L’année 2025 aura été marquée par son lot de reculs avec la montée des conflits, des pratiques autoritaires, de la répression et des attaques contre le droit international. Mais, partout dans le monde, les populations résistent face à cette vague anti-droit. Et elles remportent des victoires. Tour d’horizon des bonnes nouvelles de 2025 qui permettent de garder espoir pour l’année à venir !
Lorsqu’on se retourne sur l’année qui vient de s’écouler, plusieurs actualités pourraient à raison nous faire vaciller : le génocide à Gaza se poursuit, la guerre en Ukraine s’enlise et la pire crise humanitaire au monde s’intensifie au Soudan. Le retour de Donald Trump au pouvoir s’accompagne de la montée des pratiques autoritaires et des attaques contre le droit international.
Mais face à ces nouvelles difficiles, il reste une raison d’espérer : la mobilisation. Les populations du monde entier résistent aux atteintes à leurs droits. La société iranienne, avec au premier plan les femmes, se soulève face à la répression. La jeunesse du monde entier fait entendre sa voix. Au Népal, au Maroc ou encore à Madagascar, la génération Z descend dans la rue pour revendiquer ses droits.
Partout dans le monde, les populations se sont mobilisées à nos côtés pour la défense des droits humains et des personnes injustement opprimées. Et nous avons obtenu de belles victoires qui permettent de maintenir l’espoir.
Ces avancées ne sont pas des miracles. Ce sont vos victoires.
Anne Savinel-Barras, Présidente d'Amnesty International France
Justice de genre : des avancées pour les droits des femmes et des personnes LGBTI+
La France a adopté un texte intégrant le non-consentement dans la définition pénale du viol, une première étape essentielle pour mieux combattre les violences sexistes et sexuelles. Le Parlement français a également adopté une loi réhabilitant les femmes condamnées pour avortement avant sa légalisation en 1975. Enfin, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi pour reconnaitre et réparer les préjudices subis par les personnes condamnées pour homosexualité entre 1942 et 1982.
En Europe, le droit à l'avortement progresse. Le 17 décembre, le Parlement européen a adopté un texte pour faciliter l’accès à des avortements “sûrs” pour toutes les femmes dans l’Union européenne. Cette décision a été adoptée grâce au dépôt d’une pétition de plus d’un million de signataires au Parlement européen.
En Pologne, pour la première fois, un centre d’avortement a ouvert. Ce centre est notamment l’œuvre de la militante Justyna Wydrzynska que notre mouvement a ardemment défendu lors de sa condamnation pour la défense du droit d’avorter dans son pays, qui reste l’un des plus restrictifs d’Europe.
Au Burkina Faso, le pays a adopté une loi qui fixe l’âge minimum pour se marier à 18 ans, pour les garçons comme pour les filles, établissant le consentement comme la base du mariage.
En Thaïlande, la loi autorisant les mariages pour les couples LGBTI+ est entrée en vigueur. C’est le premier pays d’Asie du Sud-Est à le légaliser.
En Hongrie, les marches des fiertés de Budapest et de la ville de Pécs se sont déroulées en dépit des interdictions gouvernementales. Environ 200 000 personnes ont participé à cette marche record à Budapest.
Justice internationale : la lutte contre l’impunité se poursuit
Après trois années de guerre impunie en Ukraine, un tribunal spécial chargé de juger le crime d’agression de la Russie contre l’Ukraine a été créé. C'est la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale qu'un tel tribunal voit le jour.
Lire aussi : Notre entretien avec la directrice d'Amnesty International Ukraine
L’ancien chef de guerre congolais Roger Lumbala a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour complicité de crimes contre l’humanité. Un procès historique qui s’est tenu à Paris dans le cadre de la compétence universelle, pour des faits remontant à 2002.
En Grèce, après une campagne d’Amnesty International, le responsable des garde-côtes grecs, ainsi que trois hauts gradés, ont finalement été inculpés pour leur rôle dans le naufrage du Pylos, au cours duquel 600 personnes sont mortes.
En Syrie, le nouveau gouvernement a annoncé la création d’une Commission nationale pour la justice transitionnelle chargée d’enquêter sur les violations des droits humains commises pendant les années de guerre sous le régime de Bachar Al-Assad.
En Afghanistan, un mandat d’arrêt contre de hauts dirigeants du régime des talibans a été émis pour crimes contre l’humanité après la publication de notre rapport La guerre des talibans contre les femmes. C’est le premier mandat d’arrêt public demandé par le Bureau du procureur en Afghanistan depuis que le pays est devenu membre de la Cour pénale internationale en 2003.
Au Soudan, Ali Muhammed Ali Abd Al Rahman a été condamné par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis au Darfour entre août 2003 et avril 2004.
L’ancien président philippin Rodrigo Duterte a été arrêté par la police le 11 mars sur la base d’un mandat d’arrêt décerné par la Cour pénale internationale. Il est accusé de crimes contre l’humanité dans le cadre de sa “guerre contre la drogue”. Il a été transféré aux Pays-Bas où son procès devrait prochainement avoir lieu.
Vente d’armes : des pays ont suspendu leurs transferts d’armes vers Israël
L’Espagne, la Serbie, la Slovénie, la Belgique et le groupe de La Haye (Bolivie, Colombie, Cuba, Indonésie, Irak, Libye, Malaisie, Namibie, Nicaragua, Oman, Saint-Vincent-et-les-Grenadines et l’Afrique du Sud) ont annoncé la suspension totale de leurs transferts d’armes vers Israël pour ne pas risquer d’être complice des crimes internationaux commis dans la bande de Gaza. L’Allemagne avait annoncé en août 2025 la suspension partielle de ses transferts d’armes avant de revenir sur sa décision dès le 24 novembre.
