En 2025, les autorités hongroises déployaient un nouvel arsenal législatif pour interdire les marches des fiertés. Cette attaque marquait une nouvelle étape dans la répression systématique opérée à l’encontre des personnes LGBTI+ dans le pays. En avril 2026, les élections législatives ont mis fin à l‘ère Orban. Nous appelons désormais le nouveau Parlement élu à abroger les lois discriminatoires et répressives à l’encontre des personnes LGBTI+.
Le 18 mars 2025, les autorités hongroises adoptaient une nouvelle loi visant à interdire les marches des fiertés. La loi prenait effet seulement un mois et demi avant le 30e anniversaire de la Budapest pride, le 28 juin 2025. Une autre marche des fiertés était également organisée dans la ville de Pécs, le 4 octobre 2025.
Malgré l’interdiction des Prides de Budapest et de Pécs, des milliers de personnes étaient descendues dans les rues pour exprimer leur solidarité avec les personnes LGBTI+ et revendiquer leurs droits. Une belle victoire, rapidement ternie par les risques de poursuites judiciaires auxquels ont été confronté·es les organisateur·ices des deux Prides.
Les élections législatives d’avril 2026 ont mis fin à l‘ère Orban, marquée par 15 ans de répression à l’encontre des personnes LGBTI+. Le 4 juin 2026, toutes les charges retenues contre Géza Buzás-Hábel, organisateur de la marche des fiertés à Pécs, et contre le maire Gergely Karácsony, organisateur de la Pride de Budapest, ont été levées.
Une victoire, qui prouve que la mobilisation collective fonctionne. Nous appelons désormais le Parlement nouvellement élu à modifier la loi hongroise relative aux rassemblements et d’abroger les dispositions très restrictives de la Constitution ou Loi fondamentale. Il est temps de mettre un terme à la répression systématique subie par les communautés LGBTI+ dans le pays !
Procédure accélérée
Sans aucune consultation, en procédure accélérée. Voilà comment le projet de loi visant à interdire les marches des fiertés a été voté. Soumis pour vote au Parlement hongrois le 17 mars 2025, il est adopté le lendemain. Un mois plus tard, le 15 avril, la loi est promulguée.
Le nouveau texte, qui vient s’ajouter à l’arsenal législatif existant et répressif en matière de droit de réunion pacifique, permet d’interdire la tenue d’un rassemblement qui violerait la législation de 2021 sur la soi-disant propagande LGBTI+.
Cette dernière interdit toute représentation et promotion de l’homosexualité et des diverses identités de genre auprès des mineur·es. En clair, sous prétexte de “protéger les enfants”, la nouvelle loi permet d’interdire l’organisation des marches des fiertés.
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Cette loi est une attaque frontale contre la communauté LGBTI+ et une violation flagrante des obligations de la Hongrie en matière d’interdiction de la discrimination et de garantie de la liberté d’expression et de réunion pacifique.
La “propagande LBGTI+” dans le viseur
La « loi sur la propagande » de 2021 restreint sévèrement la représentation des identités LGBTI+ dans la vie publique, y compris dans les supports éducatifs, les médias et les publicités. Elle a été adoptée sous prétexte de protéger les enfants contre des contenus considérés comme préjudiciables à leur « développement moral ».
Restrictions sur les rassemblements publics, censure des médias et des supports éducatifs, stigmatisation des personnes LGBTI+… Son contenu volontairement vague a eu des conséquences dramatiques et conduit à une aggravation de la discrimination et des violences à l’encontre des personnes LGBTI+.
Poursuites judiciaires
Avec l’instauration de cette loi, les participant·es aux rassemblements interdits peuvent se voir infliger des amendes allant jusqu’à 200 000 forints hongrois (490 euros). La loi étend par ailleurs l’usage de la reconnaissance faciale pour des infractions mineures à la loi. En d’autres termes, elle habilite les autorités à utiliser ces technologies pour identifier les participant·es aux rassemblements interdits comme les marches des fiertés, a posteriori. Les organisateurs·trices d’événements interdits, eux, s’exposent à des poursuites pénales. La nouvelle loi élargit aussi les conditions dans lesquelles la police peut disperser un rassemblement notifié.
