a déclaré :

« Nous sommes profondément désolés d’apprendre qu’Abdullah al Hamid est décédé alors qu’il était maintenu en détention en raison de ses activités militantes pacifiques.

« Abdullah al Hamid était un courageux défenseur des droits humains en Arabie saoudite, déterminé à bâtir un monde meilleur pour tous. Nos pensées vont à ses proches et à ses amis, qui depuis huit ans étaient privés de sa présence en raison de la répression inhumaine exercée par les pouvoirs publics.

« Le travail précieux qu’a mené Abdullah al Hamid en tant qu’éminent défenseur des droits humains continuera de résonner dans toute la région. Abdullah al Hamid, de même que tous les autres prisonniers d'opinion en Arabie saoudite, n’aurait jamais dû être incarcéré.

« Nous demandons une fois de plus aux autorités saoudiennes de libérer immédiatement et sans condition toutes les personnes qui sont maintenues en détention alors qu’elles n’ont fait qu’exercer pacifiquement leurs droits humains. »

Abdullah al Hamid

Abdullah al Hamid, qui était âgé de 69 ans, était un membre fondateur de l’Association saoudienne des droits civils et politiques (ACPRA). Cette organisation – qui a pour slogan « Connaissez vos droits » – avait pour vocation de promouvoir les droits inscrits dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, ainsi que dans les autres traités et normes internationaux.

Abdullah al Hamid souffrait d’hypertension, et un médecin lui a dit il y a trois mois qu’il avait besoin de se faire opérer du cœur. Les autorités carcérales l’ont averti que s’il parlait à sa famille de son état de santé, elles l’empêcheraient de communiquer avec elle. Abdullah al Hamid a eu une crise cardiaque le 9 avril, mais il a été  maintenu en détention alors qu’il était dans le coma et en soins intensifs à l’hôpital al Shumaisi, à Riyad.

En tant que défenseur des droits humains, écrivain et universitaire, il a beaucoup écrit sur la question des droits humains et de l’indépendance du pouvoir judiciaire. Il a été professeur de littérature contemporaine à l’université islamique Imam Muhammad bin Saud, à Riyad, mais a été démis de ses fonctions en raison de ses activités militantes. Il laisse derrière lui son épouse et leurs huit enfants.

Depuis 1993, il avait fait à de nombreuses reprises l’objet de poursuites judiciaires en raison de ses activités pacifiques. En mars 2012, Abdullah al Hamid et Mohammad al Qahtani, autre membre fondateur de l’ACPRA, ont été arrêtés et interrogés au sujet de leur travail au sein de cette organisation et de leurs activités militantes pacifiques. En mars 2013, ils ont été condamnés à 11 et 10 ans d’emprisonnement respectivement, pour « déloyauté envers le souverain », « remise en cause de l’intégrité des représentants de l’État », « tentative d’atteinte à la sécurité et incitation à troubler l’ordre public en appelant à des manifestations », et pour avoir « incité des organisations internationales à agir contre le royaume ».

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