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© Shirukhan Adam/Demotix/Corbis

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Maldives

Les droits humains aux Maldives en 2019

Les défenseures et défenseurs des droits humains ont été la cible d’attaques, y compris de menaces de la part de groupes religieux radicaux et le gouvernement a interdit un groupe de défense des droits humains reconnu.

Le président de la Cour suprême et d’autres juges ont été limogés.

Pour la première fois, deux femmes sont devenues juges à la Cour suprême. 

Les enquêtes sur des attaques passées contre des journalistes et des militants ont progressé sans pour autant déboucher sur des arrestations ou des poursuites. 

Les employés de la fonction publique se sont vu accorder un congé parental rémunéré. 

La représentation des femmes au Parlement a diminué, avec seulement six femmes élues sur 85 députés.  

À la suite des élections de septembre 2018, le nouveau gouvernement dirigé par le président Ibrahim Solih du Parti démocratique des Maldives a promis de mettre en œuvre de nombreuses réformes. 

Fin 2019, le président de la Cour suprême et d’autres juges ont été remplacés, le gouvernement n’avait pas réduit la surpopulation carcérale ni amélioré les conditions de détention.

Il n’avait pas garanti les droits à la liberté d’expression, ni rendu justice dans des affaires de longue date relatives à des attaques commises contre des journalistes et des militants.

Le gouvernement a pris des mesures pour faire face au changement climatique dont les effets continuaient de toucher le pays, particulièrement dans les secteurs du tourisme et de la pêche.  

SYSTÈME JUDICIAIRE 

En août, le gouvernement a proposé de nommer Aisha Shujune et Azmiralda Zahir en tant que premières femmes juges à la Cour suprême. En septembre, le Parlement a résisté aux pressions des représentants religieux qui soutenaient que des femmes ne pouvaient pas occuper cette fonction et a confirmé leur nomination. En novembre, les deux juges ont été nommées à la Cour suprême.  

Ces changements s’inscrivaient dans une refonte plus large de la Cour suprême, dont le président et plusieurs juges ont été remplacés suite à des allégations de corruption.  

Les prisons maldiviennes étaient toujours en situation de surpopulation et les prisonniers subissaient des conditions difficiles. Ils étaient notamment soumis à une interdiction de sortir de leur cellule pour faire de l’exercice au cours de la journée. Les autorités carcérales ont eu recours à la force contre un prisonnier lors d’un incident au moins.  

En juin, le gouvernement a promis d’améliorer les conditions de détention dans la prison surpeuplée de Maafushi sur l’atoll de Kaafu à la suite d’informations relayées par les médias faisant état d’actes de torture et d’autres mauvais traitements infligés aux détenus. Le gouvernement a indiqué avoir ordonné à l’administration de la prison de mener une enquête sur ces incidents. La commission parlementaire chargée des questions de droits humains et de genre a également mené sa propre enquête.  

Quelques progrès, néanmoins limités, ont été faits par la Commission sur les morts et les disparitions établie par le gouvernement pour enquêter sur des affaires de graves attaques à l’encontre de journalistes et de militants. Cependant, le gouvernement n’est parvenu à procéder à aucune arrestation concernant la disparition du journaliste Ahmed Rilwan en 2014. Le procès de six hommes accusés du meurtre du bloggeur Yameen Rasheed en 2017 était sans cesse repoussé. 

POLICE ET FORCES DE SÉCURITÉ 

 Sept des 11 agents du Service de lutte contre les stupéfiants ont été transférés dans d’autres services, ont été rétrogradés et se sont vu retirer leur dernière médaille d’honneur après la publication d’une vidéo faisant état de violences policières, y compris d’une attaque à l’encontre d’une personne étrangère de 36 ans dans la capitale, Malé. Les quatre derniers agents font l’objet d’une enquête.  

DÉFENSEURES ET DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS 

Des défenseures et défenseurs des droits humains ont été pris pour cible et ont fait l’objet d’attaques verbales, dont des discours de haine et des menaces de mort. En août, l’ONG Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme a déclaré détenir des informations selon lesquelles au moins 15 militants et défenseurs des droits humains, y compris des journalistes, des avocats et des employés d’ONG, étaient régulièrement victimes de manœuvres de harcèlement et de menaces en ligne depuis novembre 2018. En novembre, le Réseau des Maldives pour la démocratie a été fermé par les autorités, sous la pression exercée par des religieux radicaux et un parti de l’opposition en raison d’un rapport publié en 2015 par ce groupe de défense des droits humains. Les autorités ont estimé que le rapport était insultant vis-à-vis du prophète Mahomet et leur décision d’interdire cette ONG figurant parmi les plus reconnues et respectées a démontré que leurs anciennes méthodes de répression étaient toujours appliquées.   

DROITS DES FEMMES 

Les préoccupations relatives à l’influence des religieux radicaux qui cherchaient à limiter la vie sociale et culturelle des femmes et les rôles qu’elles y jouaient restaient de mise, avec l’opposition du Conseil pour la Fatwa et des partis conservateurs à la nomination de deux femmes juges à la Cour suprême. Le pourcentage de femmes élues au Parlement est passé de 6,5 % en 2014 à 4,6 % à l’issue des élections parlementaires d’avril 2019. Sur les 85 députés parlementaires, six seulement étaient des femmes et dans le secteur public, peu de femmes occupaient des postes haut placés. En mars, le gouvernement s’est engagé à accorder aux employés de la fonction publique six mois de congé de maternité et un mois de congé de paternité rémunérés. En mars, il s’est engagé à allouer 20 % des fonds destinés aux « prêts aux petites et moyennes entreprises » aux femmes, aux jeunes et aux personnes en situation de handicap.

Peine de mort: abolitionniste en pratique

La peine de mort est inscrite dans la législation du pays, mais les autorités n’ont procédé à aucune exécution depuis au moins 10 ans.

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