« Sans ce papier, je perds tout » : exigez des titres de séjour stables pour les travailleur·se·s étranger·e·s en France !
Jusqu'au 31.12.2026
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Ces personnes qui travaillent en France sont nos collègues, les commis du restaurant d’à côté, les aides à domicile des aînés, nos voisines de palier… mais du jour au lendemain, elles peuvent basculer dans l’irrégularité. En cause : le système des titres de séjours courts, défaillant et discriminant, qui les maintient dans la précarité et l’exploitation. Agissez pour les droits des travailleur·se·s étranger·e·s, signez notre pétition !
Elles travaillent dans des secteurs essentiels, cuisines, hôpitaux, chantiers, aide à la personne et vivent ici depuis 20 ou 30 ans en situation régulière. Or, leur vie entière dépend d’un papier fragile : leur titre de séjour. Emploi, logement, avenir… tout repose sur une date d’expiration. Et parce que son renouvellement dépend de leur employeur, il les rend vulnérables aux abus, entre harcèlement, salaires impayés, injures racistes, menaces, violences physiques, chantage et exploitation.
La précarité dans laquelle se trouve les travailleur·se·s étranger·e·s n’est pas un hasard. Elle est fabriquée, organisée et entretenue par l’État. C’est ce que nous avons révélé dans notre dernier rapport « À la merci d’un papier”.
Alors qu’elles étaient en situation régulière, elles basculent dans une situation irrégulière, à cause de dysfonctionnements à tous les niveaux : titres de séjour courts, procédures ultra complexes, préfectures engorgées. Du jour au lendemain, elles peuvent tout perdre : leur emploi, leur logement, leurs moyens de subsistance. Cette bascule n’est pas un accident. Par ses lois et ses pratiques discriminatoires, l’État fabrique la précarité et l’irrégularité de ces travailleur·se·s étranger·e·s, racisé.es, et plus particulièrement des femmes, qui accèdent encore moins à la stabilité.
Témoignages de vies en suspens
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Derrière les lois et l’administration, ce sont des milliers de vies qu’on empêche de se construire, de se projeter, d’exister pleinement.
Notre solution : une loi plus protectrice, qui stabilise le droit au séjour des travailleur·se·s étranger·e·s, qui leur facilite la vie, simplifie le travail des préfectures et des employeurs.
Une réforme protectrice est possible !
Ça commence par créer un titre de travail unique et de 4 ans minimum.
Agissez à nos côtés pour les droits des travailleur·se·s étranger·e·s.
Monsieur le Président,
Des milliers de personnes étrangères qui travaillent dans des secteurs essentiels, présentes parfois depuis des dizaines d’années en France en situation régulière, sont exploitées et enfermées dans la précarité en raison du système discriminatoire des titres de séjour courts à sans cesse renouveler. Malgré de nombreuses alertes d’acteurs institutionnels et d’organisations de la société civile, les lois successives n’ont fait qu’aggraver ce bilan et semer des obstacles pour renouveler ces titres de séjour. Aujourd’hui, la situation est humainement insoutenable : ces personnes peuvent tout perdre du jour au lendemain, leur emploi, leur logement, leurs moyens de subsistance et plonger dans l’irrégularité.
Je vous appelle donc à demander à votre gouvernement de proposer une loi qui stabilise le droit au séjour de ces travailleurs et travailleuses, qui protège les droits des personnes étrangères, et qui facilite la vie des préfectures, des employeurs, et celle des personnes étrangères. Cette réforme devra être élaborée en concertation avec des personnes concernées et la société civile, et inclure au minimum un titre de séjour unique de travail d’au moins 4 ans dès la première demande.
Nous formulons plusieurs autres demandes :
• Veiller à ce que le système de cartes de séjour respecte et protège les droits de tous les travailleuses et travailleurs étranger.es, sans discrimination fondée sur la classe, le genre, la nationalité, la race ou l’origine ethnique.
• Renforcer les dispositifs de protection contre les abus et les discriminations à l’encontre des travailleurs et travailleuses étranger.es racisé.es dans le cadre professionnel et leur garantir un accès équitable à la justice et à la réparation, indépendamment de leur statut administratif.
• Identifier et prendre des mesures contre les systèmes et les structures qui maintiennent des inégalités et discriminations en fonction de la race, la classe et le genre, entre autres, et qui perpétuent le racisme dans ses politiques en matière de travail et d’immigration.
Je vous prie de recevoir, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.
Téléchargez la version imprimable et faites-la signer autour de vous.
