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Porto-Rico

Les droits humains à Porto-Rico en 2020

Les autorités n’ont pas garanti les droits de milliers de personnes qui se sont retrouvées sans abri à la suite de séismes intervenus en janvier. Le nombre de féminicides a augmenté. Pour la première fois, une procédure pour crimes inspirés par la haine a été engagée au titre de la législation fédérale après le meurtre de deux femmes transgenres. 

CONTEXTE

Face à la pandémie de COVID-19, la gouverneure Wanda Vázquez a déclaré l’état d’urgence en mars et signé le premier d’une longue série de décrets imposant des mesures de couvre-feu. 

Selon des informations parues dans la presse, des membres du personnel soignant ont manifesté en septembre contre le manque d’équipements de protection individuelle et les difficultés d’accès à des tests de dépistage du COVID-19. 

DROITS DES ENFANTS

En mai, l’Institut pour le développement de la jeunesse, une ONG locale, a mis en garde contre une possible hausse de la pauvreté infantile à cause des mesures liées à la pandémie de COVID-19. Le taux de pauvreté infantile était ainsi susceptible de passer de 58 % à 65 % si des ressources suffisantes n’étaient pas dégagées pour tenter d’atténuer le problème. 

Les organisations de la société civile ont critiqué la fermeture, dans le contexte de la pandémie de COVID-19, des cantines fournissant gratuitement des repas scolaires dans les écoles publiques. Elles ont estimé que 70 % des enfants scolarisés dans le système public vivaient dans la pauvreté et avaient besoin de ces repas scolaires. 

DROITS EN MATIÈRE DE LOGEMENT

En janvier, deux séismes ont endommagé des centaines d’habitations et contraint des milliers de personnes à vivre pendant des mois dans des logements temporaires, des centres d’hébergement, des véhicules ou des tentes. 

Fin mars, selon les médias, le ministère du Logement avait fermé tous les centres pour personnes réfugiées qu’il gérait. 

En septembre, d’après l’université de Porto Rico à Cayey, alors que 40 628 demandes d’aide au logement avaient été déposées à l’agence fédérale chargée de la gestion des urgences dans les municipalités les plus touchées, une assistance n’avait été accordée que dans 34 % des cas. 

Les médias estimaient que les logements d’une dizaine de milliers de familles étaient encore sinistrés 10 mois après les séismes. 

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES ET AUX FILLES

L’état d’alerte national déclaré en 2019 face au nombre élevé de cas de violences liées au genre est resté au stade de symbole, les autorités n’ayant présenté aucun plan pour remédier au problème et protéger les droits des femmes et des filles. 

Fin décembre, 60 personnes avaient été tuées en raison de leur genre, contre 37 pour toute l’année 2019, selon l’Observatoire de l’égalité de genre à Porto Rico. 

Pendant les trois premiers mois du confinement mis en œuvre dans l’ensemble de l’île pour faire face à la pandémie de COVID-19, entre mi-mars et fin mai, 11 féminicides ont été commis, contre six pendant la même période de 2019, toujours selon les données de l’Observatoire. 

Le gouvernement n’avait toujours pas intégré d’éléments liés au « genre » dans les programmes scolaires. 

RECOURS EXCESSIF À LA FORCE

Pendant le confinement appliqué dans toute l’île dans le but d’atténuer les conséquences de la pandémie de COVID-19, la police aurait dans certains cas fait un usage excessif de la force pour faire respecter ces mesures. Dans une vidéo dont les éléments ont été vérifiés, on pouvait notamment voir une personne arrêtée par la police alors qu’elle allait chercher de la nourriture et d’autres produits de première nécessité. 

En octobre, la police avait reçu plus de 3 300 plaintes relatives à des violations présumées des mesures prises par décret depuis le début de la pandémie et avait arrêté plus de 1 000 personnes pour des infractions présumées. 

LIBERTÉ DE RÉUNION 

La veille des manifestations annuelles du 1er mai, la police a annoncé leur interdiction par décret. À la suite des protestations d’organisations de la société civile, qui ont affirmé que cette décision n’était pas constitutionnelle, les manifestations ont eu lieu. 

DROITS DES LESBIENNES, DES GAYS ET DES PERSONNES BISEXUELLES, TRANSGENRES OU INTERSEXES

Sur les 60 féminicides commis au cours de l’année, six des personnes tuées étaient transgenres, soit quatre de plus que l’année précédente, selon l’Observatoire de l’égalité de genre à Porto Rico. 

En février, le meurtre violent d’Alexa Luciano Ruiz, une femme transgenre, a soulevé une vague d’indignation. D’après les médias, la police était intervenue la veille de sa mort à la suite d’une plainte selon laquelle elle aurait utilisé les toilettes des femmes dans un établissement de restauration rapide. Les photos de cet épisode avaient été largement relayées sur les réseaux sociaux. 

En avril, les autorités fédérales de Porto Rico ont, pour la première fois, engagé une procédure sur le fondement de la Loi Matthew Shepard et James Byrd Jr relative à la prévention des crimes inspirés par la haine, promulguée par le président Barack Obama en 2009, pour l’homicide de deux autres femmes transgenres, Serena Angelique Velázquez et Layla Peláez Sánchez.