Des policiers forment une ligne devant le LA City Hall pendant une manifestation en soutien à George Floyd, Downtown Los Angeles, Californie, Juillet 2020
© Apu GOMES / AFP

En France, des lois permettent des arrestations arbitraires de manifestants. En Russie et à Hong-Kong, des manifestations sont interdites. En Colombie et au Sénégal, la police tire à balles réelles sur des manifestants. En Iran, les manifestants sont condamnés à mort. Partout dans le monde, les manifestations sont sévèrement réprimées. Manifester, qui est un droit fondamental, devient un délit. C’est le constat implacable dressé par les équipes de recherche d’Amnesty International. Mais quelles sont les méthodes employées expliquant l’augmentation du niveau de répression des manifestations ?

Manifester est un puissant levier de changement, l’histoire le prouve. Manifester bouscule les pouvoirs établis, offre un espace d’expression de revendications collectives fortes, permet l’obtention de droits fondamentaux. C’est justement parce que manifester est un acte puissant qu’il est réprimé : manifestations « Femme, Vie, Liberté » en Iran, manifestations de soutien à Gaza dans les campus étudiants aux Etats-Unis, manifestations en France contre l’A69… la répression traverse les frontières avec des méthodes différentes d’un Etat à l’autre mais avec in fine, un même objectif : affaiblir les mouvements de protestation. Or, manifester est un droit fondamental.

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Quel texte garantit la liberté de manifester ?

Manifester est un droit. Le droit de manifester, ou droit à la liberté de réunion pacifique, est un droit fondamental garanti par l’article 20 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Les États doivent le faciliter et le protéger. C’est un droit fondamental, lié à la liberté d’expression, qui ne peut être limité que sous certaines conditions.

Les discours : une diabolisation des manifestants

De nombreux États décrivent les manifestantes et manifestants en employant une rhétorique stigmatisante, les qualifiant de « fauteurs de troubles », d’« émeutiers », voire de « terroristes ». La tendance observée est mondiale.

Dernier exemple en date en France où les autorités déploient une stratégie contre les défenseur·es de l’environnement. Parmi les stratégies : présenter une fausse image des défenseur·es du climat et les assimiler à des criminel·les. « Eco-terroristes », « khmers verts », « djihadisme écolo », voici les termes employés pour décrire les défenseurs de l’environnement dans les médias et les discours de certains responsables politiques et agent·es de l’État. Objectif : délégitimer leurs actions. Ces discours créent un imaginaire fondé sur les affrontements et les violences et de fait, visent à empêcher l’action climatique.

En les décrivant ainsi, les autorités cherchent à justifier l’adoption de lois qui restreignent de manière illégitime le droit de manifester et qui sont parfois utilisées pour réprimer la dissidence.

Les armes : une militarisation du maintien de l’ordre

Les forces de l’ordre utilisent couramment et de manière abusive des armes dites « à létalité réduite », dont font partie les matraques, le gaz poivre, le gaz lacrymogène, les grenades assourdissantes, les canons à eau et les balles en caoutchouc. Mais ces armes mutilent et tuent. Nos équipes ont recueilli les témoignages de plusieurs manifestants qui ont subi des blessures irrémédiables suite au tir d’une arme de ce type.

Depuis le début des années 2000, certains États vont même plus loin en ayant recours aux forces armées et à du matériel militaire. Dans certains pays, comme au Chili ou en France, les forces de sécurité, en tenue antiémeute complète, sont régulièrement appuyées par des véhicules blindés, des hélicoptères de type militaire et des drones de surveillance, et équipées de fusils d’assaut et de pistolets, de grenades assourdissantes et de canons sonores.

Les lois : un arsenal législatif contre les manifestants

Prenons l’exemple de la France : ces dernières années, les autorités ont adopté un véritable arsenal législatif visant à criminaliser les manifestations : de la « loi anticasseurs » aux « délits d’outrage » au « défaut de déclaration d’une manifestation » …  

Ces lois françaises, qui sont contraires au droit international, sont utilisées comme moyen de répression contre des manifestants. Une stratégie dite de « judiciarisation du maintien de l’ordre ». Une loi présentée comme visant à arrêter des « casseurs », peut conduire en réalité à l’arrestation de manifestants pacifiques. 

Plus de la moitié des personnes placées en garde à vue ont été libérées sans poursuites. Elles ont donc été arbitrairement privées de leur liberté de manifester, de leur liberté tout court. Pourtant, le droit les protège.

Des pratiques discriminatoires : des populations encore plus réprimées

Les personnes victimes de discrimination sont les plus touchées par les restrictions qui entravent leur droit de manifester et sont plus sévèrement réprimées. Que les discriminations soient fondées sur la race, le genre, l’orientation sexuelle, l’identité de genre, la religion, l’âge, la situation au regard du handicap, la profession, le statut social, la situation économique ou le statut migratoire.

En Colombie par exemple, des femmes ont été agressées sexuellement pour avoir participé à des manifestations. En Turquie, les marches des fiertés sont interdites depuis des années et en Hongrie les autorités ont souhaité les interdire en 2025.

Plus que jamais, nous devons défendre et protéger le droit de manifester. Notre campagne mondiale aura pour objectifs de dénoncer les attaques contre les manifestations pacifiques, de défendre les personnes visées et de soutenir les causes portées par les mouvements sociaux. Rejoignez-nous, manifestez-vous !

MANIFESTEZ-VOUS

Partout dans le monde, le droit de manifester est menacé. Défendons-le.