Peine de mort et torture : des avancées pour mettre fin à ces châtiments cruels
Le Conseil de l’Europe a adopté un rapport sur la mise en œuvre de mesures contre le commerce de biens utilisés pour la peine de mort, la torture et d’autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Cette avancée a été obtenue grâce à un travail de plaidoyer mené sans relâche par Amnesty International et la Fondation de recherche Omega.
Au Zimbabwe, le président a signé le 17 janvier la loi sur l’abolition de la peine de mort. Le pays rejoint la liste des 23 autres pays du continent africain à avoir aboli la peine capitale.
Justice climatique : un avis historique sur la responsabilité des États
La Cour internationale de justice a émis un avis consultatif inédit sur l’obligation des États à agir contre le changement climatique. Cet avis insiste notamment sur le devoir des États à réglementer les activités des acteurs privés.
Droits des personnes exilées : la lutte pour la reconnaissance de leurs droits continue
En France, l’Assemblée nationale a acté l’ouverture d’une commission d'enquête parlementaire sur les conséquences des accords du Touquet entre la France et le Royaume-Uni. Elle aura pour mission d’enquêter sur les violations des droits des personnes migrantes, ce que nous appelions de longue date aux côtés d’autres associations.
L’Assemblée nationale a également adopté une proposition de loi visant à simplifier la procédure de renouvellement des titres de séjour de longue durée. La loi a été proposée quelques jours après qu’Amnesty International France ait lancé sa campagne pour lutter contre la précarité des titres de séjours.
Agir : Exigez des titres de séjour stables pour les travailleur·ses étranger·es en France
Des personnes qui n’auraient jamais dû être enfermées ont été libérées
Le début de l’année 2025 a été marqué par trois libérations de défenseur·es des droits humains en Arabie saoudite, pour lesquelles notre mouvement s’est fortement mobilisé. Il s’agit de Mohammed al Qahtani, libéré au bout de 12 années derrière les barreaux, Asaad bin Nasser al Ghamdi et Salma al Shehab qui avait été condamnée à 27 ans de prison pour avoir relayé des tweets en faveur des droits des femmes.
Idris Hasan, un homme ouïghour détenu au Maroc depuis trois ans et demi risquait une extradition vers la Chine. Il a finalement été libéré en février.
Neth Nahara, condamnée à deux ans de prison pour avoir critiqué le gouvernement angolais a été libérée le 1er janvier 2025 au Angola. Nous avions milité pour sa libération dans le cadre de notre campagne Changer leur histoire en 2024.
En Turquie, plusieurs défenseur·es des droits humains défendu·es par Amnesty international ont été libérés. Parmi eux, l’avocat défenseur des droits des personnes réfugiées et ancien président d’Amnesty International Turquie, Taner Kılıç, qui a enfin été acquitté au bout de huit ans de procédure judiciaire. L’ancienne présidente de la Fondation des droits humains de Turquie, Şebnem Korur Fincancı, a également été acquittée par le gouvernement turque.
Au Cameroun, Dorgelesse Nguessan a été libérée le 16 janvier après avoir passé plus de quatre ans en prison pour avoir participé à une manifestation.
Aux États-Unis, Rocky Myers est le premier homme noir à voir sa peine de mort commuée en détention. Plus de 700 000 personnes de notre mouvement se sont mobilisées pour le défendre.
En Egypte, Alaa Abdel Fattah, un militant ciblé pour ses activités lors de la révolution égyptienne de 2011, a été gracié et remis en liberté en septembre 2025.

Alaa Abdel Fattah (au centre) embrasse sa mère, l'écrivaine Laila Soueif (à gauche), et sa sœur Sanaa Seif (à droite), chez lui après sa libération au Caire, le 23 septembre 2025. © Mohamed EL-RAAI / AFP
En Tunisie, au bout de 18 mois d’emprisonnement injuste, l’avocate Sonia Dahmani a bénéficié d’une libération conditionnelle. Nous continuons à nous battre pour que toutes les charges qui pèsent à son encontre soient levées.
Agir : Justice pour Sonia Dahmani !
En Algérie, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a été gracié au bout d’un an de détention. Une enquête était ouverte contre lui pour des accusations rédigées en des termes très vagues, liées au “terrorisme”, en lien avec ses propos tenus sur l’Algérie, le Maroc et la colonisation française.
En Iran, les Français Cécile Kohler et Jacques Paris ont enfin été libérés de la prison d’Evin après plus de 3 ans passés derrière les barreaux. Leur liberté reste toutefois conditionnelle et ils ne sont pas encore autorisés à quitter l’Iran.
En Biélorussie, le prix Nobel de la paix Ales Bialestki et la figure de l’opposition Maryia Kalesnikava ont fait partie des 123 prisonnier·es libérés en décembre.
Au Canada, des défenseur·es de la terre de la nation autochtone Wet’suwet'en ont finalement évité la prison. Mais ils ont tout de même été condamnés par la justice canadienne pour avoir défendu pacifiquement leurs terres face à la destruction de projets pétroliers.
En Palestine, Ahmad Manasra, Palestinien arrêté à l’âge de 13 ans, a été libéré après avoir passé neuf ans et demi dans une prison israélienne.
Au Venezuela, le Français Camilo Castro, victime de disparition forcé, a été libéré après avoir été détenu plus de quatre mois en prison.
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