Face à la montée des pratiques autoritaires, la génération Z – dite Gen Z (15 / 30 ans) – se mobilise. Pour affirmer ses droits, pour défendre ses libertés, pour revendiquer un monde meilleur. Afin de porter leurs voix, Amnesty International France est allé à la rencontre de ces jeunes qui résistent. Cartographie d’une jeunesse qui s’organise, proteste et invente de nouvelles formes de mobilisation partout dans le monde.
Détermination. Courage. Résistance. Ces mots, la génération Z les incarne aujourd’hui plus que jamais, face aux pratiques autoritaires, partout dans le monde.
Après l’Asie, l’Afrique, l’Amérique du Sud, un vent de révolte a gagné la jeunesse en Europe. En Italie, en Belgique, en Grèce, en Allemagne, en Espagne ou encore au Portugal, la jeunesse affiche une même colère face aux conditions d’enseignement. Une contestation portée dans le sillage des mobilisations lycéennes qui secouent la France depuis le 21 septembre 2026.
À l’est du continent aussi, la colère ne faiblit pas. Depuis octobre 2026, la révolution des flamants roses connait un regain de mobilisation en Albanie. Et en Serbie, deux ans de mobilisations étudiantes ont finalement abouti à la victoire de la liste étudiante aux élections législatives anticipées du 25 octobre 2026.
De Madagascar au Népal, du Cambodge au Maroc, du Kenya à la Géorgie… Face à la défaillance des services publics, à la corruption des élites politiques, à la répression des minorités, à la censure des réseaux sociaux et aux restrictions des libertés, les jeunes descendent dans la rue, se mobilisent sur les réseaux sociaux et réinventent les codes de la résistance 2.0.
Mais cette mobilisation a un coût. Partout dans le monde, y compris en France, les États qui adoptent des pratiques autoritaires cherchent à faire taire les jeunes qui manifestent. Leur but ? Écraser la dissidence, pour éviter que la Gen Z ne remette en cause l’ordre établi. Et ce, précisément parce qu’elle représente un contre-pouvoir puissant.
Depuis 65 ans, le rapport annuel d’Amnesty International dresse le bilan des droits humains dans plus de 140 pays. Consulter notre rapport
C’est pourquoi nous avons choisi de porter leurs voix. De rendre visible leurs luttes. De valoriser leur courage. De soutenir leur résistance. Nous sommes allés à leur rencontre. En partenariat avec WeDoData, nous avons cartographié leur parole et leurs mobilisations. Ils ont entre 13 et 28 ans. Ils incarnent une jeunesse qui refuse de céder et qui exige le respect de ses droits fondamentaux.
Leurs histoires disent une réalité brute : ce que c’est de vivre sous un pouvoir autoritaire. Et le courage immense qu’il faut pour s’en affranchir, reconquérir ses droits les plus essentiels, et retrouver sa liberté.
Droits, libertés et contestation mondiale face aux pratiques autoritaires
Les revendications et les modes de mobilisation des jeunes sont multiples. Mais tous portent un même combat : la défense de la justice, de leurs libertés et de leurs droits fondamentaux, tels que la santé, l’éducation, l’eau potable, le logement et l’emploi.
Au Népal, la jeunesse dit non à la corruption. En Equateur, elle se bat pour protéger la forêt amazonienne. En Hongrie, elle milite pour défendre les droits des personnes LGBTI+. En Géorgie, elle défend les valeurs européennes face à l’influence russe grandissante. En Iran, elle défie la répression du pouvoir. En Israël encore, elle refuse de servir dans l’armée.
S’exprimer haut et fort, c’est mettre la justice au-dessus de la peur. Nous élevons nos voix contre la résurgence de pratiques autoritaires.
Derry, 25 ans, étudiant en Indonésie
Les réseaux sociaux, nouveaux espaces de résistance
Partout, les plateformes en ligne deviennent de véritables espaces de renouveau démocratique et de leadership collectif.
Pour faire entendre leurs voix, les jeunes font preuve d’innovation sur les réseaux sociaux. Au Népal, la plateforme Discord a joué un rôle central et inédit, en facilitant la nomination d’une nouvelle première ministre par intérim, en septembre 2025. Au Maroc, la plateforme a servi de véritable espace de discussion et d’organisation pour le mouvement de la Gen Z 212.
Ces plateformes permettent aussi à la mobilisation de transcender les frontières et les cultures et de faire voyager des symboles. C’est notamment par leur biais, que le drapeau du manga japonais « One Piece » est devenu l’emblème mondial d’une jeunesse qui résiste.
Une répression mondiale
Au lieu de protéger ces voix qui s’élèvent aux quatre coins du globe, les autorités répondent aux revendications des jeunes par la violence et la répression.
Arrestations massives, recours à une force disproportionnée, emprisonnement et torture… Tous les moyens sont employés pour faire taire la contestation, pour semer la peur, pour briser l’esprit de résistance. Au Maroc, les personnes qui osent s’exprimer devant les médias sont arrêtées. Au Kenya, les réseaux sociaux deviennent des outils au service de la répression. Au Népal, les autorités tirent à balles réelles sur les manifestants.
Lorsque nous manifestons, nous risquons nos vies
Robert, 20 ans, Madagascar
Mais en creux, cette violence n’est que le reflet du pouvoir de la jeune génération et de la menace qu’elle représente pour ceux qui tentent de réduire les libertés et restreindre les droits.
La Gen Z, un contre-pouvoir puissant
Déterminée à défendre ses droits, la jeunesse représente un contre-pouvoir redoutable. Car la force de la contestation permet des avancées et des victoires importantes.
En septembre 2025, les mobilisations ont fait tomber le gouvernement au Népal et permis un renouveau démocratique en mars 2026. Face aux manifestations de la Gen Z 212, les autorités marocaines ont accepté d’augmenter les budgets de l’éducation et de la santé en octobre 2025. En août 2025, les autorités indonésiennes ont reculé sur une allocation controversée pour les députés et engagé un dialogue avec les étudiants. Le 25 octobre 2026, en Serbie, le mouvement étudiant a remporté une victoire majeure durant les élections législatives anticipées et fait basculer le gouvernement conservateur, en place depuis 14 ans. Le même jour, au Brésil, un sursaut inédit de participation de la jeunesse a permis au président sortant Lula de remporter les élections présidentielles face au candidat d’extrême droite.
Face à un monde qui bascule, la résistance de la Gen Z est une leçon de courage. Plus que jamais, nous devons nous en inspirer pour lutter contre la montée des pratiques autoritaires partout dans le monde.
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Rapport annuel 2025/2026 : le bilan des droits humains dans le monde
Nos équipes ont enquêté sur le terrain en toute indépendance et en totale impartialité pour dresser le bilan des droits humains dans plus de 140 pays. Notre rapport annuel est un outil de référence et de pression qui dénonce et donne des clés pour exiger le respect de nos droits.