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Géza Buzás-Hábel enfin libre des charges retenues contre lui !
Pour avoir organisé la marche des fiertés à Pécs en octobre 2025, Géza Buza Habel risquait jusqu’à 1 an de prison. Du jamais vu au sein de l’Union européenne. Le 4 juin 2026, les charges qui pesaient contre lui ont finalement été abandonnées par la justice.
Une première victoire, après 15 ans de répression contre les personnes LGBTI+ sous l’ère Orban. Le maire de Budapest, Gergely Karacsony a également vu l’ensemble des charges pesant contre lui finalement levée.
Cette victoire n’aurait pas été possible sans votre soutien. Vous avez été des milliers en France à vous mobiliser à nos côtés pour soutenir Géza et plus de 90 000 à travers le monde. Une nouvelle preuve de la force de la mobilisation collective.
Constitutionnaliser la haine
Pour renforcer les bases légales de cette loi, le Parlement hongrois a par ailleurs veillé à modifier la Constitution. Un amendement au texte suprême a ainsi été voté, gravant dans le marbre qu’une personne est “soit un homme, soit une femme” – ce qui revient concrètement à nier les identités transgenres, non-binaires et intersexes. Par la même occasion, le Parlement a par ailleurs veillé à établir la primauté du droit des enfants sur tout autre droit.
Le but ? Premièrement, rendre constitutionnel l’interdiction des marches des fiertés. Deuxièmement, instrumentaliser le droit de l’enfant pour interdire constitutionnellement le mariage et l’adoption aux couples de même sexe.
Cette modification de la Constitution a été actée le 14 avril, soit la veille de l’entrée en vigueur de la nouvelle loi visant à interdire les marches des fiertés. Elle fait tristement écho au décret signé par le Président des États-Unis Donald Trump quelques mois plus tôt, rejetant le genre administrativement intitulé « X » pour les personnes non binaires.
15 ans de répression anti-LGBTI+
En 2025, l’arrivée à la Maison-Blanche de Donald Trump a encouragé un durcissement du discours à l’encontre des personnes LGBTI+ en Hongrie. Pour autant, ce nouvel arsenal législatif n’est qu’un acte supplémentaire dans la série de dérives autoritaires mises en œuvre par les autorités hongroises sous l’ère Orban.
Interdiction du mariage entre personnes de même sexe, interdiction pour les couples de même sexe d’adopter des enfants, interdiction du changement de sexe dans l’état civil, sévère restriction de la représentation des identités LGBTI+ dans la vie publique… Durant 15 ans au pouvoir, Viktor Orbán n’a cessé de restreindre les droits et les libertés des personnes LGBTI+.
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Le 21 avril 2026, la Cour Européenne de Justice de l’Union Européenne statuait que la nouvelle loi interdisant les marches des fiertés en Hongrie violait le droit européen à plusieurs égards. Ces dernières années, nos enquêtes ont aussi montré par ailleurs que les autorités hongroises ont systématiquement bafoué leurs obligations internationales et régionales à l’égard du droit de réunion pacifique.
#LetPrideMarch
En 2025, les marches des fiertés ont rassemblé près de 300 000 personnes à Budapest et plus de 7 000 personnes à Pécs, des mobilisations records. Cela n’aurait jamais été possible sans votre soutien ! Vous avez été plus de 124 000 dans le monde à vous mobiliser pour Budapest et 26 000 pour Pécs. Cette mobilisation n’est qu’un début : partout en Hongrie, les droits et libertés des personnes LGBTI+ continuent d’être menacés et réprimés.
Nous continuerons de nous mobiliser à leurs côtés et d’appeler les autorités hongroises à :
- Annuler les lois visant à restreindre les droits et libertés des personnes LGBTI+ et à interdire les marches des fiertés, y compris la loi sur la propagande de 2021.
- Mettre en place des réformes constitutionnelles ambitieuses afin de garantir l’égalité des droits pour les personnes LGBTI en Hongrie.
- Respecter, protéger et faciliter le droit des citoyen·nes de manifester, conformément aux obligations qui lui incombent en vertu du droit international.
Et les citoyen·nes du monde entier à manifester leur soutien et leur solidarité envers les personnes LGBTI+ et leurs allié·es en Hongrie.
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