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Botswana

Les droits humains au Botswana en 2020

L’insécurité alimentaire restait très répandue. L’état d’urgence a été instauré en réaction à la pandémie de COVID-19, restreignant encore la liberté d’expression. Des militants politiques ont été soumis à la torture et à d’autres mauvais traitements par la police. La peine de mort par pendaison restait en vigueur pour certains crimes, dont le meurtre. 

CONTEXTE

Le 2 avril, le président a décrété l’état d’urgence et instauré une réglementation au titre de la Loi relative aux pouvoirs exceptionnels. Il a en outre imposé un confinement national de 28 jours sous la supervision du Parlement, confinement qui a été prolongé d’une semaine le 28 avril. 

En avril également, le président a gracié 149 détenus pour réduire la surpopulation carcérale durant la pandémie. Parmi les personnes libérées, 20 étaient semble-t-il de nationalité étrangère. On ignore pour quels crimes étaient condamnés les prisonnières et prisonniers qui ont bénéficié d’une grâce et combien de temps il leur restait avant d’avoir purgé leur peine. 

TORTURE ET AUTRES MAUVAIS TRAITEMENTS

Selon l’ONG Ditshwanelo (Centre des droits humains du Botswana), un adolescent de 16 ans a été fouetté dans un tribunal traditionnel par le chef adjoint du village de Mahetlwe, dans le district de Kweneng, sur ordre de la police, pour défaut de port du masque. 

DROITS ÉCONOMIQUES, SOCIAUX ET CULTURELS

L’insécurité alimentaire demeurait très répandue, principalement à cause de sécheresses à répétition. Elle a été encore aggravée par une invasion de criquets migrateurs africains en février, qui a dévasté les cultures de base. Ces facteurs, associés aux mesures destinées à contenir la pandémie de COVID-19, telles que la fermeture des frontières, ont eu des effets négatifs sur les réserves de nourriture et ont accru le niveau d’insécurité alimentaire. 

Les conséquences du confinement et des restrictions de déplacement ont été particulièrement dures pour les personnes travaillant dans l’économie informelle, soit la majorité des travailleuses et travailleurs du pays, qui ont été parmi les plus touchés par la crise socioéconomique, en particulier celles et ceux qui travaillaient principalement comme vendeurs de rue dans le secteur agricole. 

En mai, le gouvernement a rendu le port du masque obligatoire dans tous les lieux publics ; les contrevenants risquaient jusqu’à 5 000 pulas d’amende (environ 432 dollars des États-Unis) ou jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. 

LIBERTÉ D'EXPRESSION

La Loi relative aux pouvoirs exceptionnels interdisait aux journalistes d’utiliser des « sources autres que les informations fournies par le directeur des Services de santé ou par l’Organisation mondiale de la santé » dans leurs articles ou reportages sur la maladie COVID-19. Les journalistes qui ne se conformaient pas à cette règle s’exposaient à une amende pouvant aller jusqu’à 100 000 pulas (environ 8 100 dollars des États-Unis) ou à une peine de cinq ans d’emprisonnement. Cette loi interdisait de publier des informations dans « l’intention de tromper » la population à propos de la pandémie, ou des informations sur les mesures prises par le gouvernement pour limiter la propagation du virus. 

Plusieurs personnes auraient été inculpées en vertu de la Loi relative aux pouvoirs exceptionnels ou du Code pénal pour avoir exprimé leurs opinions. Par exemple, Justice Motlhabane, porte-parole du Front patriotique du Botswana, un parti d’opposition, a été arrêté par la police le 16 avril pour avoir tenu des propos « dégradants et diffamants à l’égard du pouvoir » ; il était accusé d’avoir laissé entendre sur Facebook que le président prolongerait l’état d’urgence pour « se débarrasser de ses rivaux politiques et de ses concurrents commerciaux ». Justice Motlhabane a dit à des journalistes qu’il avait été torturé au moyen de décharges électriques pendant sa garde à vue (cette fois-là et à plusieurs autres occasions). 

JOURNALISTES

Le 18 juin, les journalistes David Baaitse et Kenneth Mosekiemang ont été arrêtés par des agents des services de renseignement après avoir photographié un bâtiment lié à la Direction des services de renseignement et de sécurité, l’agence de renseignement national et international du Botswana. Après avoir passé une nuit en détention, ils ont été libérés et inculpés de « troubles à l’ordre public », une infraction passible, en vertu du Code pénal, d’une amende pouvant aller jusqu’à 5 000 pulas (432 dollars) ou d’une peine maximale de deux ans d’emprisonnement. 

PEINE DE MORT

Cette année encore, le pays a prononcé des sentences capitales et a exécuté des personnes par pendaison, pour des crimes tels que le meurtre. Le Botswana a été le seul pays d’Afrique australe à procéder à des exécutions. 

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